‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 169 sur 304 · RASE · texte numérisé non relu

RASE

fi 328 LA ROUTE DES LACS:

pour des affaires importantes avec & assez de semblables tueries, M. de Frontenac m'en-

ables pour en dis-

à qui on n€ parle jamais vides. Il est arriv parce que feu des présens considér dont je lui rendois compte €t à

D poser, sel Le | Monsieur l’'Intendant, prenant des certificats de la distribu-

Depuis sa mort, au Détroit pour ces sortes d'occur- -

les mains

EE | mais j'ay tout pacifié, s ME voyoit, tous les ans, on les conjoncture;

tion que J'en faisois. on a pris une autre

He route, on n'envoye rien

rences. J'en ay escrit, On ne m'a rien respondu, au lieu de

s'adresser à MOY» n’y ayant point d'autre establissement que celuy-ci dans tout CE pays, dont M. de Callières m'a donné le

commandement général, qu

continuoit de pratiquer ce qu'o Jes nations avec d

i n'en seroit que l'ombre, si on n a commencé, qui est d'en-

voyer les gens chez es présens. Ces envois

ne peuvent pas 5€ faire sans frais, OÙ, du mo permission à ceux qu'on destine pour cela de charger leurs | canots de marchandises , CE qui fait que ces gens-là n’ont d'autres veues que d'amasser bien du castor, employant mesme à leur profit les présens dont ils sont chargés: n'ayant

ait inspection SUT Jeur conduite.

t cela fust adressé en

ins, sans donner

| personne qui [1 seroit bien plus naturel que tou

que tout passast par mes mains ,

droiture all Détroit, et je manderois aux chefs des nations de se rendre es leurs décisions et à

e ferois des présens,

parce que icy, et je réglerois avec EUX tout

l'esgard des distributions et emplois que) ou à tout autre dans cé poste, j'en

autres Officiers qui y sont, ompagnie, pourroient

e seroient adressés

qui m mes certificats. Les

donnerois mesme commis de €

\ne se commettroit point d'abus. Au àr envoyer régler les querelles

missionnaires €t donner les leurs. Ainsi, i

Fe ME surplus, qui peut-on choisir po

avec eries, m'en-

n dis-

te et à stribu-

> autre 'oCCUT- :lieu de ent que jonné le e, si on est d'en- S envois s donner rger leurs à n'ont mployant s, n'ayant

dressé en es mains, se rendre jons, et à des présens, poste, jen qui \ sont, pourroient t d'abus. AU Jes querelles

des Sauvages, qui connoisse mieux que moy leurs manières,

leurs mœurs et leurs inclinations, et en qui ils ayent plus de

confiance ? C’est ce dont les Jésuites ne demeureront point d’accord.

On me préfère de certains regrattiers, qui n’ont aucune autorité parmy nos alliés. Voilà pourquoy, Monseigneur, il seroit, je crois, expédient que vous eussiez la bonté de m’envoyer une commission de commandant général de ce poste et des autres esloignés pour m'espargner ces passe-droits.

Quelques Sauvages viennent de m’apprendre qu’il monte quatre canots pour aller dans le nord du Lac Supérieur, par le village des Sauteurs. Je ne sçais point ce que ce peut estre. Sans doute ce sera l'ordinaire, c’est-à-dire des prétextes spécieux.

Je vous escris bien des choses qui pourront peut-estre me donner bien des ennemis, mais n'importe, ayant la vérité et la justice pour moy, je suis au-dessus de tout. Je crois devoir

cela au zèle que j'ay de bien servir le Roy.

Au reste, le Siou est une nation qui nous doit estre indifférente, et qui est trop reculée pour en retirer jamais aucun service.

Comme le convoy qui vient de Montréal ne reste icy ordinairement que deux ou trois jours, j'avois, afin d'espargner les vivres, disposé cette lettre pour ne le point arrester ; c'est pourquoy j’y parle souvent de M. de Callières, parce que je ne sçavois pas qu'il fust mort, ce que j’ay appris avec douleur, par

la perte générale qu'a faite toute la colonie, qui avoit besoin

d'un homme d’une telle expérience. J'en ay fait une en mon

particulier, puisque vous avez pu voir, par tous les bons tesmoignages qu'il vous a rendus de moy, qu'il m’honu:oit de

son estime et de son amitié. J'espère que vous aurez la bonté de recommander mes intérests à celuy que vous ferez mettre à sa place. Je vous asseure que j'ay bien bon besoin de cette protection, à cause du grand nombre de ceux qui me portent envie.

