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tre et les enrichissent de tout ce qu'ils ont de plus beau et de meilleur et ordinairement de ce qu'ils ont amassé pendant trois années. Cependant les chaudières sont tousjours sur le feu, remplies de viandes, et en mange qui veut. Ils font un bruit continuel, nuit et jour, avec des tambours ou bien en frappant sur les chaudières ou sur des escorces avec des bastons. Ils sortent de temps en temps et entourent la cabane, tirant des coups de fusil, faisant des hurlemens que tout en tremble ; ils rentrent après cela matachez de noir. Enfin, ce mesme fracas continue pendant trois jours et trois nuits ; mais, avant que le terme n’en soit tout à fait expiré, ils font présent à ceux qui sont invitez à la feste de tout ce qui appartient aux morts, c’est-à-dire de tout le butin, dont les os sont couverts. Lorsque la distribution est faite, ils sortent pour la dernière fois et environnent la cabane en faisant de grands hurlemens; ils foncent dessus à grands coups de bastons et à coups de perches, faisant un tintamarre enragé, brisent et mettent en pièces toutes les escorces. Cela achevé, les femmes sont toutes prestes avec des fagots de sapin, et en font un lit sur la terre d’un bout à l’autre où la cabane estoit située. En mesme temps ils tuent grande quantité de chiens, qui sont leurs moutons et qui sont estimez parmy eux plus que tout autre animal. Ils en font un festin, mais, avant de manger, ils plantent deux grandes perches et y attachent, au bout d’en haut, un chien qu’ils sacrifient au soleil et à la lune, les priant d’avoir pitié et prendre soin des âmes de leurs parens, de les esclairer dans leurs voyages, et de les conduire dans la demeure de leurs anciens. Cette idée prouve l’immortalité de l'âme. Cette feste estant ainsy achevée, chacun prend les ossemens de ses parens; ils les portent tous de la main, et les
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