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V. Le Comte de Frontenac, dans l’imminence des dangers que court la Nouvelle- France, y est renvoyé, à la grande colère du parti qui l’a tait rappeler. Il s’efforce d'assurer le chemin des Lacs. Il attaque les Iroquois qu'il n’a pu ramener à la paix, et repousse les Anglais. Il reprend en même temps le projet de la chaîne de postes de M. Denonville, projet qui n'était d’ailleurs que le sien et celui de Cavelier de La Salle.
VI. Le Comte veut tirer parti des Pays d'en Haut, — Les nations alliées, dont la confiance a été ébranlée par la conduite de MM, de La Barre et de Denonville, la retrouvent entière, sous M. de Frontenac. Il protège les vues du baron de La Hontan sur le rétablissement d’un poste au Détroit des lacs Érié ct Huron, qu'avait ordonné M. de Denonville. Il soutient aussi Lamothe-Cadillac, auteur d'un projet pour garder, avec des bâtiments de guerre légers, les rivières, les détroits et les’ lacs sur la route ordinaire des Anglais et des Iroquois. — Missilimakinak, dont cet officier est nommé commandant, concourt avec le fort de Catarocouy, rétabli par Frontenac, à maîtriser les Sauvages, Ces avantages prouvent l’utilité des postes dans les Pays d'en Haut.
VII. Dans le temps même des succès contre les Iroquois l’ancienne faction, contraire au Comte de Frontenac, se relève. M. de Champigny, son chef, reprend la question des congés et des Coureurs de bois. 11 conteste la nécessité de s’étendre au loin. — Le manque de débouché des pelleteries en France provoque une plus grande sévérité. — Le Roi, influencé, supprime les congés et les postes. Violence de la faction et ses accusations contre le gouverneur.
VIII. L'antagonisme entre les officiers et les missionnaires, qui a déjà éclaté dans l'intérieur de la colonie et se poursuit dans les Pays d’en Haut, doit empêcher de revenir sur la mesure du Roi. Les missionnaires attaquent le commerce des chefs de postes. Ils leur reprochent aussi de s’égaler à eux et de vouloir commander aux Français et aux Sauvages. Lamotte-Cadillac, de son côté, leur impute de peser sur les conscicnces, de faire des sermons séditieux et de vendre leurs absolutions fort cher.
IX. La suppression des congés et des postes des Pays d’en Haut affligcant le Canada, M. de Champigny propose de laisser seulement des commandants à Missilimakinak et aux Miamis; mais, les commandants ayant déclaré qu'ils ne peuvent pas vivre avec leurs seuls appointements, le Roi maintient son ordonnance, et ne conserve que les Illinois, à la condition de ne pas taire de commerce; les missionnaires sont autorisés à continuer leurs missions. Le résultat des découvertes de Cavelier de La Salle se trouve compromis une troisième fois.
X. Comme pour couronner la vie du Comte de Frontenac, le traité de Ryswick e la paix conclue avec les [roquois vont consacrer ses services. Cette double paix ranime l'idée et donne les moyens de tirer parti des entreprises du Découvreur. Tandis que M. de Champigny parvient, un moment, à faire le vide autour du Canada pour laisser ces solitudes aux missionnaires, le Comte, près de mourir, continue de soutenir contre les Anglais les droits de la France sur les Lacs, il appelle aussi l'attention du Ministre sur le Mississipi; il insiste sur la nécessité de s’établir dans les pays découverts par La Salle, sur l'impossibilité des officiers d’y demeurer sans une indemnité. Enfin il envoie en France Lamothe-Cadillac, qui propose l'établissement du Détroit et doit y réussir, Jérôme Pontchartrain accepte avec faveur ce projet en même temps que ceux de postes sur l’'Ouabache et le Mississipi. Il achève d'ouvrir une ère nouvelle pour les établissements et les découvertes, A la fin de son ministère le Canada et la Louisiane jusqu’au golfe du Mexique sont en voie de se joindre,
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La reconnaissance par mer de l'embouchure du Mississipi et les établissements de d’Iberville au bas du grand fleuve ainsi que sur les bords du golfe du Mexique avaient achevé de ce côté les explorations de Cavelier de La Salle, et commençaient l'exécution äu plan d’une chaîne de postes, indiqué par lui, en plaçant les Français à l’une des extrémités de ses découvertes '. Mais comment et quand arriverait-on à réunir celle-ci aux Lacs et par les Lacs aux villes du Bas-Canada? C'était un nouveau problème à résoudre.
Les documents de ce cinquième volume ont pour objet de faire connaître la manière dont s’est annoncée cette réunion, qui devait être le principe de la vie pour ces vastes pays encore déserts.
Les premiers de ces documents nous feront assister aux tentatives d'occupation de plusieurs points, depuis le lac Champlain
jusqu'aux Illinois; on verra ce projet de communications éche-
lonnées, abandonné en 1688 et 1689; repris une fois encore
en 1690, abandonné de nouveau en 1696, repris définitivement en 1608.
Une description, en 1605, de l'ile Missilimakinak par Antoine de La Mothe, sieur de Cadillac, et un certain nombre de pièces, concernant l'établissement des Français au Détroit des lacs Erié et Huron, laisseront ensuite entrevoir ces deux postes rivaux à leur début, ainsi que les régions environnantes.
Enfin, après avoir montré, autant que la place nous le permettait, les préludes de la colonisation sur les Lacs, d’autres documents rappelleront une entreprise semblable sur l'Ouabache et la rivière des Miamis en partant du lac Erié.
Par là se trouvera exposée sommairement l'initiative des Pionniers sur les grandes avenues septentrionales du Mississipi. Mais, pour donner une idée de la formation entière des anneaux