‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 224 sur 304 · ARE · texte numérisé non relu

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- peur qu'ils ne nous voulussent faire de la peine ou atrenter à nostre vie.

Le soir de la première journée que nous estions partis des Natchez pour monter aux Illinois et que nOUS estions campez au bord du fleuve, Un des huit Sauvages vint s'asseoir auprès de moy; et, m'ayant demandé une pipe pour fumer, que je luy donnay, il Mme dit tout bas, en sorte qu'iln y avoit que moy qui l'entendisse : Où pensés-vous aller, François ?» Je luy respondis : « AUX Jilinois. » Mais, après un moment de réflexion, je !uy demanday la raison Pour Jaquelle il m'avoit fait cette question: Ce Sauvage Me espondit que SON cœur

pleuroit, parce que le Jendemain nous devions estre tuez, et

que le chef, nommé Le Barbu, qui est le plus meschant des

ithommes:

rs. 11 les fit

peine à faire

du magasin

ñl voyoit le re esté plus eust pas Pro” nous le laisnous estions avec les huit és pour nous us fusmes ni” Sauvages» fort us leur disions, fleuve des gens y pas aller, de eine ou attenter

stions partis des sestions Campez int s'asseoir aupour fumer; que u'il n'y avoit que

laquelle il m'avoit

hdit que son CŒUT

jons estre tuezZ, et

lus meschant des

RELATION DE PÉNICAUT. 515

chefs des Natchez, nous attendoit au Petit Gouffre avec cent cinquante hommes pour nous casser la teste. Ce discours ne me surprit pas, parce qu'un de leurs petits chefs, de mes amis, m'en avoit desjà “dverti avant de sortir de leur village, quoiqu'il ne l'eust pas dit si clairement. J'en avois desjà parlé à M. de La Loire; mais nous n'avions pas ajouté assez de foy à ce premier avertissement pour nous faire interrompre nostre v-""”""; ce second avis nous obligea d’v faire plus d'attention. Nous tinsmes conseil entre nous, et ensuite nous appelasmes lez huit Sauvages des Natchez qui nous conduisoient, à qui nous promismes un présent considérable, s'ils nous vouioient dire la vérité, avec promesse de ne déclarer jamais que ce seroient eux qui nous auroient avertis. Tous les huit Sauvages nous déclarèrent ouvertement, qu'à six lieues plus haut, au bord, sur la gauche, où les canots sont obligez de passer à raz de terre, à cause d'un gouffre fort rapide qui tourbillonne au milieu du fleuve, cent cinquante Natchez armés de fusils, à la teste desquels estoit le Barbu, nous y attendoient et que nous ne pouvions pas manquer de périr, quand nous serions six fois plus de monde. Cet aveu de hrit personnes, qui nous assurèrent tous la mesme chose, nous obligea de relascher.

M. de La Loire, l'aisné, estoit surtout fort embarrassé pour pouvoir retirer son frère, qui estoit resté dans le village des Natchez, à la garde du magazin des marchandises de la Compagnie. Il m'en parla en me paroissant fort triste. Je luy dis que, s’il vouloit me le permettre, j'irois, moy seul, le chercher, et que je le ramènerois avec moy ou que j'y périrois. Après avoir pris nos mesures là-dessus, nous partismes à trois

heures après-midy, pour arriver au desbarquement du vil-

afin

une heure devant le soleil couchant ; qu'il estoit esloigné

Ilage, parce Quand nous } fusmes arrivés, uer et de n

lage des Natchez, jler de jour au vi ç d’une lieue.

point desbarq

et que, Si je ne revenois P j'estois mort, q auroient alors qu'à

usil, ma poire à poudre ct mon

pour prendre mon chemin duire jusqu'au bord de it que, Si JC luy noistroit

de pouvoir à du bord du fleuv nos gens de ne

attendre

ils pou-

DR | je dis à

jusqu'à minuit, as alors, voient compter due — Je pris mon f e sortis du canot re vint me con urant, et ME d e seul qui recon auroit Une

w'ils n°

S'en aller.

sac à balles, et ] age. M. de La Loi mbrassa en ple

inc seroit Pas | te Sa famille m'en

autre chos e, Dieu aydant, je

au vill

il m'e

la prairie; s son frères ice çt que tou ne luy respondis { du jour, et qu

ramenoi and serv

un si gr e, sinon de

obligation infinie. Je qu'au poin je pourrois.

eu de la prairies a la veue du village.

