‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 234 sur 267 · D'ABORD · texte numérisé non relu

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cuement a été porté à l’ancien établissement du Vieux-Biloxy pour la seureté contre les Espagnols, qui venoient de manquer l'isle Dauphine, et, par conséquent, toute la colonie qui auroit été envahie sans l'arrivée de l'escadre du Roy, commandée par M. de Champmeslin, — On a donc cru ne pouvoir alors, en son absence, s'échapper de leurs eflorts que de s'en mettre à l'abry dans un terrain fort par la situation. Mais, la paix faite, il falloit joindre cet établissement par intérim à celuy de la Nouvelle-Orléans, qui ne faisoit que languir, au lieu de le porter malicieusement au Nouveau-Biloxy, en surprenant la bonne foi de MM. les ingénieurs qui n’avoient pas encore eu le temps de le parcourir, — On leur a donc fait croire que c'estoit l'essentiel poste à établir, ce qui a reculé et causé beaucoup de dépense inutile, puisqu'on est obligé de le porter aujourd’huy sur le fleuve Mississipy, où il devoit déjà estre.

Ces différens changemens ont empesché les colons de prendre racine à aucun endroit. Dans l'instabilité, ils n'ont fait que languir et gémir de leur incertitude; c'est ce quien a mis plusieurs dans une misère affreuse, en perdant les maisons qu'ils ont fait bastir dans ces différens établissemens, et les a mis dans l'impuissance d'en former de quelque valeur. Ce n’est que d'aujourd'hui que quelques autres, qui ne se sont pas entièrement obérés, ont commencé de cultiver, se trouvant sur un terrain qu'on avoit si mal à propos abandonné.

Ces changemens, pernicieux au bien et à l’avancement, ont trop longtemps tenu ces habitans dans l'inaction si fatale à cette colonie, ce qui l’a fait regarder jusqu’icy comme infructueuse et à charge à la France.

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Voilà ce que produisent les gens faux et appuyez. — Ils prévalent sur les vrais amis de ceux de probité, Comme ils craignent qu'ils nè dévoilent leurs subtilitez et leurs ressorts, ils sapent par des calomnies les plus atroces ces clairvoyans, qui ont assez d’honneur pour s'opposer à leurs mauvais des- RO SU OU A PC M ent D te

Avant de finir ce mémoire on se croit obligé de représenter un petit trait de ce qui s’est pratiqué et se pratique encore au préjudice de cette colonie et du service.

M. de La Tour, dont a cy devant parlé, ayant paru, à son arrivée en ce pays-là, comme un sujet à remplir la première place au préjudice de celui qui l'occupe, sa jalousie ou plutôt son penchant naturel et sacoutume contre les nouveaux venus, luy ont fait dresser, comme à son ordinaire, contre tous ceux qu'il a craint, ses batteries pour le faire tomber, ainsy que ceux qu’il a remplacé luy-même par le succès de ses machines et de ses souterrains, et de ses fourberies. Dans cette veu, il a donc receu le sieur de La Touravec toutes les caresses et toutes les demonstrations d'amitié et de confiance pour le mieux faire tomber dans le piège, où il est d’autant plus volontiers entré, que les préventions de France ne l'ont pas fait balancer, ne connoissant pas ses noires allures, ayant été obsédé par luy et ses adhérens, de manière à ne pas luy laisser le temps d’estre informé par les honnestes gens qu’il avoit proscrits de prendre garde à luy, et dont précautionnément il avoit donné de si mauvaises idées qu'elles suflisoient pour les éloigner. Il a donc commencé, en luy faisant faire de faux rapports, de le brouiller avec eux et avec les directeurs de la Compagnie des Indes. Ce feu allumé, il a fait semer dans le public par ses émissaires des bruits désavantageux dudit sieur de La Tour. Pour y

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