VOYAGE DE MICHIPICHY CHEZ LES MIAMIS
Paroles de Michipichy.
27 Février 1702.
L'été dernier, Onontio m'a dit d’aller chercher les Hurons
qui estoient aux Miamis et de les amener icy pour faire nostre
feu tout proche du vostre. J'ay exécuté sa volonté, je les amène tous, et nous allons nous joindre à ceux qui sont venus de Missilimakinak dans le lieu que vous nous avez destiné ',
J'ay donné dix couvertes rouges, cet automne, à un chef des Miamis pour l'inviter à venir icy avec toute sa nation y allumer son feu. Il a accepté le présent, et, ces jours passés, ayant délibéré sur cette affaire et demandé leur pensée, ils ont conclu qu'ils alloient ranger et ramasser les os de leurs ancestres, et que, l'année prochaine, ils viendroient s’establir au Détroit ?.
Je vais vous raconter maintenant la response que les Miamis ont faite à Aouendando Iroquois :
« Voilà un des plus grands calumets qu'on puisse voir *. Emportez-le chez vous, Aouendando; ensuite rapportez-le dans ce village, en nous amenant nos gens que vous gardez prisonniers; pour lors, vous serez le bienvenu, et vos deux fils, que nous ne vous rendrons point maintenant, nous les mettrons sur la paume de la main et ils ne tiendront à rien.
« Voilà un autre calumet, nous vous prions de l'apporter dans vostre village, envoyez-le de suite dans les quatre autres de vostre nation, afin qu'ils donnent la liberté à nos gens.
« Michipichy a donné un collier, chez les Miamis, à Aouendando Iroquois.
« Ce collier vous dit que nous vous trouvons fort avares;
1. C'est une réunion de trente famiiles aux Hurons du Détroit, (L, C.)
2. Ceci fait voir que les Hurons ont tiré parole des Miamis pour venir s'establi au Détroit, et ils y seroient tous, si les missionnaires ne les en eussent détournés, et sans la contrariété de M, de Callières, qui, parlant au chef principal des Miamis, à Montréal, lui dit d’avertir tous les autres Miamis de se ranger à la rivière Saint+ Joseph, comme il paroit dans ses paroles du 6 août 17041 en l'article 6, contraire aux instructions de M. de Lamothe qui portent d'inviter toutes les nations à
s’habituer au Détroit, (L. C.) 3. Un calumet est le traité de paix ou plutost le signal de la paix. /L. C.)
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vos mains sont toujours fermées. Toutes les nations ont obéi à Onontio, en luy amenant tous les prisonniers qu’on a pu ramasser ; il a envoyé chez vous un François pour délier les nostres qui devoient venir cet automne au Détroit. Nous tournons tous les jours et à tout moment notre face du costé du village des François qui est au Détroit, et nous rougissons de ne voir venir personne. »