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INTRODUCTION
1. Les documents de ce volume, en rappelant la formation d’une première chaîne de postes entre les lacs du Canada et le golfe du Mexique, donneront lieu de comparer l’état rrésent aux villes primitives, construites en bois ct s'élevant, en certains endroits, du milieu des inondations. Si humbles que fussent ces commencements, il a été nécessaire de lutter pour avoir le droit d'établir ces premiers postes, de même qu'il avait fallu combattre pour avoir l'honneur de
ï découvrir le pays. — Le Comte de Frontenac, rappelé en 1682 et renzoyé en 1689,
assure, dans son second gouvernement, l'avènement des grands résultats promis par les entreprises de Cavelier de La Salle. C'est ce que doit montrer cette introductioü.
IT. Entre les causes ayant motivé son retour, se trouve, comme question prinde cipale, celle de la possession des grands Lacs, qui a fait naître deux politiques. — Par la faute de Louis XIV de n’avoir pas acquis ou conquis New-York pour être maître du pays des Iroquois, la guerre, que M. de Tracy avait portée chez ces Sauvages, n'avait été qu'une demi-mesure dangsreuse. — Elle avait laissé derrière eux les Anglais, qui devaient se faire leurs alliés contre nous pour s'avancer sur nos territoires. En conséquence, la paix ayant été rétablie, le Comte de Frontenac avait cru sage de se ménager les bonnes dispositions des Iroquois. — Une autre raison majeure l’y engageait. La paix avec eux, en tenant ouvertes les routes que leurs partis de guerre auraient barrées, avait permis de faire les découvertes de l'Ohio, de l'Ouabache et du Mississipi; elle devait donner aussi le moyen de les conserver. Mais, ces découvertes ayant déplacé le cours du commerce des nelleteries, ceux qu'avait lésés ce changement avaient fomenté une nouvelle guerre, qui devait éclater après le rappel du Comte de Frontenac. — La conduite de M. de La Barre avec les Iroquois, ainsi qu'avec les Anglais, dans cette circonstance, devait compromettre l’établissement des Français tant dans le Canada que dans les paÿs récemment découverts,
É IT. L'urgence de remédier aux conséquences de la conduite de M. de La Barre | fait remplacer celui-ci par le Marquis de Denonville, qui cherc':e d'abord à établir des rapports mieux réglés entre les Français et les Sauvages. — Il s'applique à réprimer les désordres des anciens chevaliers du Calumet et des b Coureurs de bois. M. de Denonville veut rendre un autre service. —- Dans la pensée que la possession des Lecs importe à la conservation du commerce du Pays d’en Haut, il projette, à son tour, entre le Canada et les Illinois une chaîne de postes. !
IV, Il ne tarde pas à atandonner ce dessein, à la suite de ses hostilités contre les Iroquois, auxquelles il a £té poussé par l’ancienne faction opposée au Comte de Frontenac, Sous son gouvernement, cette faction est toute-puissante ; mais ses manœuvres n’ont d'autre effet que d'exposer le Canada à sa perte et d'annihiler momentanément le résultat des découvertes de Cavelier de La Sal!e.
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