,qui m'aperçurent de loin, cou-

de La Loire, c'est ainsy qu'on

m'attendre jus

ferois tout ce que

Quand je fus au mili ages Natchez

hevalier

S quelques sauv rurent dire à M.lec

l'appeloit , qu'il venoit un Fr reconnu de loin. — Aussitost CE je ayant reconnus il courut au

1, en me demandant le sujet d Je moment, que j'estois tombé m priay d'envoyer chercher le

rès. Je luy dis qu'il ÿ

Ar

je m’avoient pas

int voir qui

ançois, Car ils 1 une homme V devant de moy: Et

c'estoits Ets mn e mon retour.

alade, et,

se jeta à Mon co

Je luy dis dans ans sa cabane, je Le { un moment ap &s malades dan ‘ons relasché jusqu’ ain trente hommes de la Com-

quand je fus d Grand Chef qui vin avoit Six François de tomb oit esté cause et qu'il nous f 4 marchandises d

s nos canots, ce au des-

que nous av alloit le lendem ans le magazin

qui av barquement; pour apporter n0

à son village.

| pagnie

ant, afin it esloigné es arrivés:

m’attendre s, ils pout alors qu'à dre ct mon non chemin u’au bord de que, Si je luy econnoistroit n auroit une jose, sinon de

jeu aydant, 1°

ue du village:

de loin, cour est ainsy qu'on

: m'avoient pas je vint voir qui yant de moy; €t [de mon retour:

mbé malade, et voyer chercher le e luy dis qu'il ÿ $ nos canots, CE ché jusqu'au des-

ain trente hommes

agazin de la Com-

RELATION DE PÉNICAUT. 5t7

Il me respondit qu’il les alloit faire averür et que nous avions bien fait d'avoir descendu, parce que les Sauvages des Yasoux ne valoient rien et qu'ils nous auroient pu attendre sur le chemin pour nous casser la teste. Je le remerciay, en luy disant qu'il avoit raison, quoyque je connusse bien toute sa trahison. Quand il fut party, je dis au chevalier de La Loire qu'il falloit penser à s'eschapper, quoyque nous fussions gardez par trois Sauvages, qui couchoient dans la cabane où nous couchions. Depuis que je luy eus dit cela, ce jeune homme devint fort inquiet, et il me demandoit à tout moment si nous pourrions nous sauver. Je luy dis, pour le rassurer, qu’il n’avoit qu'à me laisser faire, et que nous nous sauverions certainement. Nous nous préparasmes pour cela, et je luy fis charger son fusil à costé de son chevet, afin qu'il

n'eust pas de peine à le trouver. Quand je vis que les trois Sauvages, qui estoient couchez dans nostre cabane, estoient endormis, il me prit envie de les poignarder avec ma baïonnette; mais ce jeune homme me retint, ne le voulant pas absolument, de peur, disoit-il, que cela ne fist du bruit et n’esveillast les autres Sauvages qui estoient alors tous endormis. — Je pris donc ce tems-là pour le faire partir avec moy, ct après que j’eus doucement ouvert la porte, je luy dis de prendre le chemin du desbarquement par la prairie. Quand je vis qu’il pouvoit bien estre à un quart de licue d'avance, je fermay la porte de la cabane à double tour, en dehors, où j'enfermay les trois Sauvages. Je jetay la clef dans un tas d’ordures, et je me mis à courir après luy, mon fusil à la main; je le joignis au bout du bois où je luy avois dit de m'attendre. D’abord qu'il me vit, il me demanda si les Sauvages ne s’estoient pas esveillez. « Ils dorment tous d’un pro-

fond sommeil, luy dis-je ; c'est pourquoy nous pouvons marcher à présent en seureté. » Nous courusmes cependant encore près d’un quart de lieue de suite, tant nous désirions d’estre arrivez au desbarquement. Il faisoit de temps en temps clair de lune, et le chevalier de La Loire destournoit alors la teste pour voir si personne ne venoit après nous. Enfin, grâce au Seigneur, nous arrivasmes au bout de la prairie, qui est fort proche le desbarquement, où nous trouvasmes M. de La Loire, l’aisné, qui nous y attendoit avec une autre personne, qui estoit en sentinelle à nous attendre avec luy. Après nous estre fort embrassés, nous montasmes dans nos canots, ct nous fismes mettre pied à .«erre aux huit Sauvages. M. de La Loire les récompensa tous les huit et fit un présent plus considérable à celuy qui m’avoit averti le premier. Comme nous partions, ils nous demandèrent où ncus allions, nous leur respondismes que nous allions à la Mobile et qu'ils nous reverroient dans peu de tems.

