‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 278 sur 304 · L\ BARKE À COULÉ JUSQU'AU-DEVANT DE LA BALISF · texte numérisé non relu

L\ BARKE À COULÉ JUSQU'AU-DEVANT DE LA BALISF

Extrait d'une lettre de M. de Pauger

au Conseil de la Compagnie des Indes.

De l'embouchure du fleuve Saint-Louis,

25 Sertwmbre 1723.

La colonie a fait aussi une perte peu réparable dans la personne de feu sieur Kerlasiou, que le Conseil, à ma sollicitat

avoit destiné pour estre pilote entretenu icy, pour y entrer et sortir les vaisseaux, estant homme tres laborieux et heureux dans ses entreprises, faisant deux voyages contre d'autres un.

connoissant les courants et les vents qui régnent en ces costes

et Surtout la manœuvre particulière qu'il convient de faire à un

vaisseau pour entrer dans ce {

cuve et en passer la ba

C de

suite, de mesme que pæur la descendre. Les plus habiles etles

plus expérimentés marins s°

trompent, nme S CST veu

de ceux de l'Aventurier et, en dernier lieu, de la Galatée qui, pour passer la barre, firent porter une petite ancre au bout d’une haussière ou touée de trois à quatre cents brasses pour enfiler le chenal à la voile; mais n'ayant mis hors que celle de devant, les vents estant un peu près, joint à un coup de gouvernail donné mal à propos la faisant trop arriver, et le courant luy tombant de biais sur le nez, cela fit abattre cette frégate et sortir du chenal. N'ayant point éventé aucune de ses voiles en arrière pour là résoudre et revenir au vent, il fallut faire passer des marchandises d’arrière en avant, ayant touché du talon, ce qui avoit fait abattre d'abord le devant et fait venir ce vaisseau en travers du courant, au lieu que, quand les vaisseaux tireront plus d’eau par devant, s'ils viennent à toucher le fond qui n’est que de vase, ils resteront toujours debout au courant, leur gouvernail en arrière estant libre, et ils attendront sans risque dans cette situation que la mer remonte, qui marque jusqu'à 3 à 4 pieds dans les nouvelles et pleines lunes, pour continuer de passer la barre, sur laquelle il reste au moins 12 pieds d'eau de mer basse, qui ne l’est que toutes les vingt-quatre heures, Mais cette frégate s'estant, à mer haute. remise à flot dans le milieu du chenal, tenue sur cette longueur excessive d'haussière de trois à quatre cents brasses, les courans luv ont fait faire une embardée, qui l'a fait retoucher de l'autre couté du chenal, qui n'a pas plu: de 5o toises de largeur en cet endroit, et cela faute d'avoir pris la précaution de mouiller line autre ancre à une dizaine de brasses pour la fixer. Enfin, cette frégate à mis plus de huit jours à faire une demy-lieue en montant pour passer la barre et près de quatorze en descendant avec des précautions

outrées et des peines à crever son équipage. C est ce qui n'ar-

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