‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 204 sur 304 · SA · texte numérisé non relu

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tué M. de Saint-Cosme au cheval de bois et luy fit casser la teste. » Sa chevelure fut levée et son corps fut jeté à l’eau. M. de Bicnville fit déclarer ensuite à toutes les nations des Sauvages, nos amis, d’aller en guerre contre les Chétimachas et sur les Alibamons, et qu’on leur donneroit dix escus par chaque chevelure d'homme tué ou par prisonnier qu’ils amèneroient.

Dans ce mesme temps, il arriva à la Mobile vingt-quatre marchands voyageurs des Illinois, qui apportèrent des marchandises de pelleterie. Pendant que ces marchands y estoient, des Illinois s’offrirent d'aller avec M. de Bienville en guerre et avec M. de Chateaugué sur les Alibamons. Après avoir fait charger huit canots des provisions nécessaires, ils s'y embarquèrent et remontèrent larivière des Alibamons. Au bout de huit jours, ils rencontrèrent un party de soixante Alibamons qui alloient en guerre sur les Chactas. Nos gens allèrent à leur rencontre; mais ils ne ieur tuèrent que quinze hommes, parce qu’ils marchoient dispersés dans les bois. Les autres, ayant pris la fuite, s’en retournèrent dans leur village où ils jetèrent l'alarme; ce qui fut la cause que M. de Chateaugué, qui avoit dessein de les aller surprendre dans leur village, fut obligé de s'en revenir.

Dans le mesme temps arrivèrent à la Mobile trente-cinq chefs de la nation des Sauvages Chicachas, qui demandèrent à parler à M. de Bienville, à qui ils dirent qu'ils estoient venus le prier de leur faire faire la paix avec les Chactas, autre nation sauvage, avec laquelle ils estoient en guerre depuis longtemps. Ils avoient esté obligez de faire un grand détour pour venir à la Mobile, parce qu'entre leur village

et la Mobile, le village des Chactas, leurs ennemis, se

nn TA A QE .

ca U RUE BF RER RE EN ANEEREA EE un

436 LES PREMIERS POSTES Dé LA LOUISIANE:

rencontre à moitié chemin, et que cest la route la plus

droite. M. de Bienville, qui ne demandoit pas mieux que de

Jeur faire faire la paix, leur donna M. de Boisbriand avec x au village des Chac-

vingt-cinq François pour aller avec eu

afin de tascher de les accommoder: Quand ils y furent

arrivés, le chef des Chactas vint parler à M. de Boisbriand,

qu’il fit entrer dans sa cabane, où il luy dit en particulier,

dans son langage, que M. de Boisbriand entendoit desjà pas” ç ces Chicachas ? vas-tu te faire

sablement : « Où vas-tu ave brusler chez eux, comme ils ont bruslé un petit François que sée pour apprendre

M. de Bienville leur donna l'année pas M. de Boisbriand, fort surpris, luy respondit e les croyoit pas a5$CZ mesosé brusler le petit Franil estoit venu pour

tas,

leur langue ? »

qu'il ne le scavoit pas et qu'iln chants ny assez traistres pour avoir çois qu'on leur avoit donné; qu'au reste, faire faire la paix ensemble, afin qu’ils peussent rester en bonne union dans la suite. « Je respondit le chef des Chactas , S'ils te ramènent icy ton petit usta ce chef des

seray en paix avec eux, luy

François. C'est pourquoy; crois-moy, adj0 Sauvages, ne va pas plus loin, mais envoye deux de ces Chicachas à leur village et leur dis de te ramener ton François; un mois, tu connois-

mais s'ils ne te le ramènent pas d'icy à Les chefs des Chi-

tras par là que ce que je te dis sera vray.

de Boisbriand alla parler ensuite, asseuroient

cachas, àqui M.

oit en vie, ct consentirent

de leur costé que le petit Francois est x de leurs gens pour l'aller quérir. Ils les vec ordre de faire diligence. Le de Boisbriand : « Permets-

qu’on envoyast deu firent partir sur l'instant, à chef des Chactas dit encore à M.

