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appelez parce que c'est une nation rusée et maline, Ils sont situez sur une très-belle rivière et dans un très-bon païs pour toutes choses, Cette nation se rend puissante, et c'est pour cette raison qu'elle devient tous les jours insolente. Je pense que, si nous n'avions pas eu la guerre de l’Iroquois sur les bras, on auroit pris des mesures pour l'humilier, car clle a déjà insulté et pillé plusieurs fois les François, les traitant d'ailleurs indignement. Ils ne font point la guerre à l'Iroquois. Au contraire, il v a quelque espèce d’allianée entre eux, et c’est la politique de cet ennemi commun de toutes les nations du Nouveau Monde, d’avoir pu tenir dans la neutralité, une nation au milieu de toutes les autres, qui auroit pu beaucoup l’incommoder, si elle luy avoit fait la guerre. Cela fait grand bien à l’Iroquois, parce que, par le moyen du Renard, il mange souvent la poule. Lorsque les affaires vont mal, celuy-cy s’entremet pour les négociations, et réussit souvent si bien que l'Iroquois prend haleine dans cet intervalle, parce qu’il n’y a point de nation qui ne s'estime heureuse et qui ne tienne à grand honneur d’estre recherchée d'un ennemy qui fait tout trembler, en sorte qu'on ne luy refuse point la paix, lorsqu'il la demande. Mais c'est tousjours dans ces pourparlers qu'it prend son temps pour destruire les nations, qui, par un malheureux sort, ont toujours la sottisc de demeurer dans l'indolence, lorsque leur ennemy leur propose la trêve ou la paix, sans que l'expérience les puisse réveiller ny sortir de leur assoupissement. Les Renards sont malpropres tout à fait, grands voleurs, et il faut plutost prendre garde à leurs pieds qu'à leurs mains, car ils s'en servent fort adroitement pour dérober. Ils font la guerre aux Sioux
et aux Saulteux et font de bons coups sur leurs ennemis. Ils
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sont si peu jaloux de leurs filles qu’ils ne les refusent point à ceux qui les leur demandent en leur donnant quelques bagatelles.
Le poste de Chigagou vient ensuite. Le mot signifie la Rivière de l'ail, à cause qu'elle en produit naturellement sans aucun soin une très-grande quantité. [l ya là le village des Miamis, qui sont des gens fort bien faits; ils sont bons guerriers et extrêmement alertes. Ce sont de vrais et véritables lévriers. [ls inquiètent beaucoup l'Iroquois, et en tout temps ils luy arrachent poil ou plumes. Cette nation est nombreuse, mais elle est divisée en plusieurs villages, par la jalousie des plus considérables qui ne peuvent pas compatir ensemble, et comme ils sont fiers et guerriers, ils font la guerre quasi contre tous les autres. Mais parce qu'ils sont divisés, leurs ennemis les destruisent si souvent, que, s’ils ne se réunissent pas, ils risquent d’estre entièrement anésatis. Ce seroit bien dommage, car ce sont debraves gens, assez humains et civils, ct les plus portez, à ce que je croy, à escouter la voix de VEvangile. Ils ne s’embarrassent point du libertinage des filles, mais à l'esgard de leurs femmes, ils en sont très-jaloux, et dès qu'il y en a quelqu’une convaincue d’infidélité et d’adultère, le mary luy fait raser la teste, luy coupe le nez et les orcilles et la met hors de sa cabane, après quoy elle va où cile veut et les parens n'y trouvent rien à dire, parce que la loy de cette nation est telle. [ls en ont une autre infime pour punir l'adultère. Le mary prend sa femme cet la mène au milieu du village; il publie, à haute voix, le crime dont elle est coupable, et il invite en mesme temps toute la jeunesse de luy aider à la punir, 11 la renverse au mesme instant pour la con-
noistre le premier ; ensuite tout le reste y passe, si bien qu'ils
sont quelquefois deux cents ou trois cents hommes, qui ne sont point faschez de se trouver les bourreaux d'une telle expédition, La pluspart du temps la criminelle en meurt, elle en reschappe souvent aussy. Ils prétendent que cette punition est conforme au vice d’une femme infidèle, et que puisqu'elle est sy affamée, il est juste de la rassasier. Cependant les François ont tant fait par leurs reproches, que maintenant ils n’exercent que fort rarement ce dernier chastiment.
On trouve ensuite la rivière de Saint-Joseph. Il y avoit là un fort avec garnison françoise, et il y a un village de Miamis de mesme nation. Ce poste est la clef de toutes les nations qui bordent le nord du lac Michigan, car au sud il n'ya aucun village à cuuse des incursions des Iroquois, mais dans la proiondeur des terres du costé du Nord, il y en a plusieurs en tirant vers l'Ouest, comme ceux des Mascoutens, ..…. Peanguiseins ? Peaouarias, Kikapoux, Ayouez, Sioux et Tintons.
Les Sioux sont une nation fière et orgucilleuse, qui fait la guerre à toutes les autres; elle surpasse l'Iroquois en bravoure et en courage; ce sont des hommes vigoureux, vigilans, méfians, et véritablement guerriers. L'on peut dire qu’ils ne dorment qu'un pied en l’air, ayant tousjours la dague pendue au poing. Leurs arcs et leurs carquois leur servent de chevet. Lorsqu'ils ne sont point surpris, ils sont quasi invincibles, mais lorsqu'ils le sont, ils se battent jusqu'à la mort, et il est rarement arrivé qu’un Sioux ait esté pris en vie, parce que, dès qu'ils voient qu'ils ne peuvent plus résister, ils se tuent eux-mesmes, estimant qu'ils sont indignes de vivre, s'ils ont esté une fois liez, vaincus et faits esclaves. Il est assez surpre-
nant que des gens aussy braves et autant martiaux que ceux-
là, ayet si gran je pens voit qu instant, de quel rentren pal suje quelqu alliez o teste, il de lar
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IX et
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là, ayent cependant les larmes à commandement, mais d'une si grande force, qu'on ne pourroit peut-estre se l’imaginer, et je pense qu'on ne sçauroit le croire sans le voir, car on les voit quelquefois rire, chanter et se divertir. Dans le mesme instant, on diroit que leurs yeux sont des gouttières baignées de quelque grand orage, et aussytost qu’ils ont pleuré ils rentrent dans leur première joye, vraye ou fausse. Le principal sujet de leurs larmes c’est lorsque leurs ennemis ont tué quelques-uns de leurs gens; pour lors, ils s'adressent à leurs alliez ou au commandant des François. En s'inclinant sur la teste, ils font des heurlemens horribles en versant un déluge de larmes, après cela ils cessent de pleurer et de heurler, et leurs yeux sont aussi secs que s'ils n’avoient point pleuré. lis exposent ensuite l’estat de leurs affaires, en sorte que l’on diroit que ce sont ces mesmes Juifs qui habitoient la montagne de Garisim, que l’on appeloit les Pleurans, parce qu'ils avoient le don des larmes. Il y a dans leur païs plusieurs mines de plomb très abondantes.