Aussitost que nous fusmes partis, les huit Sauvages que nous avions laissés sur le bord du fleuve s’en allèrent chez eux, aux Natchez, avertir le Grand Chef du départ des François. Tout le village aussitost en fust alarmé; mais le Grand Chef dit absolument que cela ne se pouvoit pas, et que le chevalier de La Loire, ainsi que Pénicaut, estoieut couchés dans leur cabane avec trois Sauvages; mais les huit Sauvages luy dirent derechef qu’ils estoient partis avec les autres François. Le Grand Chef se leva promptement et alla frapper, comme un enragé, à la porte de la cabane du chevalier de La Loire, et entendant dire aux Sauvages, qui estoient dedans, qu'ils ne pouvoient pas ouvrir et qu'ils n’avoient pas la clef, il courut au lit du chevalier de La

rons marant encore ons d’estre aps clair de rs la teste n, grâce au qui est fort M. de La c personne, Après nous ; canots, €t $. M. de La nt plus con- Lomme nous 1, Nous leur

qu'ils nous

sauvages que allèrent chez Lu départ des armé; mais le oit pas, 2t que stoieut couchés les huit Saujartis avec les romptement ct ke la cabane du . Sauvages, qui ouvrir et qu'ils chevalier de La

RELATION DE PÉNICAUT. 519

Loire, où, ne nous ayant pas trouvés, il fit fort maltraiter les trois Sauvages, à qui il avoit donné ordre de nous garder. Ils s’excusèrent en disant qu’il falloit que nous fussions des sorciers, et qu'ils n'avoient point entendu le moindre bruit. Il s'empara de toutes les marchandises du magazin et des hardes, qui estoient restées à la cabane du chevalier de La Loire.

Pour nous, nous arrivasmes à dix heures du matin vis-àvis le village des Tonicas, où nous mismes pied à terre. Nous y trouvasmes M. Davion, prestre missionnaire, qui nous embrassa tous. Il nous dit qu'il nous croyoit morts. Ensuite il nous dit la messe pour remercier Dieu de la grâce qu'il nous avoit faite. Nous luv contasmes après la messe comment tout cela s'estoit passé, dont il remercia Dieu cent fois. Pendant que nous luy parlions, nous vismes arriver trois Natchez, qui venaient, de la part de leur grand chef, exciter le chef des Tonicas à faire tuer le missionnaire et tous les François, que nous estions dans le village, luy promettant que tous ses Sauvages de Natchez se joindroient dans

la suite avec eux pour faire la guerre aux François, ajoutant qu’il falloit bien mieux avoir affaire avec les Anglois, qui leur donnoient les marchandises à meilleur compte. Le chef des Tonicas, homme de bon sens autant qu'un Sauvage le peut

estre, mais incapable de trahison, vertu fort rare parmi les Sauvages, fut fort estonné d’un pareil discours. Il voulut d’abord luy casser la teste. Il demanda là-dessus le sentiment de M. Davion, qui ne le voulut pas permettre, luy conseillant de les renvoyer sans leur faire aucun mal, parce que M. de Lamothe en auroit peut estre esté fasché. M. Davion escrivit une lettre à M. de Lamothe sur la trahison des

&si

Natchez et leur mauvaise intention; nous luy rendismes cette lettre en arrivant à la Mobile, ce dont M. de Lamothe fut fort surpris.

Il résolut d’en tirer vengeance le plus tost qu’il pourroit, et, pour ce sujet, il ordonna à M. de Bienville, pour lors licutenant du Roy de la Mobile, de prendre cinquante soldats et autant d'habitans françois, au nombre desquels je fus, pour aller avec luy et M. Pailloux, major des troupes; M. de Richebourg, capitaine de compagnie; M. de Tissené, et MM. de La Loire, les deux frères, pour ofliciers, avec les provisions nécessaires et des vivres pour trois mois. Nous partismes après en avoir chargé plusieurs canots.

Nous montasmes le Mississipy jusqu’au portage de la Croix des Tonicas, où nous trouvasmes une lettre, enveloppée dans un petit sac de toile, qui pendoit à la branche d’un arbre sur le bord du Mississipy; cet arbre s'avancçoit assez dans le fleuve pour estre apercu, avec cette inscription en gros caractères, attachée au sac où estoit la lettre : « Au premier François qui passera.» C'estoit M. Davion, ce prestre, qui l'y avoit mise. Nous prismes ce sac, que nous portasmes à M. de Bienville; il ouvrit la lettre, dans laquelle il estoit marqué qu’un François, nommé Richard, avoit esté pris depuis huit jours par les Natchez en descendant des Illinois, et qu'après luy avoir pris ses marchandises, ils l’avoient amené à leur village, où ils luy avoient coupé les pieds et les mains et l'avoient jeté ensuite dans un bourbier. M. de Bienville, à la lecture de cette lettre, connut que la chose estoit plus sérieuse qu'il ne l’avoit crue. Il l'avoit auparavant méprisée et regardée comme une bagatelle, nous accusant d’avoir eu peur;

