‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 90 sur 304 · PORTRAIT DES SAUVAGES · texte numérisé non relu

PORTRAIT DES SAUVAGES

Tous les Sauvages en général sont bien découplez, de belle taille, extrêmement nerveux, vigoureux ct forts, de grande fatigue. Tous ont les yeux noirs, la prunelle forte, la veüc fine, aiguë et perçante ; leurs cheveux sont gros ct noirs ; leurs dents sont très-blanches, petites et bien rangées. Ils ont le col long, le ventre plat, le pied grand ct les jambes longues ; ils n’ont point de poil au visage, ny en aucune partie du corps, et rarement voit-on parmy eux quelque boiteux ou bossu.

On peut dire sans façon que tous les Sauvages ont naturellement de l'esprit, mais comme il n’est point cultivé et qu'ils n'agissent en rien que par leur propre mouvement, ils sont restreints à sçavoir simplement ce qui se passe dans leur village et chez leurs plus proches voisins, tellement qu'ils regardent ce que les Européens leur racontent comme autant de chimères, dont l'imagination aime à se repaistre et à s'en-

tretenir. [l est aisi de remarquer qu'ils ont une idée charmante et une très-grande facilité pour le dessin, pour la peinture et pour la sculpture, et comme ils n’ont aucun usage de lettres ny d’escriture, Dieu leur a donné aussy en partage une très-heureuse mémoire.

Deux articles font la distinction des véritables hommes :

le premier c'est la guerre, le deuxième c’est la chasse, Les

meilleurs guerriers et les meilleurs chasseurs sont les plus

cstr(

s cn

chas.

bestce dent, haleir vreuil ces ar ou à f je sça cet ex jusqu de ter ours 1 devan mène chass par to cupen pre sa mesm( profit amis

de , de orte, os ct gées.

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turelqu'ils s sont ur vilils reautant às'encharà peinage de

artage

mmes :

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es plus

estimez et les plus considérez et les plus recommandables parmy eux, si bien que celuy qui possède ces deux qualitez semble estre déclaré et publié pour un chef parmy sa nation.

Si le chasseur va de pair avec le guerrier, il ne faut pointen estre surpris, car il faut scavoir que tous les Sauvages vivent, s'entretiennent et font subsister une famille au bout de leur fusil, ou pour mieux dire de leur industrie, ruse et adresse à faire tomber les bestes dans les pièges qu'ils leur tendent. Or, pour y bien réussir, il faut avoir la pratique des lieux de chasse, connoistre les passages, les retraites, l'instinct des bestes, sçavoir supporter la peine, estre patient, heureux, ardent, vif, hardy, bon coureur; il faut avoir l'œil bon et bonne haleine. [ls chassent l'orignal, le cerf, la biche, l'ours, le chevreuil, le caribou, le castor et le bœuf sauvage. [Il faut tuer ces animaux dans les bois ou dans les prairies, à la surprise ou à force de jambes. Qu'on en pense ce qu'on voudra, mais je sçais bien qu’il faut avoir le jarret souple pour continuer cet exercice. Cependant un bon chasseur tue quelques fois jusqu'à douze bestes dans un jour, et c'est un plaisir de voir de temps en temps les Miamis amener dans leur village des ours monstrueux domptez à la course, et qu'ils conduisent devant eux à coups de houssine, comme des moutons qu'on mène à la boucherie. C'est dans ces occasions que les bons chasseurs font voir leurs prouesses, et come il est vray que par tout païs ceux qui sont passionnez pour la chasse s'y occupent plustost pour leur plaisir particulier et pour leur propre satisfaction que pour le gain, le lucre ou la friandise, de mesme parmy les Sauvages les bons chasseurs sont ceux qui

profitent le moins de leur chasse. Ils festinent souvent leurs

amis ou leurs parens, ou bien ils distribuent les bestes qu'ils

Ts

PPS one MONT

ont tuées par cabanes ou par familles. Une preuve de la libéralité où de la vanité qu'ils tirent de cette profession, c’est qu'en débarquant à leur village, il est permis à ceux qui se wouvent à leur débarquement de prendre ou d'enlever toute la viande qui est dans le canot de celuy qui l’a tuée, et il ne

