LAMOTHE CADILLAC VIENT A QUÉBEC
Extrait d'une lettre de MM. de Callières et Beauharnois.
Les directeurs de la Compagnie ont promis, aussitost que toutes leurs pelleteries, provenant du commerce des forts du Détroit et de Frontenac, seront arrivées, qu'ils satisferont aux engagemens qu'ils ont pris avec les sieurs de Callières et de Champigny, qui y tiendront la main, et lesieur de Champigny rendra compte de ce qui se sera passé là-dessus.
On fera jouir la Compagnie de la colonie du fort Fron-
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tenac conformément aux clauses et conditions que Sa Majesté a bien voulu leur accorder, et on les appuyera dans le commerce qu’ils doivent faire à l'exclusion de tous autres.
Le sieur de Callières donnera la protection au sieur de Lamothe, et il a desjà, par avance, fait inviter les Sauvages qui sont descendus cet été à Montréal, à aller s'establir au Détroit.
Les directeurs de la Compagnie de la colonie ont eu raison de vous faire sçavoir que la despense qu'ils sont obligés de faire pour le transport des choses nécessaires aux ofliciers de la garnison, est grande, par rapport à ce qu’il a fallu porter pour leur establissement ; mais ils n’ont pas lieu de s’en plaindre, puisque nous apprenons par ceux qui viennent d’en descendre qu'avec les 15,000 livres que le Roy leur a accordées les pelleteries qui en sont descendues à Montréal ct le reste des marchandises qui sont encore à ce fort, ils ont présentement de quoy se dédommager, et il nous paroist qu'il ne leur en coustera pour cette année que les rafraischissemens qu'ils ont portés aux officiers, les gages des quatre chasseurs avec quelques marchandises pour traiter du bled d'Inde, en outre de celui qu’ils ont cucilli sur le lieu pour la subsistance de la garnison et de leurs gens. — Ces despenses diminueront encore à l'avenir, à mesure que l'on fera une plus grande récolte etqu’on aura une ménagerie sur les lieux.
Puisque Sa Majesté désire que les soldats se fournissent le bois nécessaire pour leur chauffage, les sieurs de Callières ct de Beauharnois donneront sur cela les ordres nécessaires. — Les soldats du fort Frontenac couperont leurs bois, comme
ils font ailleurs, eton les leur fera traisner par le moyen de
deux chevaux qu'on a achcptés, cet qui y sont desjà. — Et à
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l'esgard de ceux du Détroit, comme il n'y a eu encore ni bœufs ni chevaux, on leur donnera quelques douceurs aux dépens du Roy, dont on conviendra pour les peines qu'ils auront à le traisner, tant pour eux que pour leurs officiers, n'ayant pas assez de domestiques pour faire leur bois et le charrier.
Nous n’estimons pas qu’il soit à propos que la Compagnie de la colonie ait la liberté de faire le commerce hors des forts du Détroit et de Frontenac, — parce que les Sauvages qui scronthabitués aux environs, viendront facilement y chercher leurs besoins de la mesme manière que font les Sauvages du Sault et de la Montagne à Montréal, au lieu que s'il estoit permis à cette Compagnie de porter des marchandises chez cux, clle feroit seule, sous ce prétexte, dans la profondeur des bois, tout le commerce du Canada, — ce qui ruincroit entière= ment celuy des habitans et marchands de Montréal, qui ne subsistent qu'avec peine du peu qu'il s’y en fait à présent. Ainsy, les sieurs chevalier de Callières et de Beauharnois feront entendre au directeur de la Compagnie, qu'ils ne issent le commerce que dans le contour ae ces deux forts.
Nous ne doutons pas que les sieurs de Lamothe et de Fonty ne donnent tous leurs soins et leur application pour le bien ct l'avantage du poste du Détroit dans la vue de se rendre dignes des grâces, que Sa Majesté leur fait espérer et
que nous avons fait connoistre au sieur de Lamothe, qui est
venu faire un tour icy, ct ferons sçavoir au sieur de Tonty qui
est resté sur les lieux.
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LES OUTAOUAS DE MISSILIMAKINAK Nu DÉCIDERONT A MONTRÉAL AVEC LE GOUVERNEUR Re Ë uy, lai DE LEUR TRANSMIGRATION. l'avoir d grande n
Lettre du Père de Carheil à Lamothe Cadillac. A Missilimakinak, ce 25 juillet 1701. | LE « Monsieur, LE DÉPAR Après avoir en effet désiré depuis tant d'années, comme ce
vous me le marque, l’establissement du Détroit, la lettre que
vous m'avez fait l'honneur de m'escrire pour m'en apprendre
l’heureuse nouvelle n’a pu m’estre que fort agréable. Je me | Letti ferois un plaisir de vous y aller rendre, dès à présent, les ser- |
vices dont je suis capable, si l'estat de cette mission me le
permettoit. Mais vous sçavez que tout le monde d'icy est
descendu à Montréal pour l’assemblée générale qui s’y doit | Vous : tenir, Il faut attendre leur retour avant que de pouvoir faire | tout mon aucun mouvement, ne devant prendre d’autres mesures, que ne le puis
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celles qu’ils auront prises eux-mesmes avec monsieur le Gouverneur, sur le dessein de leur transmigration prochaine, dont ils ne manqueront pas de l'informer pour apprendre làdessus ses volontés. Cependant, je vous puis assurer qu’en quelque lieu que j'aille, soit immédiatement au Détroit, soit aux environs, j'y seray toujours parfaitement disposé à L vous témoigner efficacement par tout ce qui pourra dépendre
de moy, que je suis avec respect, Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur,
Sr rene mme