La Compagnie s’estant remise à mes soins pour tous ses intérests, je les ay embrassés avec affection ; c’est ce qui a fait que j'ay surpris ses commis en faute, faisant le commerce dans ce poste. J'en ay donné avis à MM. les Directeurs, qui en useront, comme bon leur ser blera dans cette affaire. C’est à eux de suivre leurs lumières sur celles que je leur donne.

J'ay escrit à M. de Vaudreuil, croyant escrire à M. de Callières. Je lui ay demandé de vouloir mettre cette garnison à 50 homes, pour estre en estat de me défendre au cas que je sois attaqué, ne pouvant en avoir moins dans ce lieu, où je serois abandonné de tout secours. Il m'a fait response qu'il ne pouvoitse défaire d'aucun soldat, parce qu’il en estoit mort plusieurs depuis l’année dernière, et qu’il luy en avoit déserté quelques-uns celle-ci; ce qui est arrivé aussi en ce poste, en ayant déserté neuf qui demandent pourtant à revenir. Ouelques-uns disent qu'ils n'ont pris cette résolution que parce qu'on leur avoit promis, en partant de Montréal, qu'après trois ans de service dans ce poste on leur donneroit leur congé. En effet, feu M. de Callières leur en avoit donné sa parole publiquement. D’autres disent que le sujet de leur désertion a esté parce qu’on les accabloit de travail, qu'on leur faisoit faire le service outre cela, et que leur chagrin estoit de voir que les profits en revenoient à une compagnie, qui les traitoit dans leurs besoins de Turc à More. Il y en a enfin qui disent qu'on leur avoit promis de leur donner des terres et de les y laisser

bli

ce

qua

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bonté ttre à à cette ortent

us SES ia fait ce dans qui en C'est à ane.

.de Calrnison à as que je eu, où je onse qu'il stoit mort bit déserté poste, en bnir. Quelque parce après trois congé. En ärole publibrtion à esté

isoit faire le voir que les traitoit dans disent qu'on les y laisser

establir, et que, voyant qu'on les a trompés, ils ont pris cette résolution.

Il est très certain que, lorsque je suis parti de Montréal, MM. de Callières et de Champigny leur ont donné cette espérance. J'en suis tesmoin. C’est ce qui a fait que j'en raffraischissois par ma lettre la mémoire à M. de Callières. C'est pour cette raison que MM. de Vaudreuil et de Beauharnois, y ayant fait attention, m'ont permis de les reprendre, attendu que la nouvelle ordonnance contre les Directeurs n’avoit pas esté publiée.

J'avois aussi demandé six familles pour venir s’establir icy, ce que feu M. de Callières m'avoit accordé, et c'est ce qu’on m'a refusé après sa mort, en me disant qu'il ne s’en est point présenté, quoyque je sois bien informé par moy-mesme et par ailleurs qu'il en viendroit tant qu’on voudroit, si on ne leur en ostoit pas la liberté.

J'avois aussi demandé des bestiaux; la Compagnie a bien voulu en faire les frais. Les Directeurs me mandent qu'ils ont emprunté deux bateaux grenadiers à MM. de Vaudreuil pour les faire voiturer, ce qu'il n’a pas voulu leur faire accorder.

Vous devez croire que la Compagnie n'a pour but que de gagner dans ce poste, et nullement de contribuer à son establissement. Elle n’a d'autre veue que d’avoir un magasin et des commis, et point d’ofliciers, ni troupes, ni habitans, se souciant peu de ce qui regarde la gloire du Roy et son ser-

vice. Permettez-moy de vous représenter qu'à coup seur c’est ce qui va renverser entièrement cette haute colonie, sans laquelle la basse, c'est-à-dire Québec et de Montréal ne peuvent se soustenir. Les Sauvages veuieni cstre dans une entière liberté de commerce. Vous pouvez le voir par le conseil

LE

tenu dans ce fort en date du . . . Août 1703. Leur résolution en est prise. Il n’y a point de délay à prendre; il faut y remédier par vous-mesme, en ordonnant à la Compagnie de leur vendre les marchandises au mesme prix qu'on les leur a vendues jusqu’à ce jour. Je leur ay donné de bonnes espérances, c'est ce qui me fait croire qu'ils attendront vostre response par les vaisseaux qui viendront l’année prochaine.