fait qu’en rire. Cela fait croire suffisamment qu'ils ne son-

‘gent qu'à nourrir le public, et, toute la nation se ressentant de

semblables bienfaits, elle se trouve intéressée d'applaudir à un si noble exercice, d'autant plus qu'il arrive souvent qu'un seul chasseur fait subsister plusieurs familles ensemble, qui sans SON SCCOurs, en certains temps et en certains lieux, mourroient de faim et de misère. Il ne faut donc point trouver tout à fait estrange s'ils font aussy grand cas d'un chasseur que d'un guerrier. La seule diflérence que j'y trouve, c’est que Fun est plus craint et plus redouté, et l'autre plus aimé et plus chérv.

Pour ce qui est de la guerre, tous les Sauvages ont la mesme maxime, mesme pratique, mesme mode ct mesme façon de combattre. Leurs partis où compagnies se forment de cette manière. Un chefde guerre s'abstient de manger et de boire ct jeusne quelquefois huit jours durant; il se matache et se barbouille tout le visage en noir; il parle peu, il songe et resve nuit et jour, priant l'esprit qu'il a choisi pour son protecteur ou patron de luv donner des hommes. Cet esprit, en qui il a confiance, est quelquefois un corbeau, un aigle, une loutre, un ours, un renard, et ainsi des autres animaux, mais chacun a le sien en recommandation, qui est toujours celuy qui s'est présenté à eux dans leurs songes et dans leurs veües, si bien

que, s'ils ont pendant leur sommeil quelques visions de leurs

ennemis, en certains lieux et en certains temps, et qu’enfin

leu bon Le le vi leur: pre.

mais rang que jc J'ay d que le temps c'estoi demeu parce et de fe s€z Vos scnnu y, par tou Content Il fa frères 0 de bou ct faire quitter sur Jai Jamais morts.

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on-

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un qui ouruver sseUur c’est

aimé

esme on de cette ire ct se bar-

renuit

ui s’est si bien

e leurs

leur veüe soit favorable pendant leur jeusne, ils en tirent un

bon augure et concluent qu’ils feront coup sur leurs ennemis.

Le terme de resver estant une fois fini, ils se débarbouillent

le visage, et le peinturent de rouge, de noir, de blanc, mais pour l'ordinaire c’est de rouge seulement. [ls rafraischissent leurs cheveux, ils les huilent ct se mettent enfin sur leur propre. Ils festinent ensuite la jeunesse et quelques vieillards, mais avant que de commencer à manger, le chef fait sa haranguc à peu près en ces termes : « Mes frères, il est vray que je ac suis point un homme, vous scavez néantmoins que j'ay déjà veu lennemy. Nous avons esté tuez. [ v a longtemps que les os d’un tel, nostre frère, reposent en tel lieu. [l'est temps que nous les allions voir, Maintenant vous sçavez que c'estoit un brave homme. il mérite d'estre vengé. Nous avons demeuré paisiblement sur nostre natte. Je melève aujourd'huv, parce que l'esprit qui me gouverne ma promis du bouillon et dela viande fraische. Prenez courage, jeunesse, rafraischissez vos chevelures, matachez-vous, armez vos carquois, désennuyons nos morts ; faisons retentir des chansons de guerre par tout le village, réveillons nostre frère qui a esté tué, il sera content lorsqu'il sera vengé. »

Il faut observer que les Sauvages se traitent tousjours en frères ou compagnons, ct que dans une harangue ce terme de bouillon ou de viande fraische signitie tuer des hommes ct faire des prisonniers ; se rafraischir les cheveux, veut dire quitter ie deuil; se matacher, c'est se parer et s'orner; rester sur la natte, c'est se reposer et vivre en paix. [ls ne parlent jamais de ceux qu'ils ont tuez; ils ne parlent que de leurs morts.

