RELEVER LA DURANTAYE
Extrait d'un Mémoire de ce qui s’est passé en Canada au sujel de la guerre contre les Anglois et les Iroguois durant l'année 1690, par lequel on connoist l'estat présent
du pays.
Nous eusmes advis, l’hiver dernier, par deux François que ie sieur de La Durantaye, commandant à Michilimaquina, envoya exprez sur les neiges, que les Outaouas estoient en volonté de faire la paix avec l’Iroquois sans nostre participation, ct qu'ils s’estoient donné un rendezvous pour se voir. — Estant important d'empescher ce coup, qui ne pouvoit avoir que de très facheuses suites, et causer la ruine entière de la colonie, puisque nous aurions eu ces Sauvages contre nous et perdu le commerce qu'on faisoit avec ceux, qui seroit infailliblement tombé entre les mains des
Anglois, — M. de Frontenac prit la résolution d'envoyer
au pays des Outaouas cent quarante-trois hommes sous
le commandement du sieur de Louvigny, capitaine re-
formé, ] sieur de Pour les, trouva fc les soins chez eux.
trois cana de castors traitte à ] tenac pou Paroles, q nous pouvy.
de sa part.
pelleteries « Le sieur , Party de tre hommes, e Canots iroq Pour les recd mes, essuya rèrent sur la canot. Ce co Soixante se j aller par ter trouvèrent q après plusieu d'Iroquois, il qui furent les assure qu'ils ç
Occasion, out
formé, pour soustenir le poste de Michilimaquina, relever le sieur de La Durantaye et porter des présents à ces Sauvages pour les détourner de leur dessein, et nous les conserver. Illes trouva fort biendisposez, et prests à descendre à Montréal par les soins du sieur de La Durantaye, qui est en considération chez eux. Les Outaouas et autres nations au nombre de cent trois canots partirent dès le lendemain de son arrivée, chargez de castors et autres pelleteries pour les traitter. Ils firent leur traitte à Montréal, conférèrent avec M. le comte de Frontenac pour les affaires de la guerre; ils portèrent plusieurs paroles, qui ne tendirent qu’à connoistre les dispositions où nous pouvions estre à l’égard des Iroquois, comme il feroit de sa part. — Ils luy firent présent de plusieurs paquets de pelleteries et il leur ‘it donner des armes et munitions.
Le sieur d’Hosta, capitaine reformé, qui commandoit un party de trente hommes pour escorter les cent quarante-trois hommes, envoyez aux Outaouas, fit rencontre de quatorze canots iroquois à trente lieues de Montréal. S'estant avancé pour les reconnoistre, un de nos canots, composé de dix hommes, essuya leur descharge enapprochantdeterre; huit demeurèrent sur la place, et les deux autres se sauvèrent dans leur canot. Ce coup l'obligea de relascherau grosde nos voyageurs. Soixante se joignirent avec luy et le sieur de Louvigny, pour aller par terre, où les ennemys s’estoient retirés. — Ils les trouvèrent qui venoient à eux; ils les chargèrent rudement, et, après plusieurs descharges de nos François, de quatorze canots d’Iroquois, ils en défirent dix et les quatre autres se sauvèrent qui furent les plus prompts à s’'embarquer. Le sieur d'Hosta assure qu’ils ont perdu vingt à vingt-cinq hommes dans cette
occasion, outre quatre prisonniers qu’il a amenez. v. 4