La Compagnie se plaint sur la perte de son commerce dans ce poste; si cela est, elle ne doit pas balancer de l’abandonner. Donnez-y les mains, Monseigneur, et je vous promets que dans deux ans votre Détroit sera establi par luy-mesme, pourvu que vous laissiez la liberté du commerce à ceux qui voudront s'y establir, sans qu'ils le puissent faire en aucun lieu hors du Détroit. Je vous assure que vous n'aurez pas de plainte là-dessus, et que je feray, quant à ce point, observer un très bon ordre.

La Compagnie semble estre rebutée de ce poste, à cause qu'elle y perd, à ce qu'elle dit, dans le commerce qu’elle y fait. Je lui ay respondu à cet article que, si elle veut me subsiituer à ses droits et s’en démettre en ma faveur, je les accepteray, en m'engageant de la dédommager du passé, à commencer du jour qu'on a fait des dépenses pour ce poste, jusqu’à celuy que j'en entreray en possession, et de la payer comptant de ses avances, pourvu qu’elle veuille acquitter les lettres de change du castor, que je lui feray remettre tous les ans; et, pour cet effet, je luy donneray bonne et valable caution. Si elle se plaint à vous sur cela, prenez-la au mot, et en me subrogeant à ses droits, et en l’en faisant démettre en ma faveur, je vous offre, Monseigneur, la somme de 10,000 livres par an,que je feray remettre aux Trésoriers de la Marine en ce

ma

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jution Y renie de leur a

s ESPÉtre resne.

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mets que -mesme, ceux qui en aucun rez pas de , observer

e, à cause e qu'elle y tme subsiie les accepssÉ, à comr ce poste; k de la payer acquitter les ettre tous les valable cauau mot, et en

mettre en ma

10,000 livres h Marine en ce

pays, sur vostre ordre, ou bien en France si vous le souhaitez. Cela sera payé vivement, tant que la Compagnie de la Colonie ou autre acquittera les lettres de change du castor qui en proviendra, Il n’y a qu’à retenir en France un fonds d’une pareille somme, c’est-à-dire de 10,000 francs, et je mesnageray si bien l'esprit des Sauvages qu'ils auront sujet d’estre contens. Vous voyez bien qu'il est bon, Monseigneur, d’avoir un homme comme moy. Je vous promets que, si la Compagnie accepte ma proposition et que vous vouliez l’approuver, je feray fleurir nostre Détroit, que rien n’y manquera. Je crains qu'on ne me prendra point au mot. La machine aux grands ressorts sçaura bien l'empescher, car on travaille avec application à faire tomber ce poste, ce qui ne peut arriver qu'en le faisant valoir par les mains d'une Compagnie, qui prend toutes ses précautions pour faire en sorte que personne ne s’y establisse. Si je conduisois cette affaire, je ne suivrois pas

leurs maximes, il s'en faut beaucoup. Je n’empescheray per-

sonne de s'y establir. Ils font les habiles gens, mais je puis

vous asseurer qu'ils n'y entendent rien. Ils en ont mesme en-

voyé un compte, par lequel ils font voir 12,207 liv. 17 s. de perte, en quoy ils se trompent, ou du moins ils en font sembl nt, puisque j'y trouve, sans en dire l'endroit, pour raison, plus de 2,000 livres de profit. Je parle juste et ay mes veues seures.

C’est une chose surprenante de voir la conduite des commerçans François. Elle est bien différente de celle des Anglois et Hollandois. Ces premiers voudroient s'enrichir dans la première anrée qu'ils commencent quelque entreprise, et ces derniers, qui se conduisent plus sagement, sont bien instruits

que dans la première on ne fait que respandre et semer; que

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ne ne

ee ere M PE

dans la deuxiesme on met son entreprise en estat, et que dans la troisiesme il faut travailler efficacement pour recueiliir avec abondance ce qu’on a libéralement dispersé. Quiconque s'esloigne de ce point de veue ne peut jamais réussir. Lorsque le hasard s'en mesle, cela n'arrive mesme que dans les occasions de passage et rarement, lorsqu'il s'agit de faire quelque establissement solide. Il ne faut pas s’estonner siles Directeurs de la Compagnie paroissent inquicts. Cela procède de ceux qui la composent. Il y en a deux, qui sont de robe, propres pour faire dresser les actes; les autres sont marchands depuis peu, dont le négoce n’est que par commission, et toute leur science ct leur habileté consistent de la vente à l'achat. Il s’en trouve mesme peu, qui ayent mis leurs affaires particulières en bon estat; c'est une expérience journalière en ce pays.