Le chef ayant fini sa harangue, on lui respond par un

ES 2 mette

SRE

FRERE En EE Eee

grand cry confus, pour marquer qu'on applaudit et qu'on approuve son dessein. Après quoy, ce capitaine ou quelque autre, par luy attitré, se lève dans la place, ayant le carquois en main, et chante en guerrier. Sa chanson n'est pour l’ordinaire qu’une répétition de ce qui a esté harangué. Ils chantent

- ainsi les uns après les autres, surtout ceux qui ont envie

d’estre du party de la guerre. On mange ce qui a esté préparé. Il n'y a que celuy qui festine qui ne gouste à rien, se contentant seulement de fumer quelques pipes de tabac. Dès que le repas est fini, ils battent la caisse continuellement jusqu'à ce que le party soit entièrement formé.

Le jour du départ, les guerriers s'ajustent de leur micux. Ils rougissent leurs cheveux ; ils peinturent leurs visages de rouge et de noir avec beaucoup d'art et de gentillesse, aussi bien que tout leur corps. Les uns ont des tours de teste avec des queües d'aigles ou autres oyseaux ; les autres en ont avec des dents de bestes féroces, comme loups et tigres. Plusieurs, au lieu d'un chapeau, arment leurs testes de casque avec des cornes de cerf, de chevreuil ou de bœuf. Ils ont autour d'eux leurs arcs, leurs carquois et leurs flesches. Leurs canots paroissent de diverses couleurs et sont enjolivés de figures ou des armes du capitaine sur le devant du canot. On y voit la natte de guerre, le corbeau , l'ours ou quelque autre animal, comme je l’ay desjà dit, estant l'esprit qui doit conduire cette entreprise.

Dès qu'ils sont embarquez, ils poussent leurs canots au large environ quinze ou vingt pas, et se rangent en ligne, estant fort serrez, le bout de l’un n'avançant pas plus que l'autre, à

quoy ils sont fort exacts. Le chef du party selève ensuite tout

debout dans le milieu du canot, ayant une gourde en sa

ma cou fass un € hara bien CUX , prend Le cesse blier, ils fon instant l'ennen traits.

Quoy d'estre :

n'en on Lorsa doucem, tirent po IS trace sont frai qui ont est fait, A passé, lors ils d'autres.

On di

que par :

ent vie aré.

tenue le l'a ce

icux.

CS de aussi e avec 1t avec sieurs, vec des r d'eux hots paures ou voit la anima! ,

ire cette

s au large stant fort ‘autre, à suite tout rde en sa

main, dans laquelle il y a de petites roches dedans. Il la secouc, il chante n invoquant son esprit protecteur, afin qu'il fasse un bon voyage. Les guerriers respondent à son chant par un double Ché en aspirant, et les autres chefs qui sont à terre haranguent en mesme temps, animent les jeunes gens à se bien battre , à bien regarder dans la route devant et derrière eux, à faire bonne descouverte et à ne point se laisser surprendre.

Le chef de guerre, qui pendant ce temps-là chante sans cesse dans son canot, prie tout le village de ne point les oublicr, s'ils sont tuez et de se souvenir de les venger. Cela fait, ils font tous ensemble un grand cry, en nageant au mesme instant vers la route qu'ils doivent tenir, comme s'ils voyoient l'ennemy, et l’on peut dire que leurs canots sont comme des traits.

Quoy qu'il en soit, cet équipage de guerre ne laisse pas que

d'estre affreux à ceux qui n'y sont point accoustumez ou qui

n'en ont jamais veu.

Lorsqu'ils sont arrivez dans le pays ennemy, ils marchent doucement; ils observent le silence, ont l'œil à tout et ne tirent point avec des armes à feu. S'ils tombent sur la piste et les traces de quelques-uns, ils demeslent aisément si elles sont fraisches ou vicilles ; ils connoissent le nombre de ceux qui ont passé et combien il y a de jours que leur chemin est fait, si bien que sçachant le temps que leur ennemy a passé, ils sçavent à peu près où il peut cestre, et pour lors ils se déterminent à le poursuivre ou à en chercher d'autres.