nous de mettre CES Chicachas dans une de nos cabanes, car,

si les autres ne ramènent pas ton petit François, ceux-cy sont

, la plus

1X que de

jand avec

des Chac-

s y furent oisbriand, articulier, desjà pas”

tu te faire rançois que : apprendre Lÿ respondit , assez MCSe petit Franit venu pour ent rester en vec eux, luy

icy ton petit a ce chef des Lx de ces Chiton François; is, tu connoischefs des Chiite, asseuroient ,et consentirent r quérir. Ils les e diligence. Le nd :« Permetsos cabanes, Cars

ois, ceux-cy SONT

ee

RELATION DE PÉNICAUT, ‘3

à nous, et, comme nos ennemis, il faudra qu'ils meurent, puisqu'ils seront alors les tiens. Les chefs des Chicachas consentirent aussy d'entrer dans une cabane en attendant le retour du petit François, qu’ils asseuroient estre vivant. Le mois estoit presque escoulé que les deux Chicachas, qui estoient allez chercher le petit rancois à leur village ne revenoient pas. D'un costé, le chef des Chactas disoit tous les jours à M. de Boisbriand : « Tu vois comme ces Chicachas, que tu as envoyés pour te ramener ton François, sont des mauvaises gens, et qu’ils n’osent pas revenir parcequ'ils l'ont bruslé, comme je te l’ay desjà dit. » D'un autre costé, les chefs des Chicachas, qui estoient enfermés, luy disoient : « Ils ont fait tuer nos camarades en chemin, car ils seroient revenus. » Il faut avouer que, quelque habileté que puisse avoir un oflicier, il est bien emibarrassé dans un événement si douteux et si dangereux tout ensemble que celuy-là. Esloigné de cinquante lieues de l'habitation des François, qui n'estoient encore dans ce temps-là qu’une poigncede inonde dans la Louisiane, au milieu du village d’une nation sauvage, nombreuse de plus de douze mille hommes portant les armes, M. de Boisbriand estoit incertain également de pouvoir descouvrir la vérité des deux costez.

Cependant le temps marqué pour le retour des deux Chicachas et du petit François estoit passé. Toute l'apparence de ia justice paroissoit du costé du chef des Chactas, qui pressoit M. de Boisbriand tous les jours de décider. Je ne crois pas que sa prudence ayt encrre mieux paru que dans cette occasion, car, après avoir averti ses gens de se préparer pour le lendemain matin, il alla trouver le chef des Chactas dans sa cabane et luy dit : « Je suis las d'attendre le retour des deux

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nr PER AEA ES | SERA ARTE NES fr & HE rene LE? et A A PS A SE

amènent pas mon Francois, Ce qui me

érité, qu'ils sont de mauvaises gens»

fais de ceux qui sont dans es laisse, à cette condi-

Chicachas, qui ner

fait croire que tu dis la v js nous ont trompez;

e tu voudras. Je te ute la nation seront tousjours les amis

ne demain à la Mobile avec mes romit, au nom de toute Sa es François. Il luy fit ur ses gens, €t en luy

et puis qu'i la cabane ce qu tion que tes chefs et to des François; ]€ m'en retou , Le chef des Chactas luy p nt tousjours amis d ivres pour luy ct PO lieues, où il le quitta, de Boisbriand s’en revint a nation la plus formides François, avec

gens.

nation, qu'ils seroie er le lendemain des v quisit plus de deux on chemin. M.

t d'avoir engagé |

donn il les recon souhaitant un b Mot.ie, fort satisfai dable de tous les Sauv vement ils n'ont jam mps M. de Bienvill

i luy apprenoit | t dressé un fort et une tannc-

faire sçavoir ce qu'il

archandises que feu

à la

ages à estre amis ais cu de guerre.

e receut une lettre de

a mort de M. Ju-

lesquels effecti

Dans ce mesme {€ M. de Saint-Lambert, qu à Ouabache, où il avoi ttre il le prioit de luy

t du fort et des m M. de Bienville leur envoya sa

six ouvriers pour luy

chereau rie. Par cette le souhaitoit que l'on fis M. Juchereau avoit amassées n canot, où il y avo ts, et faire descendre to es qui estoient avoit envoyés à M.

illage des Yasoux, en remon-

response par ü construire des cano

et les trente-cinq personn ue M. de Bienville

utes les pelleteries avec luy. Ces six hommes, q de Saint-

Lambert, s’estant arrestés au V tant le Mississipy» Y trouvèrent M. Davion, un presire mis-

gjonnaire qui estoit venu du Canada aux Y'asoux POUT tascher de les convertir à la foy, moins de baptiser leurs

enfans. Il avoit esté plusieurs

ou tout au fois exposé

que son zèle l

cette nation, surtout un soir

à estre assassiné par

avoit porté à aller

qui me cs gens, nt dans e condi- Jes amis avec mes . toute Sa Hluyfit s gens, et ta, en luy revint à la lus forminçois, avec ne lettre de - de M. Juune tanncvoir ce qu’il ises que feu 1r envoya Sa rs pour luy cs pelleteries Juy. Ces six M. de Saint- 1x, en remonprestre misx pour tascher baptiser leurs e assassiné par

