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Sur la fin du mois d’aoust, l'entrée du port de l’isle Dauphine fut bouchée par un amas prodigieux de sable, qu'une tempeste épouvantable y rassembla', ce fut cause qu'aucun vaisseau n'y à jamais pu entrer. [l fut noyé dans cette isle, par les vagues de la mer, quantité de bestiaux. MM. de l'Espinay et de Bienville, voyant que les vaisseaux qui viendroient dorénavant de France ne pourroienc plus mouiller que sur la rade de l’isle aux Vaisseaux où il y a un bon mouillage, résolurent de faire bastir un fort sur la terre ferme, vis-à-vis de cette re de qui n'en est #sloignée que de cinq lieues, et couverte à l'est de l’isle aux Vaisseaux dont elle n’est esloignée que d’un quart de lieue, et à l’ouest de l'isle aux Chats d'une demi-lieue. La place que l’on choisit sur la terre ferme pour y bastir un fort, est à une lieue à l'ouest de l’ancien Biloxy, en avançant vers la pointe de la bayce, en face de la rade aux
Vaisseaux. L'on commença sur la fin de cette année à le bastir ; il fut nommé le Nouveau Biloxi.
Dans ce mesme temps, arriva à la rade de l’isle Dauphine
PS; P la flûte nommée la Dauphine, commandée par le capitaine , Bellanger ?. [l avoit amené beaucoup d'ouvriers, entre autres
1. 11 est remarquable que le Paon, qui avoit entré dans le port de l’isle Dauphine, avoit trouvé dans le chenal vingt et un pieds d'eau, que deux jours après il s’y trouva enfermé: de façon que, la passe s'estant bouchée tout à fait, l'on fut obligé de le décharger et de le faire sortir par le chenal de l’isle au Grand-Gosier, où il n'y a que dix pieds d'eau, Cet événement fut d'autant plus singulier que depuis 1609, que M. d'Iberville en avoit fait la découverte, 1l n'y estoit arrivé aucun changement, Journal historique concernant l'establissement de la Louisiane, tiré des Mémoires originaux, par le chevalier de Beaurain, géographe du Roy.)
2. Dans le mois d'Aoust de la mesme année, il se forma en France une Compagnie dé commerce sous le nom d'Occident, dont l'édit fut enregistré le 6 septembre, Il y avoit pour lors dans la colonie sept cents personnes et quatre cents bestes à cornes, mais l'on avoit toujours négligé la cuiture des terres, la garnison et les habitans ne s'attachant qu'à la traite des vivres des Sauvages et au commerce avec les Espagnols de Pensacola qui donnoit tous les ans 12,000 piastres, ce qui avoit
esté très préjudiciable à l'établissement du pays, et aux veues que l'on s'estoit proposées de former des habitations sur les bords du Mississipi, (Journal histo-
le l’isle Dausable, qu'une use qu'aucun cette isle, par
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RELATION DE PÉNICAUT. 940
des charpentiers, où il y avoit aussy beaucoup de faux saulniers. On débarqua ces gens-là dans des chaloupes, et on les conduisit au nouveau fort du Biloxi pour y travailler et y faire des casernes et des maisons pour les habitans et les soldats de l'isle Dauphine. On y fit pareillement des magazins pour y mettre les marchandises qui viendroient dorénavant de France.
M. de Bicenville, ayant dit à M. de l'Espinay que la dernière fois qu'il estoit descendu des Natchez il avoit remarqué une place très-propre pour y bastir une habitation, sur le bord du Mississipy, à trente lieues depuis l'embouchure du fleuve, en montant à la droite du fleuve, dès que le fort du Nouveau Biloxi fut fini, M. de l'Espinay y envoya, aû commencement de l'hyver, les quatre-vingts faux saulniers et beaucoup de charpentiers ! avec M. de Bienville pour leur montrer la place qu'il avoit remarquée sur le bord du Mississipy, pour y faire bastir ce nouvel établissement. Il donna ordre en mesme tems à M. Blondel, capitaine, d'aller aux Natchez relever M. Pailloux pour le faire descendre à la Nouvelle-Orléans y joindre M. de Bienville ct en tracer le plan; mais on y fit cette année quelques logemens et deux grands magazins pour y mettre les munitions de guerre et de bouche que M. de l'Espinay y envoya.
rique concernant l'établissement de la Louisiane, tiré des Mémoires originaux, par le chevalier de Beaurain, géograrhe ordinaire du Roy.)
1. Février 1718. Dans ce temps-là, M, de Bienville fut chercher un lieu convenable sur les bords du Mississipi pour v fixer le comptoir principal, Il choisit celuy auquel on a donné depuis le nom de la Nouvelle-Orléans, à trente lieues de la mer, dans ie fleuve, par rapport à la communication du lac de Pontchartrain par le ruisseau Saint-Jean. 1 v laissa cinquante personnes, tant charpentiers que forçats, pour dessécher le terrain et y construire quelques logemens. (Journal historique concernant l'establissement de la Louisiane, tiré des Mémoires originaux par le chevalier de Beaurain, géographe ordinaire du Roy.)
Il arriva, sur la fin de cette année, à la rade aux Vaisseaux un petit bâtiment nommé le Neptune, qui apporta beaucoup de marchandises et de munitions, avec plusieurs soldats. Ce petit vaisseau resta toujours à la Louisiane; il servit dans les
; années suivantes à transporter les vivres nécessaires pour les ouvriers, qui travailloient à la construction de la Nouvelle- Orléans.
M. de Bicnville escrivit quelques jours après à M. de Chateaugué, son frère, qui estoit commandant à la Mobile, d’envoyer un détachement au fort que nous avions aux Alibamons, avec des munitions de guerre et de bouche. Il escrivit aussy à M. de La Tour, qui estoit commandant du fort, une lettre par laquelle il luy marquoit de s'entretenir en bonne union avec les Sauvages des Alibamons et des Canapouces.