On diroit que ces gens-là se conduisent plutost par instinct

que par science ou par raison, car si un homme ou plusieurs

sont descouv Jible. On a beau faire mousse, mesmes, toutes ] route S

. bent rarement ei

erts, leur perte est quasi toujours assurée et infailpour s'eschanper, qu'on marche sur la sur les feuilles, dans Îles marais, sur Îles rochers Von prend pour sauver sa

es précautions qu poursuivent tom-

ont fort inutiles, parée que ceux qui

| défaut. Ce qui 6st de plus Ja tournure du pied de

particulier, c'est

l'impression ou nt devant eux.

hes de leurs enne-

qu'ils connoissent par quelle nation sont CEUX qui marche Lorsqu'ils inferent qu'ils sont assez proc

Les meilleurs plus légers

mis, 118 détachent coureurs €t les eur troupe pour al {s doi coucher,

de ler observer leur campement, c'est-àcomme aussi quelles sont leurs

dire à où 1 aire que Îes des-

armes ct li jtuation du lieu. [I est nécess couvreurs ä\ent de la ruse, de la pratique ct de la fermeté. çar il faut sçavoir que tous les partis de guerres pendant ieur campagnes font faire ainsi la descouverte à trois ou quatre lieues aux environs de l'endroit où ils veulent camper où coucher, et; les descouvreurs estant de retour dans leur campe ment, ceux qui n'ont rien veu En font leur rapport, €t TOUS les autres, s’en remettant à eux, reposent €t dorment tranquille-

a nuit, leur coustume n'estant point de faire ny

ment toute |

garde ny faction.

escouvert l'ennemy: après avoir

ndez vous qui leur

Après quo’

Ceux au contraire qui ont d beaucoup observé, se rendent at gros ou re “apport on tient conseil.

est marqué, et Sur leur t ils marchent inconti-

pour attaquer, 1t les descouvreurs à leur j'ils ont fait, ny

s'ils se jugent assc# forts ment de nuit, ayal t idée du chemin qt rsqu'ils les ont approchés à

tousjours l'œil et

nent et ordinaire ne perdent poin leurs ennemys. Lo {sur le ventre a) ant

teste, qui du cabanage de

une distance, ils S€ jetten

l’oreil les ail cstant démai faire 1:

faire le pattes du pis lear de cri. Le ont de ils déc s'ils v la hacl lèvent prison foncen qu’à c ennem du mo leur ca ricrs € mesm qui co:

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urs l'œil et

MISSILIMAKRINAKR ET PAYS SETUES AU DELA, 03

l’orcille au guet et des descouvreurs devant et derrière ct sur les ailes. En cet estat ils attendent la pointe du jour, comme estant l'heure où l'homme est plus apesanti par l'envie et la démangcaison qu'il a de dormir, et pour mieux voir aussv à faire leur coup et pouvoir profiter du reste de la journée à faire leur retraite. Leur manière est de se traisner à quatre pattes comme des chats, et faire leurs approches à la portée du pistolet ; — ils se lèvent ensuite tout debout avant de faire leur descharge. Le chef du party fait son signal par un petit cri. Le reste fait en mesme temps une grande huce ct, s'ils ont des fusils, ils font feu tout d’un coup sur l'ennemy, sinon ils décochent leurs flesches. Leur première descharge faite, s'ils voient l'ennemy troublé cet en déroute, ils foncent dessus, la hache ou le casse-teste en main; siis sont victorieux, ils lèvent la chevelure à ceux qui ont esté tuez. S'ils ont fait des prisonniers, ils les lient et garrottent si bien que les liens enfoncent dans la chair. Ils marchent après cela nuit et jour jusqu'à ce qu'ils soyent hors de danger et à couvert de leurs ennemis. Lorsqu'ils sont proches de leur village, ils détachent du monde pour donner advis de tout ce qui s'est passé dans leur campagne, après quoy on se prépare à recevoir les guerriers et à les haranguer avant d'entrer dans le lieu ; mais en mesme temps l'on se dispose à faire l'entrée des prisonnicrs, qui commence tousjours par un salut de trois à quatre cents coups de bastons. qui leur fait donner cent fois du nez à terre, avant d'entrer dans la cabane de triomphe qu'on leur prépare et qui leur est destinée.

