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INFLUENCES TERRESTRES

Influence des courants d'air ou des vents. — Les vents agissent sur la santé par la rapidité de leur mouvement, par leur température et par les matières qu'ils charrient. Les vents de terre ordinaires fortifient par la percussion qu'ils exercent, par le mouvement qu'ils communiquent, par les efforts continuels qu'ils occasionnent pour conserver l'équilibre pendant !a marche ; mais s'ils sont violents, comme le sont fréquemment les vents de mer, ils peuvent renverser l'homme et lui causer des chutes mortelles, surtout sur le bord des précipices, dans les montagnes escarpées, le long des falaises de la mer.

Les vents froids, et surtout les vents glacés des pôles, donnent lieu aux effets du froid dont il a été question plus haut , notamment si nous marchons contre sa direction/ Les vents froids et humides produisent les effets du froid avec d'autant plus d'activité que l'humidité augmente leur action, parce que l'humidité accroît la conductricité calorique de l'air. Les vents chauds et arides qui ont passé sur les déserts sablonneux et échauffés de l'Arabie , du Sahara, etc., sont brûlants, insupportables et dangereux. L'ardent samoum, chargé de sables fins qu'il soulève de la surface des déserts et roule comme les Ilots delà mer, produit des ophthalmies, des inflammations du pharynx, comme les vents froids du nord par les neiges qu'ils emportent, et qui pénètrent dans les yeux et jusque dans la gorge. L'air et les vents chauds et humides n'ont pas la gravité qu'on leurattribue ; cependant Lind, MM. Théveûot {Maladie des Européens dans les pays chauds, 1 8 i 0) , Levacher (Guide médicaldes Antilles), Sigaud (Climat et maladies du Brésil), nos médecins militaires de l'Algérie, Millot, C. Broussais, etc. , ont prouvé qu'ils produisent des maladies du foie. Mais on confond à tort leur action avec celle des

vents empoisonnés par les miasmes des marais et des terres fangeuses, par certains terrains nouvellement remués, et tous les foyers dinfeclion dont ils ont balayé la surface. L'air et les vents miasmaliques agissent sur nous comme les poisons dont ils sont chargés.

Influences des astres et du soleil. — On prévoit sans doute que nous n'avons rien à dire de l'influence des astres sur l'économie, malgré les anciennes et ridicules prétentions de l'astrologie. Un astre seul exerce sur la santé de l'homme et de tous les êtres vivants de notre globe une irîfluence réelle et considérable, c'est le soleil; et il agit par la lumière et la chaleur dont nous avons étudié isolément l'action (p. 364) dans notre marche analytique. Mais par suite de ses rapports astronomiques avec la terre, le soleil produit des effets très-divers, déjà indiqués pour la plupart, à l'article des influences plus simples dont nous nous sommes occupés précédemment. Néanmoins, il nous reste à parler de quelques effets très-complexes qu'il produit par suite de ses rapports avec le globe terrestre. Pai l'intermédiaire de l'air sur les eaux, il concourt à la production des brouillards et des pluies; par l'intermédiaire de la croûte solide du globe, des eaux et de l'atmosphère, il concourt à produire les saisons, les climats, et les maladies endémiques et épidémiques, si nuisibles à la santé et à la vie de tous les êtres animés, et de l'homme en particulier. Dans un ouvrage de la nature de celui-ci, nous négligerons toutes les considérations géologiques, géographiques, hydrologiques et météorologiques qui ne sont pas indispensables à notre sujet.

Les brouillards agissent comme le froid humide. Ils peuvent renfermer des principes volatils qui leur donnent une odeur désagréable, et les rendent irritants pour les yeux, la gorge et les bronches. Les

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brouillards historiques dont Fourcroy (Journal de la Soc. depharm. de Paris, 2e année, p. 305), Paisse (Ann. de chimie, t. XXXIII, p. 2t 7) ont donné la description, ont précisément produit ces effets; mais en Hollande et en Angleterre, où l'air est presque toujours chargé de brouillards, on leur attribue les rhumatismes, la goutte, qu'on y observe si fréquemment.

Veau de pluie, prise en boisson, est salubre lorsqu'elle n'est pas altérée par des matières étrangères. A l'extérieur du corps, elle agit par sa température, ordinairement beaucoup» plus basse que la noire. Ce n'est que dans les saisons et les pays chauds que sa température est assez élevée pour faire croire aux pluies ardentes, comme si elles avaient été chauffées par1 lefeu. (Hist. nat. de Juida, Prévost, t. IV, p. 349.) Les pluies froides causent des névralgies, des rhumatismes, des inflammations des muqueuses de la tête, des voies aériennes, etc., comme le froid ou l'eau ' froide.

Qui ne sait que les jours et les nuits, produits par les rapportsquotidiens du soleil avec les différents points de la terre, que les saisons, déterminées par les inclinaisons alternatives de l'axe de la terre sur îè plan de l'écliptique, entraînent des différences de température et d'humidité qui produisent par la chaleur, par le froid sec et humide, et par les émanations miasmatiques, une foule de maladies qui ont été déjà plusieurs fois indiquées? C'est en effet par ces éléments que les saisons agissent sur nous, et sans commettre une erreur, lorsqu'on accuse l'automne, ou le printemps, de produire spécialement des fièvres intermittentes, on ne dit pas précisément la vérité. Ce sont la chaleur et surtout les émanations miasmatiques qu'il faut, en accuser.

Les climats résultent du concours d'une foule d'ÎB-

li&k CHAPITRE X. — CAUSES DES MALADIES.

fluences géologiques, géographiques et astronomiques, de l'action réciproque des roches, des minéraux, des eaux, des végétaux, des animaux, de l'atmosphère et de l'action du soleil sur tous ces éléments : de là, des différences très-variées de température, d'électricité, de sécheresse, d'humidité, d'émanations, qui agissant simultanément ou successivement, et combinant leur action sur la santé de tous les êtres vivants, de mille manières différentes, déterminent toutes les maladies indiquées à l'action de chacune des influences élémentaires. Nous venons de voir ces influences varier dans le temps, par la succession des jours et des nuits, par la succession des saisons 3 nous allons les voir varier dans l'espace sur tous les points de la terre. Cependant leur action conserve des analogies dans de vastes régions, pour se diversifier ensuite successivement dans des régions de plus en plus petites. Mais comme la hauteur des plateaux et des montagnes, la direction de pentes des montagnes, des vallées et des plaines, par rapport aux rayons du soleil, la sécheresse et l'humidité, se rencontrent diversement combinées sur tous les points de la terre, et qu'elles ont une grande influence sur la température, on peut observer, et l'on observe en effet, des climats partiels au milieu de régions immenses dont le climat général est tout différent.

La terre présente trois grands et vastes climats, les zones torride, tempérées et glaciales.

La zone torride, ou brûlante, est bornée par les 23° nord et sud, par les tropiques du cancer et du capricorne, comprenant les deux tiers delà moyenne partie de l'Afrique, la moitié sud de l'Arabie, les presqu'îles de l'Indoustan, de Malaca, avec les empires des Birmans, d'Annam et de Siam, les îles asiatiques, la

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