SERA DÉSIGNÉ SOUS LE NOM DU MINISTRE PONTCHARTRAIN
Extrait d'une lettre de MM. de Callières et de Champigny
Nous avons eu avis, par le sieur Desbergères, commandant au fort Frontenac, que le sieur de Lamothe y avoit envoyé le sieur de Tonty pour chercher quelques rafraischissemens dont ils avoient besoin, et qu’en venant il avoit arresté un canot de trois hommes, coureurs de bois, partis de Montréal, où le sieur Desbergères les a fait conduire.
Le sieur Chevalier de Callières, n’ayant point escrit au sieur de Lamothe au sujet des lettres qu'il a reçues, où il luy mande que le fort du Détroit est fait, il luy marquera, par la première occasion, de le nommer « le fort Pontchartrain », le regardant comme vostre ouvrage, et ila aussy fait nommer celuy de New Savanne, dans la baye du Nord, le fort Phély-
peaux; cequ'il espère, Monscigneur, que vous aurez agréable.
Le nommé Sauton, coureur de bois de profession, ayant esté à Mañatte l’année dernière, sans congé, il y fit une convention avec M. ie comte de Bellomont de revenir au Canada pour engager sous main une quantité de Canadiens voyageurs, et les mener à la Nouvelle Angleterre pour ayder à conduire des Anglois au Détroit. is devoient y faire un esta-
blissement et y porter des marchandises; ledit Sauto:: se fai-
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sant fort, par le moyen de ces marchandises, d’attirer tous les voyageurs désobéissans qui sont dans la profondeur des bois, et d'y faire venir aussy commercer nos Sauvages alliés. Nous n'avons point eu d’autres preuves contre le sieur Sauton, que l’aveu qu’il en a fait à M. le chevalier de Callières; ce qui nous a empesché de luy faire faire son procès. Mais nous l'avons fait embarquer sur le navire la Seine, pour le remettre à M. de Louvigny, intendant de Brest, auquel nous escrivons de le mettre en seureté, jusqu’à ce qu'il ait receu vos ordres. Nous vous prions, Monseigneur, d’empescher qu’ii ne puisse revenir en Canada, ny passer au Mississipy, estant un homme très dangereux et à craindre pour cette colonie.