Dès qu'ils sont là, on leur dit de danser et de chanter leur chanson de mort. Leur chant est fier et lugubre tout ensem-

ble ; ils racontent pour lors ce qu'ils ont fait pendant leur vie,

FT nd Ra

PAPETERIE CNE PO OL STES D

principalement le nombre de personnes qu'ils ont défait, leurs noms et quelles nations, l'endroit et comment ils ont fait leur coup. ‘lantost on les fait asseoir et tantost lever et tousjours chanter, surtout quand quelque considérable vient dans la cabane pour les voir ; mais pendant qu'ils chantent de la sorte l’un leur arrache un ongle, l’autre leur fume un doigt dans une pipe; on leur applique par intervalles un tison de feu sur la chair qu’on fait brusler jusqu'à l'os ; quelques-uns luy enlèvent des lopins qu'ils font cuire, et les mangent incontinent et s'en sucent les doigts comme d'un manger très exquis; ils se divertissent et passent ainsi le temps deux ou trois jours durant, après quov, les anciens, les chefs de guerre et les principaux du village s'assemblent pour délibérer de la vie ou de la mort de ces malheureux. Leur perte ou leur conservation dépend ordinairement des femmes, et voicy pourquoy. — C’est qu'il y en a qui ont perdu leur mary ou leurs enfans dans la guerre, et s’il s’en trouve qui, voyant des prisonniers bien faits ou plustost par boutade ou par caprice, les demandent pour remplacer les morts, en ce cas, le conseil ne les leur refuse jamais. D'abord qu'ils sont déclurez absous, on les délie, et les femmes ou filles qui les ont sauvez les amenent dans leurs cabanes ; elles leur lavent leurs playes, les huilent, et les enjolivent le mieux qu'elles peuvent, et à quelques jours de là on fait un festin dans la cabane, et les estrangers sont adoptés pour enfans de la maison, pour frères, gendres ou autres parens. Après quoy ils sont traitez honnestement, sans qu'on les insulte davantage, et ce qu'il y a de surprenant, C'est que ce sont les premiers qui vont en guerre contre leur propre nation et qui tuent ou amènent prison-

niers leurs pères, leurs oncles ou autres parens indifférem-

m de ont ven ne] J'ay seil com!

ce qi ils n” pend mun | biento accord mesme Jamais compt lement don, le vitquel, Prédest gcr les faire mis en Pauvre mort, v Sont co Ces :

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a trois erre €t de ur con-

| pourju leurs des pribrice, les onseil ne absous, Luvez les layes,les et à quelet les esur frères:

»7 honnesu'il y a de en guerre

int prison-

ndiiérem-

ment, comme s'ils ne leur estoient rien du tout, faisant plus decas de la seconde vie qu'on leur a donnée que de celle qu'ils ont receue de leurs pères et de leurs mères, qu'ils voyent souvent brusler et déchirer par morceaux, pour avoir la dureté de ne point leur rendre la liberté après les avoir pris, car,comme j'ay desjà dit, la vie ou la mort des esclaves dépend ou du conseil ou des femmes; le conseil en distribue quelques-uns au commandant des François, et d'autres à différentes nations, ce qui confirme et ratific les alliances. Dès qu’ils sont livrez, ils n’en sont plus les maistres, mais leur vie et leur mort dépend de ceux-ci ou de la nation à qui ils sont donnez. Lecommun usage est de les faire mourir, en la manière qu’on verra bientost, mais comme l’on a veu que le conseil des Anciens accorde la vie aux esclaves sur la demande des femmes, de mesme, sielles désirent leur mort, leur demande ne leur est jamais refusée, et parce que la nature trouve mieux son compte et se trouve plus contente et plus satisfaite principalement dans le sexe par la voye de la vengeance que du pardon, le sort en est quasi toujours malheureux. Si lesclave vitquelquefois, ilsemble que ce n'est que par un miracle de la prédestination ; le plus grand nombre des femmes aiment à venocr les parents qu’elles ont perdu, ce qu'elles prétendent faire en faisant mourir ceux que le sort des armes à mis en leur pouvoir et à leur discrétion. Enfin, dès que ces pauvres malheureux François ou barbares sont destinés à la mort, voicy de quelle façon estrange cet funeste manière ils y sont conduits.

