UN JÉSUITE DOIT Y ÊTRE MISSIONNAIRE
Lettre du Père François Vaillant à Lamothe Cadillac.
Au fort Frontenac, ce 23 septembre 1701.
Monsieur,
L'heureuse rencontre que nous faisons de Mmede Lamothe au fort Frontenac me donne une belle occasion pour vous remercier très humblement de toutes les honnestetés dont vous m'avez comblé tant l'été passé, soit dans nostre marche, soit dans nostre Détroit. Je vous prie de vouloir bien m’en accorder la continuation dans la personne de celuy de nos Pères, qui va descendre de Missilimakinak au Détroit, car je ne Joute pas que vousn'y en ayez bientostun, ayant rencontré | dansle lac Erié Quarante Sols le Huron,quim'aasseuré que les Hurons infailliblement s’alloient establir près de vous dès cet automne. — Pour ce qui est des Iroquois que nous avons rencontrés en chemin, nous ne les avons pas trouvés fort opposés à vostre establissement.
Quelques-uns mesme m'ont tesmoigné de la joye de ce qu'allant dans le lac Erié à la chasse, ils trouveront au Détroit
pour des peaux de chevreuils, decerfs et de biches, tout ce dont ils auront besoin,
Ainsy vous n'avez plus qu'à penser d'y avoir des marchandises en quantité et à bon marché.
Jenevous dis point les nouvelles que nous avons apprises ici, parce que c'est Mme de Lamothe qui nous les a apprises, et qui vous les dira aussi juste que je pourrois vous les mander.
Je vous prie d'agréer ici mes très humbles services et me croire très sincèrement, Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur.
Signé: François VAILLANT, j.
Note de Lamothe Cadillac. — Cette sixième lettre est du P. Vaillant, qui prouve les esgards que M. de Lamothe a eus pour luy. La chose estoit publique, il ne pouvoit en disconvenir. Sans doute ce Père avoit le mot de son supérieur de Québec, et il veut vendre du galbanum à M. de Lamothe, lorsqu'il luy: marque qu'un des Pères de Missilimakinak doit descendre au Détroit pour y tenir apparemment sa place, ce qui n’a pas esté exccuté,
Sa lettre fait voir qu'il a parlé aux Iroquois et qu'ils luy ont tesmoigné avoir de la joye de l'establissement du Détroit. Donc, l'appréhensien qu’on a eue ‘ou qu'on a fait semblant d'avoir de cette nation est mal fondée,