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de faire prendre, et qu'il observe aussy la hauteur des bords du fleuve et tout ce qu’il y aura de plus remarquable.
Nous ignorons l'endroit que l’on choisira pour l'établissement de la Nouvelle-Orléans ; mais comme ledit sieur P2rrier entrera dans le conseil qui se tiendra sur cela, il est nécessaire de luy expliquer la principale attention que l'on doit faire dans le choix du terrain. Il s'agit principalement de se mettre dans l'endroit le plus commode pour la communication avec la Mobile, soit par mer, soit par le lac Pontchartrain, le moins en danger d’estre inondé dans les débordemens et, autant qu'il sera possible, près des meilleures terres à cultiver.
Ces différentes considérations nous font penser, autant que nous en pouvons juger sur les relations que nous en avons, que l'endroit le plus convenable est sur le ruisseau de Manchac, sopuyant l'enceinte de la ville sur le bord du fleuve et sur le bord du ruisseau. Il s’agit, avant de se déterminer sur aucun endroit, d'examiner celuy-là et de voir si le terrain est convenable. Supposant qu'il le soit, nous y trouverions la Nouvelle-Orléans mieux placée qu'ailleurs, par la commodité de la communication avec la Mobile par le ruisseau, qu'on prétend pouvoir rendre navigable en tout temps avec peu de dépense, et parce qu'il sera aussy très à portée de l'entrée de
la rivière Rouge et de la communication avec les habitations qui se forment aux Yasous, d’où nous attendons la première culture du froment (peut-estre mesme qu'il viendra bien aussy par la suite dans cet endroit), et enfin parce que, plus on est avancé dans les terres, plus la subsistance par la
chasse est abondante, et plus on doit compter sur la bonté de l'air.
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La seule difficuité qui reste à lever, pour détzrminer la Nouvelle-Orléans sur le ruisseau du Manchac, supposant le terrain convenable, c'est 1 éloignement de la mer, en estant à soixante-cinq lieues. Si cependant les vaisseaux peuvent monter jusques-là et qu’il ne s'agisse que de quelques jours de plus ou de moins, ce ne doit pas estre un obstacle qui balance les autres avantages. parce qu'il ne vient pas tous les jours des vaisseaux, et qu’on jouit de: autres commodités toute l’année. Mais, en mesme temps, il y aura une autre attention à avoir qui sera, en remontant le fleuve, de choisir l'endroit le plus convenable, comme pourroit estre le Détour à l'Anglois, pour établir un poste avec une batterie dans un petii fort, qui puisse empescher les vaisseaux ennemis de remonter le fleuve.
Il a esté dit cy-dessus que l’on a chargé seize pièces de canon dans la flûte la Marie, avec leurs affûts, armes et boulets, dont quatorze pièces de 8 livres de balles et deux de 6; on pourroit en placer douze de 8 dans ce poste avancé et n’en conserver que deux de 8 et deux de 6 pour la Nouvelle-Orléans, où elles seront bien moins nécessaires.
Le sieur La Palice, enseigne réformé, qui a servy sep: ans dans le compagnie de canonniers de Torigny et qui entend le service de l'artillerie, pourroit estre propre pour ce poste sous un autre officier ; nous en écrivons à MM. les Directeurs généraux.
Lorsqu'on se sera déterminé sur le terrain, où on placera la Nouvelle-Orléans, nous pensons qu’il faut que ledit sieu Perrier commence par marquer l'enceinte d’un fort qui puisse par la suite, devenir une citadelle, qu'il faudra simplemen
renfermer d’abord de pieux à la manière du pays, et, dan
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l'enceinte de ce fort, placer les magasins de la Compagnie ct les logemens des Directeurs généraux, des officiers majors, officiers et soldats qui composent la garnison de la Nouvelle- Orléans ; après quoy ledit sieur Perrier marquera l'enceinte de la ville et les alignemens des rues, avec les divisions des terrains convenables à chaque habitant dans l'enceinte de la ville, saufà MM. les Directeurs généraux à leur donner des terres au dehors à portée d’estre cultivées.
La construction des magasins est ce qu'il y aura de plus pressé, dès que l’on aura baraqué pour les hommes; nous ne pouvons rien prescrire sur leur étendue et sur la manière de les construire — cela doitestre réglé par MM. les Directeurs généraux avec M. Perrier. — Nous luy ferons seulement observer qu'il doit avoir attention, pendant le séjour qu'il fera à l'isle Dauphine et à la Mobile, de rassembler autant qu'il trouvera de planches, bordages et bois d’équarrissage, pour pouvoir s’en servir en arrivant à la Nouvelle-Orléans.
Il est question de commencer par mettre à couvert les hommes, les marchandises, le mieux qu’on pourra; mais cela n’empesche pas que ledit sieur Perrier ne doive songer en mesme temps aux moyens le” plus convenables pour se procurer des matériaux, avec lesquels on puisse faire des bâtimens plus solides. Pour cet effet, il doit establir le plus tost
qu'il luy sera possible la fabrique de la brique, si les terres de la Nouvelle-Orléans ou des endroits à portée se trouvent propres à cela, soit en y employant ceux des soldats ou faux sauniers qui sçauront la faire, soit par un briquetier que nous envoyerons par les premiers vaisseaux, si nous ne pouvons pas en trouver pour partir avec luy. Pour cet effet, nous envoyons
de la brique dans les trois vaisseaux avec lesquels il passe,
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6oS POSTES ET NAVIGATION SUR LE MISSISSIPI,
qu'il doit avoir attention de faire conserver soigneusement pour faire le premier fourneau.
Après qu’il se sera débarrassé des premiers soins, il est nécessaire qu’il aille luy-mesme chercher, dans les envirans de la Nouvelle-Orléans, les endroits où on pourra trouver de la pierre, tant pour basiir que pour faire de la chaux, n’estant pas impossible qu’on en trouve. Il faut particulièrement s'attacher à en trouver sur les bords des rivières en remontant, pour que le transport en coûte moins, et le plus tost que l'on pourra bastir en pierre ou en brique sera le mieux.
Au surplus, nous recommandons à M. Perrier de nous escrire par toutes les occasions et de nous mander tout ce qu'il pensera sur ce qu’on peut faire dans la Colonie pour son establissement ; et pour que nous sachions plus régulièrement ce qu'il aura fait en exécution de la présente instruction, nous luy recommandons de nous en informer en marge de chaque article de la conie que nous luy remettrons de la présente instruction.
Fait à Paris, en l’Hostel de la Compagnie d'Occident.
le 14 avril 1718.
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