Ces mégères remplies du souvenir et du ressentiment de la mort de leurs parens, à qui on a desjà fait le mesme sort, se

saisissent de ces patiens. Elles les caressent d'abord, les

r donnent à man-

elles les huilent et leu

amènent chez elles ;

parce qu’elles

e bien remplir le ventre, ils doivent faire

ret les excitent à 5

A grand voyage:

ant à faire ul

frir plus

es qu'ay prendre des forces pour soul

ou bien plus de cour age. À les voir faire,

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‘ent le contraire, ne set esjouisse

ceux-ci, qui SEA e gentillesses: car ils SAV iEstots Pendant

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les outils, Îes qu'ils peuvent inventer Pour assouvir €t rassasier leur Tage et

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estant prest et achevé, on ‘Fout d'un coup où

auvres v jctiimes.

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celles qui dorlotent ces P iceur féminine

et cn Mage

voit changer cette dou

VOicY de quelle uv signifie le désastre

nie iniere celie

diabolique. Et

la mort d'un prisonnier

qui À attend.

son mary où de son jilss

Elle appelle e l'esprit où j'ombre de

(eh) parens qui &

A esté tué OÙ brusié, et

autre de S

ou de tel

elle se Sert de ces termes :

jet fais aujour-

prends cour age

bois de ce bouton: 48 5rée Resjouis- toy donc,

‘achera tous es ongles.

« Approche-to mon fils,

jande fraulsenes mon

d'huy festin de \

is de ce guerrier.

sacrifice que JE te Î

bruslé, on luy art

her tits, 11 sert grillé, y chaudiere, on lui

on en mettra à le 4 dans le feu,

on grillera cette vianue,

a des colliers de haches rouge

appliquer

isiblement Les doigts; on luy arracher

on luy ivver

fumera Pa

on boira dans son crane,

on lus ra les parties :

a la chevelure. SOIS

conte

Sur ditàc mon bien, mesmi Ce cri au pot celuy [ puisse prédit faire s sacrifi( pour q pendar plustos sa char qu'il a brusler à ne le guerre.

du fon n'en pa regard Mais manier fait fair ongles « lumets :

n'est pa

in - [Les ire o\us iroit mais [e CES ngent es CES te des iSpPOSÉ

gments

cavoir à coup où en Tage demandé j'attend:

: SON ils,

brusies et

is aujour- 1: agrée 1e donc, Mol Jes ongles, ere, ON \ui feu, on lu les parties:

yelure. DUR

content, mon fils, repose-toy maintenant, tu seras vengé! »

Sur ces entrefaites, un des guerriers entre dans la cabane et dit à celuy qui est déjà instruit de on sort : « Prends courage, mon frère, on te va brusler. » L'autre luy respond : « Cela est bien, je te remercie de la nouvelle que tu m’apportes. » A ce mesme instant, 1l se fait un cri horrible dans tout le village. Ce cri s'appelle un Sakaküa. Où prend, on amène, on attache au poteau par les pieds, par les mains et par le milieu du corps, celuy qui va représenter la scène la plus tragique que l'homme puisse jamais concevoir, car enfin la vieille sacriticatrice ne prédit qu’une partie des douleurs et des tourmens qu'on doit fure souffrir à sa victime en l’honneur de celuyÿ à qui elle est sacritiée, Ce funeste appareil, qui devroit faire frémir celuy pour qui il est préparé, je parle des Sauvages, ne luy est cependant qu’un sujet de mépris pour ses tyrans. Il n’est pas plustost serré au poteau qu'il chante d'un ton ferme et asseuré sa chanson de mort, répétant toutes les actions guerrières qu'il a faites pendant sa vie, et de quelle manière il à fait brusler ses prisonniers, animant ceux qui sont autour de luy à ne le point espargner et à le faire mourir en homme de guerre. Je pense bien que tous ces discours ne partent point du fond du cœur; il est pourtant certain que son âme n'en paroist point troublée, ce qui s'observe en ce que son regard est asseuré et sa contenance égale.

