‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 47 sur 304 · INTRODUCTION. CXLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXLVII

allait se réaliser Je veux dire la cessation de la guerre avec les Iroquois, guerre qu'il avait empéchée de naître, dès 1676, et qu’il avait été obligé de soutenir, à son retour, lorsque l'incapacité de ses adversaires, arrivés à leurs fins, avait laissé accabler le pays par ces Sauvages qui avaient tout mis à feu et à sang.

Le Chevalier de Callières, dans son trop court gouvernement, tâcha, sur ce point, d’achever l'exécution des desseins de l'homme qui, son ami autant que son chef, l'avait protégé contre de faux bruits tendant à le faire passer pour malade au point de ne pouvoir lui succéder.

Dans une de ses dernières lettres, le Comte avait écrit, le 10 Octobre 1698, qu’il était toujours très satisfait du zèle et de l’application du Commandant de Montréal, et il assurait au Ministre qu'il pouvait agir aussi bien qu’il l'avait jamais fait. Le Chevalier, il était vrai, avait été affligé d’'hydropisie, mais l'habile médecin, si dévoué et si désintéressé, Michel Sarrazin, l'en avait guéri. Seulement des gens voulaient qu'on ne le crût pas.

M. de Vaudreuil, particulièrement, songeait à la succession du Comte de Frontenac. Il était l'ami particulier et tout à fait du bord de M. de Champigny. Or, ce dernier, lors de la mort du Comte, annonçait avoir appris que M. de Callières était luimême fort incommodé. « Cela ne m'a pas surpris, écrivait-il, il l'est presque toujours. » Quelle jolie insinuation, sans avoir l'air d'y toucher! En même temps, il faisait partir, par la Nouvelle-Angleterre, un bâtiment monté par un sieur Vincelot, qui devait aller demander, en son nom, au Comte de Pontchartrain la succession du Comte. Mais le Chevalier de Callières, soupçonnant les intrigues de ses compétiteurs, envoyait, de son côté, le capitaine de ses gardes, et Le Gardeur de Courtemanche, aussitôt en France, ayant trouvé le moyen de prévenir le frère du Chevalier, le plénipotentiaire du Traité de Ryswick avait devancé Jérôme de Pontchartrain auprès du Roi, qui répondit au Ministre, lorsqu'il lui demanda le gouvernement du Canada pour M. de Vaudreuil, qu’il venait de le donner au Chevalier de Callières.

Il ne faut pas s'étonner, après ces manœuvres de M. de Champigny, si le nouveau Gouverneur que Charlevoix dit pourtant

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