LAC
e MM. de us escrire
Touche, oust 1703.
ce qui regarde ement informe
si je n'eusse cru tomber dans des répétitions superflues, estant très persuadé qu'il vous renvoye toutes les affaires de cette colonie.
Vous verrez par la lettre, que j'ay l'honneur de luy escrire, l'estat de cet establissement, les empeschemens qu’on y apporte et les moyens que je prends pour les surmonter.
Il y a grande apparence que les Révérends Pères Jésuites ont demandé à la Cour la préférence pour desservir les Missions de ce poste, et on a eu des raisons sans doute pour la leur accorder. Cependant, quoyque les Sauvages soyent icy establis en nombre suffisant pour y avoir au moins deux Missionnaires, on n'a pu venir à bout d’en faire venir aucun, bien que la chose soit réglée, comme vous le verrez par la copie de ce règlement du 25 Septembre 1702, que j’envoye à M. de Pontchartrein.
Les envoyés de la colonie, qui auront passé l'année précédente en France, vous auront dit sans doute les mesures, qu’avoient prises Messieurs les Directeurs de la Compagnie de la colonie pour engager ces pères à venir s’establir en ce lieu, en leur donnant huit cents livres à chacun par an {outre la gratification qu’ils ont du Roi), et en leur faisant porter, à ses frais et despens, les choses nécessaires pour leur sübsistance et des hardes pour leur usage.
M. le chevalier de Callières en avoit pris aussi avec leur supérieur de Québec (s'ils en ont un) et moy, mais tout cela n'a fait que de l’eau toute claire, et le Révérend P. Marest, à qui la Compagnie a envoyé un canot exprès, a trouvé des raisons pour se dispenser de venir dans la Mission, qu’on luy a destinée.
Vous pouvez voir par les conseils tenus dans ce fort et par V. CE
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les copies des lettres que j envoyé à M. de Pontchartrain, quel évérends Pères reconnois-
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LE DÉTROIT PONTCHARTRAiN. 339
, quel | Roy s’y rencontre puisqu'il le veut, et il est de leur devoir nnois- } de donner ces marques d’obéissance à l'autorité d’un Gouoin de L verneur général. — Mais voicy la thèse des missionnaires de jt envie la Société de ce pays : il faut que la volonté du Roy dans les ou ver | ordres qu’il donne -e rapporte et soit conforme à la volonté | : que te, et ce de Dieu, et c’est sur ce fondement principal qu'ils on tous | ie; mais | écrit, qu'ils crient tant encore contre la traite de l’eau-de-vie, npte. J sur quoy on les a satisfaits. — En voicy un trait du P. de ns, Cha- É Carheil dans son sermon du 25 Mars 1697. « Il n'y a, dit-il, este d’at- ny puissance divine, ny humaine, qui puisse permettre la u jusqu’à ] traite de cette boisson », d’où il s'ensuit que ce Père passe jangereux hardiment sur toutes les raisons d'Estat et qu'il ne voudroit taqué non pas mesme se soumettre à la décision du Pape. le du ser- | Je fais assez mon possible pour les rendre de mes amis, | 18 ce pays voulant estre véritablement le leur; mais, si j'ose le dire, . férends que toute impiété à part, il vaudroit mieux pescher contre Dieu e comrian- | que contre eux, parce que d’un costé on en reçoit son pardon, es esloigrés et de l’autre, l’offense, mesme prétendue, n'est jamais remise s engagé de dans ce monde et ne le seroit peut-estre jamais dans l’autre, uloit mettre | si leur crédit y estoit aussi grand qu’il est dans ce pays. dre pour Ch l Je pense que, s’ils sont si peu empressés pour desservir les missions de ce poste, c'est qu'ils n'aiment nullement la pri “il proximité des Establissemens François. Ils en exposent bien dans is it © | des fausses raisons, qui en supposent des vraies qu’ils ne vages Sout le disent pas; mais du moins, s'ils ne veulent pas servir au devroient du Détroit, pourquoy s’opposent-ils que d’autres missionnaires ç au loup ra- en prennent possession ? Le retardement, qu'ils apportent à È se dispenser faire ce mouvement, n’est fondé que sur l'espérance inutile et 15 de ce poste ? D perdue de faire revenir les Sanvages, où ils estoient auparane celuy du vant, par les terreurs paniques qu'ils taschent de jeter dans au |
leur esprit. Je suis caution sur ma vie que cela n’arrivera point, et je ne crains point leur crédit en tout cecy.
Permettez-moy, en finissant cette lettre, de vous prier de vouloir bien me taire part de vos lumières en me mettant dans un chemin, par où je puisse gagner l'amitié des Révérends Pères Jésuites. Je ne demande pas mieux que de marcher dans cette voye qui csblouit aujourd’huy les yeux de toute la terre, et qui est le torrent auquel il semble que tous les honmes se laissent entraisner. Cela me sera aisé, tant que je n’auray que mes intérests paticuliers à démesler avec eux; mais lorsqu'il s'agira de faire exécuter les intentions du Roy, et qu’ils s'y opposeront en me disant qu'ils les scavent mieux que moy, il s'agit de me prescrire ce que je dois faire en ce cas-là pour demeurer dans le chemin de leur amitié.
C'est ce que je n’ay pu faire jusqu'à présent. Peut-estre que je feray mieux à l'avenir sur les idées que vous m'en donnerez, si vous avez cette bonté.
Je vous supplie de vouloir m’accorder l'honneur de vostre protection auprès de M. de Pontchartrain en luy parlant en ma faveur, touchant les grâces que je luy demande. Vous avez pris plaisir de me faire du bien par le passé; j'en auray une éternelle reconnoissance; j'espère que vous me continucrez la mesme grâce, puisque je suis avec un très
grand respect, Monsieur,
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
Signé : LAMOTHE CADILLAC.
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