Mais il est temps de commencer le bal et de voir de quelle manière on fait danser les personnages. Le premier pas qu’on fait faire aux prisonniers est de leur arracher avec les dents les ongles des mains les uns après les autres. Leurs pipes et calumets sont faits d'une pierre qui se creuse aisément et qui n'est point cassante; ils les emplissent de tabacet mettent le

doigt du patient dans le trou du calumet, qu'ils fument ainsi, les dix doigts l’un après l’autre. Après ce petit régal, cinq ou six ouvriers s'arment d’un tison ardent : les uns les appliquent sur la cheville du pied, sur les poignets et sur les temp s. [is ne les ostent point que les nerfs et la chair n’en soit bru, "2 jusqu’à l'os; c'est là le second pas du menuet. Le troisième est un collier de haches ardentes et rougies au feu, et qui tombe sur les espaules et sur l’estomach du captif; on ne les en oste que lorsqu'elles sont froides et sans chaleur, et parce que ceux qui fonx cet exercice sont des gens de bon appéut, chacun avec son cousteau lève un lopin des fesses, dont ils font une grillade, qu'ils mangent sur-le-champ sans aucun assalsonnement, et pour laver }es plates et le sang qui en découle, les femmes ont des chaudières prestes, remplies d’eau bouillante qu'elles renversent dessus. On luy perce de temps en temps le col €. les aisselles, avec des ferremens chauds et rougis dans le eu. On luy brusle les parties avec une escorce de bouleau, qui fait une flamme très ardente et très pénétrante, et pour finir un si indigne détail, il suflit de dire qu'on ne luy laisse ny nerfs ny arteres qui ne soient esprouvez par le teu ou par le ier. Ga luy leve en dernier ressort la chevelure, c'est-à-dire la peau, où les cheveux tiennent, et cela se fait avec tant d'art et d'adresse, qu’on l'oste tout d'une pièce, et on diroit que c’est une perruque. Cela fait, on jette sur cette chair vive et sanglante une poignée de cendre chaude et de sabie bruslant, et lorsqu'ils voient que la chair est momitiée, ils luy donnent le coup de 4rice, c'est-à-dire le coup de hache sur la teste, ou bien deux ou ‘rois coups de couteau dans le cœur. On luy coupe la teste, en mesme temps qu'on

fait entendre par tout l& village de grands cris de joye et de

pein souf trèsquoi Ou sl Or maltr de se trouv mais | blant lieu de tyrisen n’ont I Cux qu et ils | comm la grim l’eau, c prendr cnnem; leur pa divertis ma nat Pleurez

[n'est

guerrier!

irce Cut, t ils icun 1 déd'eau emps nauds C Cs- OS pé- [e dire ‘ouvez la che- 1 cela d'une bn jette chaude St MO e cou couteau S qu'on

e £€t de

resjouissance, comme s'ils avoient remporté quelque grande victoire.

Ceux qui verront ce petit détail, auront peut-estre de la peine à le croire, et à se persuader qu’un mortel puisse tant souffrir et résister au feu sans mourir, mais on en doit estre très-convaincu, et c’est surtout la inalice de la nation iroquoise, qui fait brusier ses esclaves, à petit feu, pendant cinq ou six jour£ consécutifs.

