LE GOUVERNEUR TOURNE LA DIFFICULTÉ
Extrait de la lettre du chevalier de Callières au Ministre.
4 octobre 1701.
J’ay desjà eu l’honneur de vous marquer, Monseigneur, pa
ma première lettre du 6 d’Aoust, que j'avois envoyé le 4 de
Juin les sieurs de Lamothe, de Tonty, Dugué et Chacornacle,
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avec plus de cent hommes, soldats ou Canadiens, pour faire l'establissement du Détroitavec un Recollect pour aumosnier des soldats et un Jésuite pour missionnaire des Sauvages. Vous verrez par les paroles de Teganissorens et des autres considérables qui l’accompagnoient, que j’ay jointes à cette lettre, qu'il me fit de l’opposition, en me disant d'attendre que les chefs, qui devoient venir à Montréal pour la paix, fussent arrivés ; mais, comme il me parut qu'il n'avoit pas mission de me parler de cet article, je ne laissay pas de poursuivre cette entreprise, dans la crainte que, si ces chefs m'avoient demandé de ne point faire cet establissement et que je leur eusse refusé, cela n'eust causé quelque obstacle à la paix, au lieu qu'en trouvant la chose faite par le départ du sieur de Lamothe, ils n'en parleroient pas. Ce qui arriva, leur ayant fait trouver les raisons de cet establissement bonnes, malgré les mesfiances que les Anglois leur en avoient données, quoy qu'ils eussent le dessein d'y aller eux-mesmes, ce que j'avois appris des l'hyver, qui fut encore une raison pour faire presser le départ du sieur de Lamothe et de faire son détachement aussi fort qu'il est, de crainte que les Anglois ne me prévinssent, Je fis mesme promettre aux Sonnontouans, quand ils seroient de retour à leurs villages, d’y porter du bled d'Inde, sur la nouvelle que j'avois eue que le sieur de Lamothe n'en trouveroit pas à Missilimakinak.
Le sieur de Chacornacle vient d'arriver présentement du fort du Détroit, qui m'a apporté des icttres du sieur de La-
mothe; mais comme nous vous rendons compte dans nostre
lettre commune de ce que nous en avons appris, je ne vous le rappelleray point icy.
Vous verrez, Monseigneur, par ce que nous avons l'hon:
neur de vous marquer dans la mesme lettre commune qu’en remettant le commerce de ce fort à la Compagnie, elle s'est engagée de payer les 6,000 livres que vous avez eu la bonté de faire regler pour le secours des pauvres familles de ce pays. Vous avez fait en cela une tres grande charité par le besoin qu’elles en ont, et elles vous en sont redevables.