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LE DÉTROIT PONTCHARTKAIN. 199
6,000 livres au lieu et place des congés, suivant les ordres du sieur Chevalier de Callières, visés du sieur de Champigny, dont l'estat de la distribution qui en sera faite, sera envoyé tous les ans à la Cour, et comme cette Compagnie n'a pas présentement de fonds pour faire le remboursement dont il est ci-devant parlé, elle a affecté les retours qui doivent revenir l’année prochaine des marchandises qui ont esté envoyées à ce fort, et, s'ils ne sont pas suflisans, clle délivrera, pour le restant, des lettres de change payables en France ladite année.
Le sieur de Chacornacle vient d’arriver présentement du Détroit avec cinq hommes, qui nous a apporté des lettres des sicurs de Lamothe et de Tonty. Le vremier nous marque qu'il est arrivé avec tout son détachement en bonne santé le 24 de Juillet à l'embouchure de cette rivière, et qu'après avoir cherché l'endroit le plus propre à se placer, il a fait un fort à quatre bastions de bons pieux de chesne de quinze pieds de long, dont il y en a trois en terre, chaque courtine ayanttrente toises; qu'il a posté ce fort à trois lieues du lac Erié, et à deux de celui de Sainte-Claire, dans le plus estroit de
la rivière, à l’ouest sud-ouest ; qu’il a commencé par faire
un magasin pour mettre tous ses effets à couvert; qu'il
fait travailler aux logemens nécessaires, et qui n'estoient pas encore fort avancés, ce qui l’a obligé de garder presque tout son monde pour tascher de les parachever avant l'hyver. — Nous ne doutons pas que ce poste n'attire les Sauvages de Missilimakinak, et surtout les Hurons, et qu'ils n'aillent s’y establir dès cet automne, comme ils l'ont promis au sieur Chevalier de Callières.
Le sieur de Lamothe nous adresse une description avan-
tageuse du pays où il est, et quoyqu'il marque qu’il vous en adresse autant, nous ne laissons pas d'en joindre une copie. Nous avions pris la liberté de vous demander, l’année dernière, une gratification annuelle pour les sieurs de Lamothe et de Tonty, et nous vous faisons encore la mesme demande, celle-cy, attendu les grandes peines qu’ils ont eues dans leur voyage et à faire leur establissement. Le sieur Dugué, lieutenant reformé, qui y st resté en garnison, en mériteroit une à proportion, et d’estre avancé, estant le plus ancien des lieutenans reformés et très bon oflicier. Le sieur de Chacornacle, aussy lieutenant reformé, est celuy qui vient de nous apporter des nouvelles de ce fort, et comme il passe en France, suivant le congé que vous luy en avez envoyé, il pourra vous rendre compte de son voyage, si vous souhaités, Monseigneur. Il mérite une gratification pour les peines qu'il s'y est données.