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. de Tissenct Assinais, TÉssitoches, afin à cet effet, un
rec des provi-
ler reconduire occasion pour rivière Rouge:
au village de la e Lamothe. ils rilesca, dans un arrivèrent que Lemonter estant js virent M. de ‘y reposa quinze
aus 7, luy, au vilage
RELATION DE PÉNICAUT. 539
de la rivière du Nord, avec ses parens ct les trois Espagnols qui l’avoient accompagné à la Mobile. — Ayant quitté M. de Saint-Denis aux Nassitoches après plusieurs complimens, don Juan prit son chemin pour les Assynaïs et se rendit ensuite chez luy par terre. M. de Saint-Denis, luy, resta trois mois au fort des Nassitoches. Depuis le départ de l'oncle de sa femme, il estoit fort chagrin de ne l’avoir pas pu accompagner jusque chez son beau-père pour y avoir le plaisir d'y voir dona Maria, mais il avoit craint que le capitaine de cavalcrie espagnole qui estoit aux Assynais ne l'arrestast. Il avoit sans doute tout le temps et la liberté d'y aller, parce que, estant oflicier volontaire, sans estre obligé à aucun commandement ni à aucun employ, il n'en faisoit qu’en raison de sa bonne volonté. Toutefois, malgré la liberté et l'envie extrême qu'il avoit de revoir sa femme, il considéroit qu'à tenter une seconde fois d'entrer dans le Mexique, où il avoit desja csté arresté, il s'exposcroit beaucoup, quand mesme il auroit un second passeport du gouverneur général de la Louisiane, puisque le prétexte du commerce n'auroit plus esté receu pour une excuse, d'autant plus que le Vice- Roy luy avoit déclaré à luy-mesme qu'il ne le permettroit jamais, qu'il n'en eust auparavant receu un ordre du Roy d'Espagne.
Il resvoit un jour profondément dans un petit bois, situé à la pointe de l’isle des Nassitoches, sur le bord de la rivière Rouge, où il avoit coustume de s'aller promener souvent seul, lorsque Jalot, son valet de chambre, qui s'amusoit à cucillir des fraises dans ce petit bois, ayant aperceu de loin son maistre près de cette rivière, après l'avoir longtemps con-
sidéré derrière un buisson, où il estoit, et ayant connu le cha-
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grin de M. de Saint-Denis, luy porta, pour Ie distraire, les fraises qu'il avoit amassées dans un petit panier.
M. de Saint-Denis luy ayant demandé où il les avoit trouvées, Jalot le luy dit, et il ajouta que, dans le Mexique, il v en avoit de meilleures que celles qu'il luy offroit. « Je le croy bien, luy dit M. de Saint-Denis, puisque le pays est plus chaud, le fruit en doit estre meilleur. Aussy, je te diray, Jalot, que j'ay une envie extresme de passer au travers de ces bois, non pas pour ce fruit, mais pour aller voir ma femme et son fruit qui est le mien. Dona Maria estoit enceinte, quand je la quittay pour aller à la Mobile avec don Juan, son oncle. Quoique le señor dor juan soit party, il y a plus de trois mois, je ne reçois point de nouvelles de ma femme ny de don Pedro, mon beau-père, à qui j'avois envoyé des lettres par don Juan, et je suis si chagrin que je suis résolu d'aller voir dona Maria, quand je devrois y perdre la vie, plustost que de languir icy comme je le fais. — Pourquoy vous troubler cet vous inquiéter si longtemps? luy dit Jalot, Ce voyage n'est ny diflicile ny si dangereux que vous vous l’imaginez.
Je sçais tous les chemins à travers les bois pour vous con-
| duire jusque dans la maison de don Pedro, sans que nous soyons jamais aperceus de personne. — Tu n’y penses pas, luy dit M. de Saint-Denis. Y a-t-il quelque apparence de pouvoir faire un chemin de près de douze cents lieues, sans que nous soyons descouverts? — Je le sçay si bien, luy dit Jalot, que j'ay fait ce chemin plus de quatre fois en ma vie, sans jamais avoir eu aucune mauvaise rencontre, et si vous le souhaitez, ajouta Jalot, nous irons, sous prétexte de la chasse, dans un canot jusques à quatre lieues d’icy, en remontant la rivière en un endroit où nous mettrons pied à