mais, en lisant cette lettre, je crois qu’il eut véritablement

ismes cette amothe fut

pourroit, Et,

r lors licute-

te soldats et

je fus, pour

apes; M. de

, Tissené, et

iers, avec Îles

$ mois. Nous

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RELATION DE PÉNICAUT,. 521

peur luy-mesme; car il changea le dessein qu'il avoit d’aller droit aux Natchez, et nous fit mettre pied à terre à la Croix du Portage des Tonicas ; c’estoit sur les trois heures après-midy. Il fittirer vingt-cinq coups de boëtes et de pierriers, que nous avions apportez avec nous pour donner connaissance à M. Davion de nostre arrivée. Le vent, qui estoit contraire, empescha qu'on ne | entendist. La nuit estant close, on en tira encore autant. Nous passasmes la nuit en cet endroit; on posa plusieurs sentinelles en faction aux environs d’où nous estions. Le lendemain matin, à la pointe du jour, nous tirasmes encore vingt-cinq coups de boëtes. Alors les Sauvages nous entendirent et vinrent à nous pour nous servir de guides ct nous conduire à leur village, où nous fusmes camper dans une isle qui est dans le miieu de leur baye. Nous fismes un fort dans cette isle, auquel nous travaillasmes sans relasche, festes et dimanches, pour nous retrancher de crainte de quelque irruption des Natchez sur nous. C'est une nation très nombreuse et forte de plus de douze cents hommes portant les armes; or nous n’estions que cent hommes, outre quelques voyageurs qui se joignirent à nous. Quand nostre fort fut avancé, M. de Bienville ordonna à M. du Tissené d'aller avec vingt hommes aux Natchez pour parler à leur chef, à qui il dit qu'il venoit dela part de M. de Bienville, qui les attendoit à la baye des Tonicas pour qu'ils y vinssent luy parler. Il s'en revint le lendemain, après avoir receu parole d'eux qu'ils s’alloient préparer pour y descendre. Et, en effet, quelques jours après, ils vinrent au nombre de vingt-huit, entre lesquels il y avoit plusieurs chefs. Du plus loin que nous les aperceusmes, on planta cinq drapeaux dans le fort;

on fit battre tous les tambours et sonner une cloche que nous

hée en haut d'une d les avec des piquets ét des perde sorte que nous parois-

avions apportée et attac es maisons du :3 on tendit quantité de vo on detentes dans le fort, petit camp de plus

for ches en faç sions comme un

de six cents hommes, ce qui est considérable pour les Sauvages:

D'abord qu'ils furent dans le fort,

cabane de M. de Bienville. Quand ils y furent entrez; ils se mettre en devoir de chanter jeur calumet de onner à fumer, ce qu'il refusa à leur grand que cestoit leur dernier jour. En mesme d'une voix forte | demandoit,

on les conduisit à la

voulurent paix et de luy d effroy ; ils crurent temps, M. de Bienville e n'estoit point leur | estoit venu j 2ur de avoient tuez ; qu'il P commis ce meurtre o nommé la ‘Ferre Blan

S'estant levé, leur dit calumet de paix qu'i mander satisfaction des cinq avoir les Sau-

que € mais qu'i François qu’ils vages qui avoient autres, celle du chef chefs respondirent qu'il fall

Natchez pour en donner avis a it qu'ils feroient bien,

oient. On les mit tous ils n'en sortoient que

rétendoit u leurs testes, et, entre che. À cela les oit envoyer tin canotau village des u Grand Chef. M. de Bienville leur respond ou qu'autrement leurs testes en respondr une bonne garde, et s, escortez chacun de d

dans une cabane avec pour leurs be-

eux fusiliers. .

soin sché ne fut pas longtemps :

Le canot qu’ils avoient depe qui avoient esté envo e le Grand Chef avo empé dans Île meurt nir pour connoistre he. Quand j'eus regä , et que c'estoit

revenir. Ceux yez rapportèrent la teste d’un homme, qu n'avoit pas du tout fr M. de Bienville me fit ve ommé la Terre Blanc espondis que ce n'esto imple des habitans d

ir fait tuer exprès, €t qui re des François.

si c'estoit La teste dun rdé cette teste, je luy r Ja teste du plus 5

it pas elle e leur village. Aussi-

qaisons du et des perous parois-

hommes, CE

nduisit à la

t entrez ils

- calumet de

à leur grand

r, En mesme une voix forte 1 demandoit, iction des cinq avoir les Sautestes, et, Entre che. À cela les otau village des .M.de Bienville autrement leurs une cabane avec

