SUITES DE L’ABANDON DE CATARACOUY
Extrait de la lettre du comte de Frontenac au Ministre.
30 avril 1690.
Je vous diray, Monseigneur, que les suites que j'avois préveues de l’abandonnement qu'on a fait du fort de Frontenac sont arrivées comme je vous les marquois, puisque les lettres que les Pères Jésuites, missionnaires à Missilimakinak, escrivoient au gouverneur qui devoit relever M. le marquis de Denonville, et dont ils ne sçavoient pas encore le nom, portent que les démarches basses et honteuses dont on s’est servy du costé des Iroquois ont fait connoistre aux Nations d'En Hault nostre foiblesse, l’appréhension que nous avions d’eux, et l'impuissance dans laquelle nous estions par conséquent de les secourir et de les protéger, ce qui les obligcoit à chercher les voies de s’accommoder sans nostre entremise pourne pas rester seuls exposez à leur furie et à leur cruauté. Vous verrez par la copie de celle du Père Carheil, où il y a plus de détail quedans les autres, que cesnations, quoyque sauvages, ne laissent pas de bien connoistre leurs intérests.
Dans le temps que je receus ces advis, la saison ne permettoit pas de chercher les voies de remédier à ce mal, et d'essayer de conserver le poste de Missilimakinak, lequel entraisneroit, par sa perte, la ruine totalle de nostre commerce avec les
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