ANE
sur les mesmes Hubert. I1 céda ables.
ur de cette relaux, dont il perdit érir dans le pays; eur général de la incipaux officiers.
e guérir. Il partit rées, le 3° octobre ; sa femme et Ses \ Paris, sans avoir ntes opérations fort ésenter un placet à d'obtenir une pende service, en qua our le Roy dans ce tous les principaux e comte de Surgère, iron, inspecteur gééral de la province,
jitaine et gouverneur
mention dans sa resaire non seulement s canots, Ceux qui onvois, mais Mesme andes et réponses des angues. Il a remonté
n embouchure, où il
RELATION DE PÉNICAUT. 585
tombe à la mer, jusqu’au saut de Saint-Antoine, qui en est éloigné de neuf cents lieues. Il a esté de mesme fort avant dans les rivières qui tombent dans le fleuve du Mississipy, à droite et à gauche de ses bords, ayant visité presque toutes les nations des deux costés de ce fleuve, esloignées de plus de soixante lieues des bords tant du costé du Canada que de la Caroline.
Quoique les remèdes des médecins oculistes ne luy ayent pas rendu la vue, il est toujours dans le dessein de s’en retourner à la Louisiane, où est sa femme, après qu'il aura présenté à Son Altesse Royale Mgr le duc d'Orléans un autre placet pour que Son Altesse ait la bonté de luy faire accorder une gratification par la Compagnie des Indes, à qui M. le comte de Toulouze l'a renvoyé, Sa Majesté ayant cédé le commerce de la Louisiane en 17109 à la Compagnie, qu'il a servie continuellement jusqu'au tems qu'il perdit la veue, en 1721.
Tout ce qu'il a rapporté dans sa relation est très-véritable, soit des guerres contre les Sauvages dont il a esté tesmoin oculaire, soit de l'étendue du païs et du cours du Mississipy et de la fertilité de ses bords. [l avoue que, si l'on avoit défriché la trop grande quantité d'arbres dont le pays est rempli, la Louisiane seroit un paradis terrestre par les labourages qu'on y feroit, le bled y venant beaucoup plus gros qu’en France. Il y a aussi dans ce pays une abondance prodigieuse de gibier et de poisson de toute sorte, des fruits en quantité et d’un meilleur goust que ceux de France, le climat
y estant tant soit peu plus chaud.
Ceux qui liront avec attention cette relation remarqueront qu’il semble que Dieu veuille que ce pays soit habité par les
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François pour y faire croistre à sa gloire la religion catholique, et en mesme tems establir un second empire françois, à la gloire de Sa Majesté Très - Chrétienne. Il paroist visiblement que Dieu est, pour ainsy dire, las de la cruauté inouie que les Sauvages y exercent les uns contre les autres et qu’il veut leur donner des dominateurs pour en arrester le cours. Il est estonnant, en effet, qu’une poignée de monde, telle que celle qu’avoient amenée M. d’Iberville et M. le comte de Surgère se soit establie parmy des nations innombrables des plus farouches Sauvages, et que des gens qu’ils n’avoient jamais veus, dont les mœurs, la religion et le langage sont bien différens, ayent cependant trouvé le moyen de se maintenir en paix avec eux, de les commander, et les engager mesme à aller en guerre contre les autres Sauvages, leurs parens et alliez, qui ont osé déclarer la guerre aux François depuis vingt-cinq années consécutives qu’on a commencé et continué cet establissement dans ce pays.
Qui ne reconnoistra là-dedans la main du Créateur ? Aussy finirai-je ma relation par ces paroles du Prophète :
Béni soit le Seigneur nostre Dieu qui fait luy seul les plus grandes merveilles. Que son nom soit béni à jamais et que toute la terre soit remplie de la connoissance de sa majesté divine. Ainsy soit-il.
Benedictus Dominus Deus noster qui facit mirabilia solus, et benedictum nomen majestatis ejus in æternum, et reple-
bitur majestate ejus omnis terra. Fiat, fiat.
ISTANE.
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