Le pour leurs be-

pas longtemps à bportèrent la tee tuer exprès, et qui rtre des François.

bistre si c'estoit la j'eus regardé cette elle, et que c'estoit jeur village. AUSSI

tost il envoya chercher le jeune chef et luy demanda avec colère s'il se moquoit de luy, adjoustant que ce n’estoit pas là la teste de la Terre Blanche, qu'il vouloit avoir celles des meurtriers qui avoient tué les François. — Le jeune chef luy respondit que lc Grand Chef, son frère, aimeroit mieux que tout le village périst plustost que de luy envoyer la teste du chef nommé la Terre Blanche, parce que c’estoit son neveu et le plus brave des chefs, qu'il eust dans tous leurs villages. Il dit ensuite que parmi les hommes venus avec luy, et qui estoient dans la cabane du tort, nous avions quatre de ceux qui estoient coupables de la mort des François. M. de Bienville ordonna qu'on les fist venir devant luy, et leur ayant de mandé la raison pour laquelle ils avoient tué les François, ils respondirent hardiment que cela n'estoit pas vray, mais ils furent démentis par six autres Sauvages, qui les accusèrent derechef tous les quatre. Aussitost M. de Bienville commanda de les lier et de les faire sortir du fort pour leur casser la teste. Son ordre fut exécuté sur le champ à coups de bastons. Parmi eux estoit le nommé le Barbu, le plus meschant de tous les petits chefs. Il avoit commis quantité de meurtres par trahison; aussi toutes les nations le redoutoient et désiroient sa mort depuis longtemps. Lorsque M. de Bienville eut appris la punition de ces quatre Sauvages, il renvoya les autres dans leurs cabanes et tint conseil avec les officiers sur ce qu’il y avoit encore à faire. Il fut résolu, par rapport à ce que les Natchez sont establis sur le bord du Mississipy, que nous avions besoin de faire la paix avec eux, qu'ils ne manquerolent pas, si on restoit en guerre, d'interrompre le commerce que nous avons avec les Illinois, et que, par cette

raison, il falloit leur accorder la paix aux conditions suivantes :

à AËsrr

(s HÉHRRDAIAEE, a

yo Qu'ils feroient un fort dans leur village, à leurs despens, dans l'endroit que M. de Bienville leur marqueroit et de la manière qu’il le voudroit, AVeC les logemens et magazins nécessaires , En dedans le fort, pour la commodité des officiers et des soldats qui y restoient;

2 Qu'ils rendroient toutes les marchandises et hardes qu'ils avoient prises, tant dans les magazins de la Compagnie que dans la cabane du chevalier de La Loire;

3o Que Île chef nommé la Terre Blanche ne paroistroit jamais dans je village des Natchez, SOUS peine de Ja vie, au cas qu'il y fust surpris:

Après que cela eut esté ainsy arresté dans Île conseil &es officiers, ils envoyèrent chercher le jeune chef avec tous Îles autres Natchez qui estoient dans la cabane, et on les conduisit dans Ja chambre de M. de Bienville, où il leur lut ces trois articles qu'on leur proposoit pour leur accorder la paix. Le jeune chef respondit, au nom de tous, qu'il acceptoit CES conditions €t qu'elles seroient fidèlement exécutées, dès qu’on Je voudroit ; tous Les autres dirent Ja mesme chnse, €t aussitost M. de Bienville les fit mettre en liberté. Le lendemain, M. Pailloux, qui estoit commandé pour aller avec eux au village des Natchez annoncer la paix au Grand Chef, demanda à M. de Bienville vingt hommes, dont je faisois partie. Je devois servir d'interprète. Nous arrivasmes at village des Natchez avec noS armes en bon estat, parce qu’il faut tous” jours SC méfier des Sauvages; qui sont fort sujets à trahir leur parole. Nous entrasimess tambour battant, le drapeau dcployé, en bon ordre, de sorte que cela avoit attiré tous Îles Sauvages de leurs autres villages, qui avoient sceu nosire

arrivée. [ls paroissoient sous fort conten$ de nous voir

eurs despens, eroit et de la magazins né-

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ses ct hardes , Ja Compagnie .

ne paroistroit ine de la vie, au

35 le conseil des nef avec tous les e, et on les conoù il leur lut ces “accorder la paix.

qu'il acceptoit CES écutées, dès qu'on ne chnse, et aussirté. Le lendemain, [er avec eux au viland Chef, demanda je faisois partie. Je au village des aut tous-

mes

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, drapeau déant, le drapei

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PÉNICAUT, 525

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