‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 274 sur 304 · NT PORTÉS D'ABORD · texte numérisé non relu

NT PORTÉS D'ABORD

pouvoir,alors, en son absence, s'échapper de leurs efforts que de s’en mettre à l'abry dans un terrain fort par la situation. LE-ORLÉANS- Mais, la paix faite, il falloit joindre cet établissement par intérim à celuy de la Nouvelle-Orléans, qui ne faisoit que languir, au lieu de le porter malicieusement au Nouveau-Biloxy,

. Hubert, en surprenant la bonne foi de MM. les ingénieurs qui n'auisiane. voient pas encore eu le temps de le parcourir. — On leur a

donc fait croire que c'estoit l'essentiel poste à établir, ce qui .cæeq

2 vil 1723. ; , 5 à : :

ris, 11 Avril 17 a reculé et causé beaucoup de dépense inutile, puisqu'on est

e ordonner le détail obligé de le porter aujourd'huy sur le fleuve Mississipy, où il u de véritables con- devoit déjà estre.

être altéré, s'il ne Ces différens changemens ont empesché les colons de prendre racine à aucun endroit. Dans l'instabilité, ils n'ont mens qu'on à faits en fait que languir et gémir de leur incertitude; c'est ce quien a La été sur le fleuve mis plusieurs dans une misère affreuse, en perdant les maimieux pensé); puis- sons qu’ils ont fait bastir dans ces différens établissemens, et te seule veue, que CE les a mis dans l'impuissance d'en former de quelque valeur. e toutes les terres par |} Ce n’est que d’aujourd'hui que quelques autres, qui ne se ‘insuffisance où plutôt |! sont pas entièrement obérés, ont commencé de cultiver, se Lau vieux Biloxy» d'où | trouvant sur un terrain qu'on avoit si mal à propos aban-

tite Rivière de la Mo- À onné.

. 3 1 . É qui y est aujourd'huy, Ces changemens, pernicieux au bien et à l'avancement, ont « q ine a |!

rès. L'isle Dauphi ° N né sur le fleuve Missis- È reste de l’éva-

trop longtemps tenu ces, habitans dans l'inaction si fatale à

cette colonie, ce qui l’a fait regarder jusqu’icy comme infruc-

tueuse et à charge à la France.

ans. Le

“ Ai

Voilà ce que produisent les gens faux et appuyez. — Ils prévalent sur les vrais amis de ceux de probité. Comme ils craignent qu'ils ne dévoilent leurs subtilitez et leurs ressorts, ils sapent par des calomnies les plus atroces ces clairvoyans, qui ont assez d’honneur pour s'opposer à leurs mauvais des-

SIN à: 26 2e 1808 ar UN

Avant de finir ce mémoire on se croit obligé de représenter un petit trait de ce qui s'est pratiqué et se pratique encore au préjudice de cette colonie et du service.

M. de La Tour, dont a cy devant parlé, ayant paru, à son arrivée en ce pays-là, comme un sujet à remplir la première place au préjudice de celui qui l'occupe, sa jalousie ou plutôt son penchant naturel et sa coutume contre les nouveaux venus, luy ont fait dresser, comme à son ordinaire, contre tous ceux qu'il a craint, ses batteries pour le faire tomber, ainsy que ceux qu’il a remplacé luy-même par le succès de ses machines et de ses souterrains, et de ses fourberies. Dans cette veue, il a donc receu le sieur de La Tour avec toutes les caresses et toutes les demonstrations d'amitié et de confiance pour le mieux faire tomber dans le piège, où il est d'autant plus volontiers entré, que les préventions de France ne l'ont pas fait balancer, ne connoissant pas ses noires allures, ayant été obsédé par luy et ses adhérens, de manière à ne pas luy laisser le temps d’estre informé par les honnestes gens qu’il avoit proscrits de prendre garde à luy, et dont précautionnément il avoit donné

de si mauvaises idées qu'elles suflisoient pour les éloigner. Il a donc commencé, en luy faisant faire de faux rapports, de le brouiller avec eux et avec les directeurs de la Compagnie des Indes. Ce feu allumé, il a fait semer dans le public par ses émissaires des bruits désavantageux dudit sieur de La Tour. Pour y

[SSIPI.

appuyez. — ls bité, Comme ils et leurs ressorts, ces clairvoyans, 1rs mauvais desobligé de repréaé et se pratique rvice.

ayant paru: à son mplir la première jalousie ou plutôt ; nouveaux venus, e, contre tous Ceux ber, ainsy que CCUX ses machines et de ette voue, il a donc aresses et toutes Îles our le mieux faire us volontiers entrés as fait balancer, né été obsédé par luy uy laisser le temps il avoit proscrits de ément il avoit donné pour les éloigner. Il faux rapports, de le de la Compagnie des e public par ses émisur de La Tour. Pour y

GOUVERNEMENT DE BIENVILLE. 645 donner de la couleur et indisposer contre luy, il luy a laissé captieusement la disposition d'ordonner.des besoins du peuple, soit en vivres ou en marchandises, afin qu’estant obligé de refuser on luy en fist un crime, pendant qu'en particulier, à ceux qui se plaignoient de sa dureté, il leur disoit que c’estoit un eflet de sa mauvaise humeur. — Le sieur Pauger, ingénieur en second, qui méritoit plus la confiance de M. de La Tour que sa disgrâce, s'en voit privé par ce manège. — Tout cela ne pouvant être un sujet à faire perdre audit sieur de La Tour le cas qu’on faisoit en France de ses services, il l’a donc éprouvé sur ses devoirs et sur sa capacité en luy faisant prendre un mauvais party sur le principal poste à établir, lequel intéressoit essentiellement le prompt établissement de cette colonie et son succès. Voicy comment il s’y est pris finement. Il a commencé par luy dire que l'établisment du Vieux-Biloxy, où on ne s'étoit réfugié que par les raisons qu'on à cy devant exposées, étoit malsain et peu utile, et qu'à unc lieue plus loin on trouveroit un terrain

spacieux ct convenable pour y bâtir une ville, une place de guerre considérable et le poste essentiel pour la défense et le

commerce de la colonie, et cela dans le temps que ce mi-

nistre d'iniquité, voyant qu'il ne pouvoit plus reculer l'éta-

blissement du fleuve Mississipi, dont on avoit envoyé des mémoires, il y a plus de quatre ans, qu'on représentera quand on l'ordonnera, écrivoit luy-même en France qu'il falloit porter l'établissement à la Nouvelle-Orléans. M. de

La Tour, plein de cette confiance, n’ayant pas encore eu le

temps de parcourir, suivit cette fausse idée, dressa son projet

et fit mettre la main à l'œuvre. Ayant depuis visité le fleuve

Mississipi, et connu sans doute le piège odieux, il ne peut

que gémir sans oser se plaindre du temps essentiel perdu et des grandes dépenses que cela a occasionné inutilement, puisqu'il a fallu l'abandonner pour s'établir sur le Mississipy.

LEBLOND DE LA TOUR S'EMBARQUE SUR L'AVENTURIER AVEC M. DE PAUGER ET FORCE LE CAPITAINE A ENTRER DANS LE MISSISSIPI. LA PASSE PLUS PROFONDE QUE L'ANNÉE PRÉCÉDENTE. PROJET D'ÉTABLISSEMENT A LA BALISE.

Page 1