INFLUENCES TERRESTRES
moitié septentrionale de la Nouvelle-Hollande, une partie de l'Océanie, plus de la moitié septentrionale du sud Amérique avec le Mexique, les deux tiers de son golfe et une partie de l'Atlantique. Ce climat est généralement très-chaud; la température s'y élève de 29 à 30° R. au Sénégal par 16° de lat., à Sierra- Leone par 8°, au cap Corse par 5', et la chaleur ordinaire y est de 23 à 25°. (Eyriès, Voy. modem., t. II, p. 158.) Cette température est moins élevée qu'on ne le supposerait d'abord. Cela tient aux nuages épais qui s'y amassent , cachent le ciel et amènent les pluies torrentielles de la saison des pluies, à ce que ces nuages et ces pluies suivent la marche du soleil d'un solstice à l'autre ; aux immenses inondations qui en sont la suite, à ce que les nuits ont de la fraîcheur, une longueur égale à celle des jours 5 et même à des montagnes élevées, boisées à une grande hauteur et toujours couvertes de neige à leur sommet, aux vents alizés qui rafraîchissent l'atmosphère, etc. La température y est d'ailleurs moins variée que dans les zones tempérées, et il n'y a que deux saisons, celle des pluies ou l'hiver, celle de sécheresse ou l'été, qui sont de six mois sous l'équateur, et se subdivisent chacune en deux saisons alternatives de trois mois.
Les zones tempérées comprennent l'espace intermédiaire aux tropiques et aux cercles polaires, du 23 au 66° de latitude; mais ce n'est guère que du 40 au 60° que l'on peut y distinguer nos quatre saisons et en sentir l'influence sur la santé. Elles embrassent a peu près tout le reste de la terre habitable et habitée.
Quant aux zones glaciales, elles s'étendent des zones tempérées jusqu'aux pôles, du 66 au 90° de latitude. On n'y trouve plus que deux saisons comme sous la ligne : l'été, qui est court et chaud à cause de
la longueur des jours ; l'hiver, long et terrible par ses froids excessifs (Malte-Brun, Géogroph. univers., t. I, ]. lui, p. 512 et suiv.), qui vont jusqu'à — 40° centigrades environ. Ces zones comprennent les mers et les terres polaires.
I3ans les pays chauds et tempérés, les décompositions des matières végétales et animales qui s'accomplissent dans les marais, les élangs, aux embouchures des fleuves et des rivières limoneuses qui déposent des alluvions considérables, et dont les eaux s'écoulent difficilement ou pas du tout, concourent surtout à imprimer aux climats ce que j'appellerais volontiers une constitution miasmatique, terrible pour la santé humaine. C'est par ce nouvel élément, bien plus que par l'air sec et chaud, que certaines endémies et certaines épidémies se montrent si dangereuses et si funestes. Ne pouvant les passer géographiquement en revue, je renverrai à l'article Marais du Dictionnaire des sciences médicales par MM. Fournier et Bégin, et je me bornerai à dire qu'en Europe les eaux stagnantes les plus malsaines sont celles de la Hongrie, qui est très-marécageuse, de la Pologne et de la Prusse septentrionale, du Hanovre, de la Hollande et de la Belgique, dont les innombrables canaux, creusés dans d'anciens polders formés par des alluvions, n'ont pas d'écoulement suffisant; celles delà Sologne en France, des marais Ponlins en Italie; qu'en Afrique, ce sontcellesdu Nil, dans son delta formé par des terres d'alluvion, comme tout le sol de sa vallée dans la basse Egypte ; celles de la côte occidentale depuis la Sénégambie jusqu'au cap Negro, par 1 6° sud, et qui proviennent de rivières et de ruisseaux dont les embouchures sont remplies, embarrasséesd'alluvions, de mangles et de roseaux; qu'en Amérique ce sont celles des rivages du golfe Mexicain où elles déibor-