Illisible
essayé de les sonder, les Hurons, qui ont de l'esprit, s'en aperçurent et me respondirent que si un, deux ou trois me le disoient, j'en pourrois douter, mais que le tout leur avoit esté dit en plein conseil, qu'ils l'avoient tous entendu et qu'ils ne pouvoient mentir tous ensemble.
Comme je ne puis me dispenser de rendre compte de tout ce qui se passe icy à M. de Callières, je n’ay pas manqué de luy envoyer toutes les paroles que les Sauvages m'ont dites icy en conseil, et comme je ne veux marcher que dans les voyes de la droiture et de la sincérité, j'ai creu que vous recevriez en bonne part l’advis que je vous en donne, et c’est au R. P. Carheil de voir s’il a tenu ce langage qui seroit bien contraire aux intentions du Roy, de Monsieur le Gouverneur général, et du R. P. Bonnart. Mais, quoy qu’il en soit, rien n'empeschera que je ne mette de mon costé tout en usage pour entretenir avec vous la bonne intelligence et l'union que les Puissances désirent.
Faites-moy la grâce de me croire avec respect, Monsieur et Révérend Père, vostre très humble et très obeissant ser-
viteur, Signé : LamorHE CabiLLac.
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