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RELATION DE PÉNICAUT,. 513
à remonter leur canot jusqu'aux Illinois, parce que le courant du Mississipy cstoit dans ce tems-là très-rapide. Ils furent ensemble jusqu’au petit gouffre, où, le soir, les Natchez, voyant les quatre François endormis, les assassinèrent, et, après les avoir deshabillez, les jetèrent dans la rivière. Ils redescendirent ensuite, la nuit, aux Natchez, où ils partagèrent les marchandises qui estoient dans le canot et qu'ils emportèrent dans leurs cabanes.
J'estois #1ors aux Natchez, et quelques précautions qu’ils eussent prises, je ne laissay pas que de m'en apercevoir, ayant veu chez zux des marchandises que ces François avoient apportées dans leur canot. Je le dis au jeune M. de La Loire, avec qui son frère m'avoit laissé pour la garde des marchandises qui estoient dans le magazin des François aux Natchez; mais nous ne fismes pas semblant de nous en estre aperceus. Peu de temps après M. de La Loire, l'aisné, arriva de la Mobile avec trois canots chargés de marchandises et quatorze François. Il y avoit aussi un oflicier, nommé M. de Varennes, qui faisoit monter aux Illinois des marchandises pour son compte. M. de La Loire, avant de partir de la Mobile, avoit eu ordre de M. de Lamothe de monter aux Illinois pour leur rendre les marchandises, qu’ils luy avoient prestées pour payer les Sauvages, qui avoient esté à la découverte des mires. M. de La Loire resta quinze jours aux Natchez pour y prendre des vivres pour son monde. Pendant qu'il y fut, les Natchez tinrent plusieurs fois conseil pour nous tucr; mais, quoyque nous n'en sceussions rien alors, nous nous tenions tousjours bien sur nos gardes, à cause que nous avions appris l'assassinat des quatre François dont nous faisions
semblant d'ignorer la mort.
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Nous demandasmes 4% grand chef des Natchezhuithomines, en payant, POUT partir avec nous dans deux jours: 11 les fit avertir sur le champ:
Avant de partir: M. de La Loire eut bien de la peine à faire consentir son jeune frère à rester pour ja garde du magasin des marchandises de la Compagnie, Parce qu’il voyoit le danger évident qu'il couroit et qui auroit encore esté plus grand que nous ne pensions, Dieu ne nous eust pas pro- | tégez. Après avoir embrassé ce jeune homme, nous le laispo sasmes aux Natchez, fort chagrin de ce que nous estions obligez de le quitter ainsy, et nous partismes avec les huit Sauvages , que je Grand Chef nous avoit donnés pour nous aider à ramer en montant le fleuve. Quand nous fusmes en barquez, CC traistre de Grand Chef dit à ces Sauvages» fort haut et en ñnosire présence, de faire ce que nous Jeur disions, et que si nous trouvions sur Je bord du fleuve des gens
qui nous fissent signe d'aller à eux: de n'y pas aller, de