‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 157 sur 304 · EC · texte numérisé non relu

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LE DÉTROIT PONTCHARTRAIN., 285 la plus considérable est que nous avons la guerre contre les Anglois. Elle est venue par un gros navire de cent pièces de canons, dans lequel il y avoit quatre cents hommes. Il a pris dans la route deux vaisseaux Anglois, qu'il a menés à Québec.

Quatorze Iroquois des plus considérables de chaque nation ont esté voir Onontio à Montréai. Les Agniés y estoient aussi et ils luy ont dit que les Anglois les ont invités à se joindre à eux pour prendre le casse-teste contre le François, mais qu'ils leur avoient respondu qu'ils regardoient faire, et qu'ils resteroient paisiblement sur leurs nattes.

Les quatre nations Iroquoises ont exhorté les Agniés à cstre fermes et à ne point se laisser esbranler par les Anglois, parce que si leur cœur se rendoit mal fait, ils leur déclaroient qu'ils se joindroient à Onontiv pour leur faire la guerre.

Quatre Anglois sont venus à Montréal ar.elque temps avant que j'en sois parti; ils avoient apporté des marchandises qu'ils vouloient vendre à si bon marché, que les François en curent du soupçon. M. Maricourt, les ayant regardées, reconnut qu'il y avoit de la médecine 1. On mit des couvertes rouges sur des chiens, des cochons et des chevaux, qui en crevèrent le lendemain. Pour moy, je ne l’ay point veu, parce que j'estois à Québec dans ce temps-là ; mais les François du Montréal et des environs me l'ont ainsi raconté. Ils vouloient massacrer les Anglois ; mais le Gouverneur les renvoya, sans qu'il leur fist faireaucun mal. Il leur défendit seulement de revenir davantage.

1, C'est un tour de M, de Lamothe pour leur oster l'envie, que quelques-uns

avoient, d'aller chez les Anglois, y estant invités par des “olliers du Gouverneur général de la Nouvelle-Angleterre,

J'ai veu faire de grands mouvemens à tous les capitaines et aux soldats ; lesgens du pays nettoyoient aussi leurs armes. Il paroissoit qu’on se disposoit à quelque grande entreprise. Les mains démangeoient beaucoup au Gouverneur de Montréal, mais estant venu une nouvelle par un François sui venoit d'Orange, que la maladie estoit grande et que les Anglois mouroient en grand nombre, il peut se faire qu'on aura hiverné paisiblement, parce qu'Onontio a dit que, puisque li maladie les faisoit crever , il n’estoit pas besoin de les ailer tuer. Fous les enfans ct alliés d'Onontio, qui sont aux environs du Monti£al, de Québec et mesme ceux de lAcadie, scachant qu’il doit faire la guerre aux Anglois, sont venus s'offrir à luy pour prendre la balle, s'il vouloit la ieur mettre en main. Mais il les a ramenes, ‘:ur disant qu'il estoit assez fort, et que, dans les suites, 1i leur feroit sçavoir sa pensée,

Onontio a ramassé par des colliers, qui sont venus sous l'eau, toutes les nauvaises paroles, qu'on a iaissées tomber chez les Iroquois en descendant à Montréal, et en s’en revenant ici; rien ne luy a esté caché 1. Voici maintenant ce qui regarde le Détroit. Le Jésuite, qui fait la prière à Missilimakinak, viendra ici ce printemps prochain *. Il se cabanera au village des Outaouas ; je l’enverray chercher par un canot.

Il en viendra aussi un autre qui fera la prière chez les Hurons, il est maintenant à Sonnontouan ; il viendra cet été.

Je crois qu'il viendra aussi cinq à six familles de François

1, Cet article à fait un si bon effet que les Sauvages généralement ont cru qi toutes les résolutions qu'ils ont prises en secret ont esté découvertes, et c'est par moyen que M, de Lamothe à découvert ce que ‘: gouverneur de la Nouvelle- An gleterre leur a envoyé dire, (L. C.

», On l'a envoyé chercher par un canot, mais il n'a point voulu venir, quo

qu'il ait reçu l'ordre de M, de Callières, I n'y à point de missionnaire icv, ce qui

gait voir la bonne volonté des Jésuites, (L, (,)

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