Je ne sçais si on aura pris soin de vous escrire que la Direction a fait un traité avec moy, l'année dernière, approuvé par MM. de Callières et de Beauharnois, par lequel elle s’est engagée, en considération des peines et des soins que je dois prendre pour ses intérests dans ce poste pour en empescher les fraudes et malversations et le commerce par d’autres que par leurs commis, à me payer par chacun an la somme de :,000 francs et de me fournir ma subsistance et pour ma fainille pendant le temps de son bail.

On ne peut, Monseigneur, s’estre donné plus d'application que j’ay fait, en me conformant aux clauses insérées dans cet acte, passé par deux notaires, signé des sept Directeurs, de feu M. de Callières et de M. de Beauharnois, Intendant. J’ay appris cependant qu’ils vous ont escrit pour se fairé descharger de cette somme; mais je ne crois pas que vous ayez fait attention à une proposition aussi injuste et qui esgorge la

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1e la Direcprouvé par lle s'est enque je dois à empescher d'autres que Ja somme de

pour ma fa-

d'application érées dans cet irecteurs, de tendant. J’aÿ fairé descharvous ayez fait qui esgorge la

bonne foy, puisqu'ils sçavent bien eux-mesmes que j'ay bien gagné mon argent dans les services que je leur ay rendus, et que je continue de leur rendre.

D'ailleurs ayant un bon acte passé, qui se trouve circonstancié de toutes les formalités requises, j'espère que vous ne le casserez pas, sans me donner le temps de me défendre. Cette ingratitude de la part de cette Compagnie ne me fera rien omettre pour entrer dans la conservation de ses intérests.

Il y a quelque apparence que vous ferez quelques promotions cette année. L'esloignement m'empeschant de voir les places vacantes, je suis obligé de m'en remettre à l’honneur de vostre bienveillance et protection pour m'accorder une des lieutenances de Roy de ce pays, c’est-à-dire de Québec ou Montréal, en cas qu’il y en ait de vacante. J’aiouteray aussi à ma lettre la prière que j’ay desjà eu l’honneur de vous faire, qui est de vouloir bien accorder une enseigne en pied ou ordre pour la première qui vaquera pour mon fils aisné, qui sert dans ce poste avec application. Vous sçavez que vous m'avez promis par vostre lettre de le placer d’abord qu'il y aura occasion. Il en a passé depuis ce temps-là.

Je joins ici copie de certaines observations pour les Direc+ teurs de la Compagnie, afin que vous connoissiez ma conduite, et s’il m'est fort agréable de respondre de mes actions à cinq ou six marchands, qui décrottoient les souliers de leurs maistres, il y a quatre jours, et qui veulent cependant se mesler de ce qui regarde le gouvernement. J'en excepte MM. d’Auteuil et de Lotbinière, me paroissant par leurs lettres partict:lières qu'ils n’ont point contribué à un grand mémoire, qu'ils ont présenté à MM. de Vaudreuil et de Beauharnois, et que j'estime n'avoir pas esté respondu au Gouverneur.

[1 n’est encore mort personne dans ce poste. Je ne vous ennuyeray Pas davantage par de longues lettres. J'ay cru le devoir faire cette année pour achever de vous instruire et VOUS supplier très humblement de faire finir ces piailleries d’une manière ou autre, Cal enfin tout cela aboutira à faire aller nos alliés chez les Anglois. Je continueray toute MA vie de vous demander uniquement J'honneur de votre protection ;

estant avec un profond respect ; Monseigneur,

Vostre très humble et très obéissant serviteur.

LamorHE CAaDILLAC:

M. de Tonty;, qui est à Québec, me mande que MM. de Vaudreuil et de Beauharnois luy ont défendu de vous escrire

au long ce qui regarde ce poste:

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