‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 78 sur 267 · SERA DÉSIGNÉ SOUS LE NOM DU MINISTRE PONTCHARTRAIN · texte numérisé non relu

SERA DÉSIGNÉ SOUS LE NOM DU MINISTRE PONTCHARTRAIN

Extrait d'une lettre de MM. de Callières et de Champigny

Nous avons cu avis, par le sieur Desbergères, commandant au fort Frontenac, que le sieur de Lamothe y avoit envoyé le sieur de Tonty pour chercher quelques rafraischissemens dont ils avoient besoin, et qu’en venant il avoit arresté un canot de trois hommes, coureurs de bois, partis de Montréal, où le sieur Desbergères les a fait conduire.

Le sieur Chevalier de Callières, n’ayant point escrit au sieur de Lamothe au sujet des lettres qu’il a reçues, où il luy mande que le fort du Détroit est fait, il luy marquera, par la première occasion, de le nommer « le fort Pontchartrain », le regardant comme vostre ouvrage, et ila aussy fait nommer celuy de New Savanne, dans la baye du Nord, le fort Phélypeaux; cequ'il espère, Monseigneur, que vous aurez agréable.

Le nommé Sauton, coureur de bois de profession, ayant esté à Manatte l'année dernière, sans congé, il y fit une convention avec M. le comte de Bellomont de revenir au Canada pour engager sous main une quantité de Canadiens voyageurs, et les mener à la Nouvelle Angleterre pour ayder à conduire des Anglois au Détroit. Ils devoient y faire un establissement et y porter des marchandises; ledit Sauton se fai-

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sant fort, par le moyen de ces murchandises, d'attirer tous les voyageurs désobéissans qui «ont dans la profondeur des bois, et d'y faire venir aussy commercer nos Sauvages alliés, Nous n'avons point eu d'autres preuves contre le sieur Sauton, que l'aveu qu'il en a fait à M. le chevalier de Callières; ce qui nous a empesché de luy faire faire son procès. Mais nous l'avons fait embarquer sur le navire la Seine, pour le remettre à M. de Louvigny, intendant de Brest, auquel nous escrivons de le mettre en seureté, jusqu'à ce qu'il ait reçeu vos ordres. Nous vous prions, Monseigneur, d'empescher qu’il ne puisse revenir en Canada, ny passer au Mississipy, estant un homme très dangereux ct à craindre pour cette colonie.

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