‹ Première mission des jésuites au Canada [microforme]Chapitre 20 sur 46 · MAIS · texte numérisé non relu

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entouré par la mer presque de tous côtés; mais il contient un grand nombre de fleuves, d’étañgs et de lacs très-grands. Les iles sont si nombreuses, que la côte est comme découpée et garnie d’un collier de perles. C’est sans doute ce qui la rend sujette aux gelées, et l'expose en même temps aux vents et à des vents toujours froids.

Une autre cause du froid, c’est que le sol n’est pas défriché; ne formant presque partout qu’une immense forêt, il n’est pas étrange qu’il ne puisse pas se réchauffer.

Ajoutez, si vous le voulez, pour troisième raison, — les montagnes toujours couvertes de neige, qui servent comme de rideau à l’occident et au nord. On ne peut recevoir de ce côté que des gelées et des neiges. Du reste, l'aspect du pays est très-agréable. Dans bien des endroits, il semble inviter à s’y établir et promettre beaucoup. Autant qu’on peut en juger par les apparences, il est fertile.

Les indigènes sont peu nombreux. Les Etcheminquois ne forment pas mille âmes, et les Algonquins joints aux Montagnais ne s'élèvent pas ensemble beaucoup au-dessus de cenombre. Les Soriquois ne sont pas 2,000 âmes. Aussi on ne peut pas dire de ces peuples qu'ils occupent le littoral ou les profondeurs, mais qu'ils les parcourent. Ils sont nomades, courant les bois et très-divisés parce

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qu'ils vivent de la chasse, des fruits de la terre, et de la pêche. Ils sont à peu près sans barbe et en général un peu plus petits et plus fluets que nous, sans manquer cependant de grâce ni de dignité. Leur teint est légèrement basané. Ils se peignent ordinairement la figure, et dans leur deuil, ils la noircissent.

Ils aiment la justice et haïssent souverainement la violence et le vol, chose remarquable pour des hommes qui n’ont ni lois ni magistrats : chacun est son maître et se fait rendre justice. Pour la guerre, ils ont des sagamos, c’est-à-dire des chefs, mais leur autorité est très-précaire, si on peut donner ce nom à un pouvoir qui ne peut pas exiger l’obéissance. Les sauvages les suivent, entrainés par l'exemple ou l'usage, ou à raison du voisinage et de la parenté, quelquefois aussi à cause de l'influence plus grande acquise par quelques-uns d’entr’eux. Toute une nation entreprendra la guerre pour laver l’injure faite à un particulier. Ils sont tous très-vindicatifs, et commeils sont barbares, ils n’ont aucune retenue dans la victoire. Ils portent toujours, et avec une grande joie, les chevelures de leurs captifs, comme de trés-riches dépouilles et des ornements. On dit aussi qu'ils se sont nourris de chair humaine, et qu’aujourd'hui les Excommuniés et les Armouchiquois en ont encore l'habitude; mais ceux qui fréquen-

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Toute leur religion consiste dans certaines pratiques superstitieuses, dans des chants et des sortiléges pour obtenir les nécessités de la vie ou la destruction de leurs ennemis. Ils ont leurs Autmoins, c'est-à-dire leurs sorciers qui consultent le démon sur la vie, la mort et les événements futurs. Ce méchant esprit, à ce qu’ils assurent, se rend souvent visible à eux et leur accorde ou leur refuse la mort de leurs ennemis ou de leurs proches, une chasse heureuse et semblables; pour que rien n’y manque, ils ajoutent foi aux songes. Si par hasard ils s’éveillent avec un songe agréable et qui soit de bon augure, ils se lèvent, même au milieu de la nuit, et ils lui obéissent en chantant et en dansant.

On ne voit chez eux ni temple, ni édifices religieux, ni culte, ni cérémonies."Îls n’ont ni organisation , ni lois, ni règle d'action, ni aucune forme de gouvernement. Tout se réduit à certains usages ou coutumes qu'ils observent trèsscrupuleusement. Si un sorcier a annoncé qu’: malade mourrait tel jour, tout le monde l’abandonne, et ce malheureux, persuadé de sa mort, se condamne lui-même à la disette et à l’abandon; je crois que c’est pour n'avoir pas l’air d’agir contre le destin. Bien plus, si au jour désigné le malade, comme il arrive souvent, ne parait pas

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