CONVENUE A MONTRÉAL
Conseil tenu dans le fort du Détroit entre les Iroquois,
Outaouas, Hurons, Nepissings et Mississaguez.
Les Iroquois. — Ce grand calumet rouge nous a esté donné par Changouessy à Montréal, pour empescher ceux qui auront de mauvais desseins de les mettre à exécution.
Ce calumet nous a esté donné aussi pour le rapporter au Détroit, et y venir sans danger ramasser nos prisonniers.
Par une couverte rouge et un petit rouleau de tabac. — Ce tabac est pour estre fumé dans ce calumet, et cette couverte est pour luy servir de tapis; nous garderons pour quelque temps celuy que les Kiskakoüns nous ont donné, et cette porcelaine tient la place de leur calumet.
Par un calumet qu'ils rapportent, quileur a esté donné à Montréal par les Pouteouatamis. — Parce que la pierre de ce calumet s’est cassée en chemin, nous en avons remis une autre en sa place; ce rouleau de tabac et cette couverte rouge sont pour l’envelopper.
Par un collier. — Nous remercions toutes les nations des prisonniers qu’elles nous ont rendus t.
1. M. de Lamothe a fait rendre plusieurs prisonniers aux Iroquois, Ce qui à esté réciproque, (L C.)
Deuxième collier. — Nous enterrons nostre hache de guerre très profondément, nous la jetons dans le centre de la terre; c'est tout de bon que nous parlons, nous n'avons jamais esté si sincères.
Troisième collier. — Nous unissons toute la terre ; toutes nos haches de guerre sont cassées; celuy qui les faisoit ne vit plus sil a perdu la vie. {Cela veut dire qu’ils prétendent avoir fait une paix perpétuelle.)
Quatrième collier. — Nous nous souvenons toujours d’un calumet, que Oukantikan nous a donné pendant la guerre !, en nous disant qu'il ne nous frapperoit point; cependant il nous a cassé la teste par derrière. Ce collier dit que tout est effacé, qu'il faut tout oublier et vivre maintenant en paix.
Par une moitié de collier. — Ce n'est point nous qui avons fait la parole, c’est nostre père, qui a enveloppé tousles os de ses enfans et les a mis dans la terre. Il faut se souvenir de sa parole; pour nous, nous ferons sa volonté.
Par l’autre moitié du collier. — Toutes les nations peuvent venir dans nos villages librement et sans danger.
Par un collier aux Hurons. — Nous ne sommes pas venus ici exprès pour vous, mais puisque nous vous rencontrons en chemin, faisant un, nous voulons vous dire de ne point brouiller la terre et de vous souvenir de ce qui a esté
sonvenu à Montréal.
1. I rapporte là ce qu'un chef Outavois a fait, qui les avoit asseurés de la paix, En effet, M, de Lamothe l'ayant appris, qui commandoit pour lors à Missilimakinak, fit faire un parti d'Outavois sous main, qui tua cinquante froquois, ce qui tit recommencer la guerre, dont la Colonie avoit grand besoin, car les Iroquois et les Anglois l'auroient bien ébranlée, sans le secours que nous cvons eu de nos alliés, pendant qu'elle à duré, et il asseure qu'ils ne feront point de mesme, que cette paix a esté faite par M. le Gouverneur général, au lieu que celle qui avoit esté faite par Oukantikan l'avoit esté indépendamment des François, (L, C.)
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Par un grand collier à M. de Lamothe. — Nous vous prions tous de vouloir estre fermes dans ce poste et de ne point souffrir qu'il se fasse aucune mauvaise affaire; faites que la paix soit de durée tr.
Par un collier adressé à tous les chefs des nations. — Nous vous invitons à venir dans nos villages avec nous, et si vous appréhendez quelque chose, envoyez du moins de vos esclaves Panis pour voir ce qui s’y passe.