‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 47 sur 267 · EE Z · texte numérisé non relu

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ont tuées par cabanes ou par familles. Une preuve de la libéralité ou de la vanité qu'ils tirent de cette profession, c'est qu’en débarquant à leur village, il est permis à ceux qui se trouvent à leur débarquement de prendre ou d'enlever toute la viande qui est dans le canot de celuy qui l’a tuée, et il ne fait qu'en rire. Cela fait croire suffisamment qu'ils ne songent qu'à nourrir le public, et, toute la nation se ressentant de semblables bienfaits, elle se trouve intéressée d'applaudir à un si noble exercice, d'autant plus qu'il arrive souvent qu’un seul chasseur fait subsister plusieurs familles ensemble, qui sans son secours, en certains temps et en certains lieux, mourroient de faim et de misère. Il ne faut donc point trouver tout à fait estrange s'ils font aussy grand cas d'un chasseur que d'un guerrier. La seule différence que jy trouve, c’est que l’un est plus craint et plus redouté, et l’autre plus aimé et plus chéry.

Pour ce qui est de la guerre, tous les Sauvages ont la mesme maxime, mesme pratique, mesme mode ct mesme façon de combattre. Leurs partis ou compagnies se forment de cette manière. Un chefde guerre s’abstient de manger et de boire et jeusne quelquefois huit jours durant; il se matache et se barbouille tout le visage en noir; il parle peu, il songe et resve nuit et jour, priant l'esprit qu’il a choisi pour son protecteur ou patron de luy donner des hommes. Cet esprit, en qui il a confiance, est quelquefois un corbeau, un aigle, une loutre, un ours, un renard, et ainsi des autres animaux, mais chacun a le sien en recommandation, qui est toujours celuy qui s’est présenté à eux dans leurs songes et dans leurs veües, si bien que, s’ils ont pendant leur sommeil quelques visions de leurs ennemis, en certains lieux et en certains temps, et qu’enfin

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