On pourroit encore s'imaginer qu’un personnage ainsi maltraité doit verser quelquefois des larmes, ou dans la force de ses tourments faire des cris dignes de compassion. Il s'en trouve à la vérité quelques-uns qui ne peuvents’en deffendre, mais la pluspart semblent ignorer leur douieur cet faire semblant de ne rien scavoir de ce qui se passe chez eux, car au lieu de demander quartier, ils reprochent à ceux qui les martyrisent de la sorte, que ce sont des lasches et des femmes, qui n’ont pas le cœur de les dépiécer par le menu, et s'ils ont sur eux quelque partie exempte du feu, ils l'indiquent eux-mesmes, et ils prient de ne les point espargner, essuyant depuis le commencement jusqu'à la fin toutes ces cruautés sans en faire la grimace. [ls demandent seulement à fumer ou à boire de l’eau, ce qu'on ne leur refuse jamais, et cela comme pour reprendre de nouvelles forces, afin de donner moyen à leurs

ennemys d'exercer sur eux plus longtemps leur férocité, et ils leur parlent en ces termes : « Prenez courage, mes frères, divertissez-vous aujourd'huy, et si vous estes jamais pris par ma nation et que vous soyez brusiez dans mon village, ne pleurez point, ne criez pas, fumez paisiblement comme moy, Ii n'est permis qu'aux femmes de verser des larmes; un vray

guerrier doit mourir comme Je fais. »

E Î } fl Ë

La vanité d’estre réputez pour braves est la source; l'uproduit l'indifférence qu'ils ont pour | et la forme, la manière, la pra- ‘un Pensez-y

litaire. Cet

nique motif qui e sup plice et pour les tourmens;, tique de la punition et du ch r ceux qui embra estoit autrefoi

aperçu que l'humanité, qu'on

astiment, ne SONT (!

bien pour intimide ssent l'art mi usage de supplicier ainsi s en horreur aux François, mais comme on s'est arbares, estoit reg ja leur donnoit lieu de venir Jus que d'estre pris ou

e pied de les brusler

exerçoit envers CES b ardée parmy EUX comme

une lascheté, et que CE risquant tout au P à la fin, mis sur | antilest vray qu'avec trop tard avisé d'en

plus sou-

vent les attaquer, 1€

tuez, les François se SONt:

les loups

avec toutes sortés de cr uautez, t à heurler. On n€ s'est que

on apprend jen maintenant;

user de la sorte; on 5

ns sont moins f

aperçoit b que Îeurs

réquentes €t leur

incursio hommes qui font

hardies. En un mot c

tat de leurs vies que les autres, €t sl

de la malice de faire P

e sont des

aroistre une si gr

mespris de la mort, lorsqu'ils sont entre les ma

ennemis, On peut dire pour éviter !

grand Ja discrétion de leurs cautions possibles le combat, mais M ble d’estre pris

nent toutes les pré ment d’estre priz dans rible et cffroya

estre ensuite EXPOSCZ à la rigueur des to

fait une idée ter

quoy tous es coups qu'ils font sont à la surpris sont surpris SON tousjours battus: Cep joncture; ils ont recours à leurs jambes, et i mais sils se trouv ent tell

qu'ils n€ puissent point s'en desdire,etqu il

yque leurs forc

vent quelques-uns

de combattre qu es ne soyent pas

$ entreprises moins autant d’es-

js ont de la bravoure €t ande fermeté, un si ins où à aussi qu'ils prenson-seuleesme qu'ils $€ sont vivans pour urmens. C'est Pour” se et CEUX qui endant, dans cettec on- | s'en sauve sou” ement <errez s soyent contraints

égales, ils

agisse chèrei

tions

On sent C( mes q Alors leur sc fantais de leut qu’elle

jamais par ces entre et l'es mary 1 ont de cons €!

mary:

fondée qu'elle au lieu

nu. C

Cet aux on name sou- [S OÙ usier [oups . d'en leurs moins t d'es- Dure et , un Si ns OÙ à 1s pren-

n-seule-

se sont ns pour bst pourceux qui cettec on- Auve SOUent eçrrez contraints

égales, ils

agissent pour lors en désespérez, et certainement ils vendent chèrement leur peau. Voilà à peu près ce que toutes ces na-

tions pratiquent en ce qui concerne les guerres et la chasse.

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