it porté à aller

mn 0 6 08 GA RO AU TE SE SA GE

RELATION DE PÉNICAUT. 439

dans leur temple abattre leurs idoles et les briser par morceaux ; il s'en cstoit retourné ensuite chez luy, où ilavoit porté le reste des idoles, qu’il n’avoit pas pu casser. Il y avoit trouvé un petit garcon qui le servoit, nommé Brunot, à qui il dit de se retirer chez les François, parce que les Sauvages viendroient le lendemain nour le faire mourir. En effet, ils ne manquèrent pas d’y courir pour le tuer, quand ils eurent veu le desgast des idoles qu'il avoit fait dans leur temple. Mais le Grand Chef, qui aimoit ce bon prestre, les fit retirer et empescha qu'on ne le tuast, ny le petit garcon parcillement, de sorte qu’il est encore, par une grice de Dieu toute particulière, vivant et grand-vicaire de Monseigneur l'Evesque de Kébecq pour la Louisiane.

Nos six hommes partirent le lendemain des Yasoux, où ils avoient couché, et arrivèrent quelque temps après à Ouabache. Ils rendirent à M. de Saint-Lambert la lettre de M. de Bienville, et, après qu’ils eurent fini les canots, ils les chargèrent de plus de douze mille peaux de bœufs, qu'ils emmenèrent à l’establissement de M. de Saint-Denis. M. de Saint- Lambert descendit ensuite à la Mobile avec trente hommes, ayant laissé les autres au fort, où estoit M. de Saint-Denis.

Sur la fin de cette année, arrivèrent à la Mobile dix Chicachas, qui amenèrent le petit François, que le chef des Chactas avoit dit à M. de Boisbriand qu'ils avoient tué et bruslé; il s'estoit servi de cette fourberie pour s'exempter de faire la paix avec les Chicachas, en trompant M. de Boisbriand, qui, ne pouvant découvrir la vérité, leur avoit laissé les trente Chicachas qu'ils gardoient dans leur village et qu'ils tuèrent après son départ. Il y a icy sujet d'admirer la sagesse de Dieu qui

destruit les desseins des hommes, qui paroïissent mesme les

go der po,

Sutra EME Me En all SdLEs Burst ase nue.

plus prudents, pour leur plus grand bien; car, si M. de Boisbriand eust accordé les Chactas avec les Chicachas, quand il fut pour leur faire faire la paix entre eux, comme c’estoit son ordre et son dessein, ces deux nations, nos deux voisines et les plus formidables de toute la Louisiane, puisqu'elles peuvent mettre sur pied, jointes ensemble, jusqu’à seize mille hommes portant les armes, estoient capables de destruire nostre establissement dans son commencement; au lieu que par la grâce de Dieu, estant restez en guerre les uns contre les autres, comme il est arrivé, contre nostreintention, nous avons tousjours esté en paix avec eux, surtout avec les Chactas, qui est la nation des deux la plus puissante et la plus proche de la Mobile. On renvoya donc les Chicachas chez eux, après qu’on les eut contentés de paroles le mieux qu’on put, et on retint le petit Saint-Michel, qui parloit desjà fort bien le langage de ces Sauvages.

Dans ce mesme temps, arrivèrent deux François, des trois que M. de Bienville avoit envoyés par la rivière de la Madeleine pour descouvrir les nations qui estoient de ce costé-là. Ils nous rapportèrent qu'ils avoient esté plus de cent lieues avant dans les terres de septnations différentes qu’ils avoient trouvées, et qu’à la dernière un de leurs camarades avoit esté tué et mangé par es Sauvages, qui sont anthropophages. Cette nation se nomme Atakapas.

de Boisquand il estoit son roisines €t ‘elles peuseize mille » destruire u lieu que s contre les ,nous avons Chactas, qui proche de la après qu'on , et on retint le langage de

cois, des trois ë de la Madede ce costé-là.

de cent lieues s qu'ils avoient ades avoit esté thropophages:

RELATION DE PÉNICAUT,

DESCRIPTION DU VILLAGE DE NATCHEZ, DES MŒURS DES SAUVAGES, DE LEUR TEMPLE, DE LEUR RELIGION, DES OBSÈQUES DE LEURS NOBLES ET DE LEURS DANSES. ARRIVÉE DU VAISSEAU NOMMÉ LE PÉLICAN

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