‹ Première monographieChapitre 36 sur 56 · INFLUENCE DU BRUIT ET DU SON · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU BRUIT ET DU SON

peuvent déterminer sur le système nerveux un agacement très-pénible. Certaines personnes dont l'ouïe est très-délicate ne sauraient entendre le grincement d'une scie sur la pierre, ou du grattoir du badigeonneur sur les murailles, sans éprouver un ébranlement, un état d'anxiété, de spasmes, qui, si la sensation se prolongeait, pourrait amener des convulsions.

Les sons guerriers du tambour produisent des effets tout différents, et l'agitation qu'ils déterminent, surtout quand les marches sont vives et rapides, ne porte pas seulement sur le moral, qui est ordinairement excité, mais sur la circulation qui s'accélère, comme l'a démontré Haller. (PhysioL, t. V, p. 305.) Aussi dans les routes longues et pénibles, ou bien au moment d'une attaque dans une bataille, les chefs ont-ils soin de faire battre les tambours pour ranimer le courage abattu de leurs soldats.

Les sons un peu forts, je ne parle pas même du bruit, sont très-pénibles pour les malades, surtout dans les affections cérébrales, ou dans les convalescences des maladies longues et douloureuses, alors que tous les sens ont acquis une délicatesse et une susceptibilité extrêmes; mais c'est surtout le bruit de l'artillerie qui est dangereux pour les blessés. Ce fait a été signalé par A. Paré, d'après l'observation qu'il en fit au siège de Metz.

Il est des personnes chez lesquelles la musique produit des sensations tellement vives qu'elles dégénèrent en véritables accidents morbides; il en résulte une susceptibilité nerveuse qui amène des maladies nerveuses, et même des extases, une exaltation portée jusqu'au délire, jusqu'aux convulsions. Les auteurs rapportent à cet égard des traits fort curieux, mais dont l'authenticité n'est pas toujours bien démontrée.

kQÔ CHAPITRE X. — CAUSES DES MALADIES.

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