Première, quatrième et treizième lettres provinciales
r" Les Provinciales ont été composées du 23 jan- ^vier 1656 au 24 mars 16o7. Chaque lettre fut d'abord publiée à part, dans le format m-4% avec une pagination distincte. Si l'on compare entre eux plusieurs exemplaires d'une même lettre, on y remarque d'assez sensibles différences. Il n'y a rien là de surprenant, puisqu'on imprimait les Provinciales secrètement, et en divers endroits, chez Petit, un des libraires ordinaires de Port-Royal, dans les caves du collège dllarcourt, ou encore dans un moulin qui se trouvait entre le Pont-Neuf et le Pont-au-Change. [Préface de l'édition de 1754.)
Nicole fit un premier recueil des Provinciales dans le courant même de 1657. (1 vol. in-^''^ Cologne, chez Pierre de la Vallée.) Il y joignit un Avertisse- 7?2e;2^où se trouvaient expliqués les sujets traités dans chaque lettre. Ce Recueil, qui n'est pas rare, offre le même aspect que les éditions originales ; là encore, la pagination ne se suit pas ; les caractères varient d'une lettre à Fautre. Il y a plus : les différents exemplaires présentent parfois, pour des passages pris au hasard, des leçons différentes. On a pu se demander si c'était bien là une réimpression, ou si Nicole n'avait pas simplement réuni en volumes les lettres détachées du premier tirage. Mais une phrase de Y Avertissement tranche la difiiculté. c( L'avantage que
toute rEglise a reçu de ces Lettres m'a fait juger
qu'il serait utile de les ramasser en un corps pour les rendre plus durables et même plus fortes par cette
union C'est ce qui m'a porté à en faire imprimer
ce Recueil. » Nicole n'aurait aucune raison de s'exprimer ainsi, s'il n'avait en effet réimprimé les Provinciales.
Reste à expliquer ces différences que nous avons signalées entre exemplaires d'une même édition. Elles sont trop considérables pour qu'on y voie de simples fautes d'impression. Aussi quelques éditeurs s'en trouvent-ils embarrassés. Mais il suffit, semblet-il, de considérer la date même m. parut le Recueil pour tout é clair cir. Y! Avertissement de Nicole est du 5 mai 1657. Cette date nous est donnée non par l'édition de 1657, mais par l'édition de 1659. Le Recueil, où se trouve V Avertissement et pour lequel il a été fait, a dû paraître à peu près à ce moment. Il n'est donc postérieur que de cinq à six semaines aux dernières Lettres. Or si l'on rencontrait encore mille difficultés pour l'impression en janvier, février et mars, on devait en rencontrer presque autant en mai et en juin de la même année. On a pu, comme la première fois, user d'expédients. Les différences entre les exemplaires du Recueil s'expliqueraient dans cette hypothèse comme les différences entre les exemplaires du premier tirage, et la bonne foi de Nicole , qui annonce une réimpression, cesserait d'être suspecte.
L'année 1657 a vu encore paraître deux éditions desProviiiciales, toutes deux in-12. [Cologne, Pierre de la Vallée.) On distingue entre elles ces deux éditions à un signe matériel. Celle qu'on appelle la première in-12, porte dans le texte de la première Provinciale « quelques quarante Moines Mendiants. »
Celle qu'on appelle la deuxième in-12, « quelques quarante Religieux mendiants. » Mais un éditeur des Provinciales^ M. Lesieur, a signalé une différence infiniment plus intéressante. Ces deux éditions in-12 qui s'accordent à peu près à partir de la quatrième Lettre, ne s'accordent pas du tout pour le texte des trois premières. La deuxième in-12 offre pour ces trois lettres de très précieuses \'ariantes. On peut conclure de là que l'on a retouché les Provinciales à deux reprises, et que les trois premières Lettres n'ont été revues qu'après les autres.
En 1659, une édition in-8° fut publiée chez Nicolas Schoute, à Cologne. Elle a pour titre : « Les Provinciales avec la Théologie Morale desdits Pères et
Nouveaux Casulstes, représentée pvr leurs jyratlqiies et par leurs livres. » Les Lettres de Pascal y sont suivies d'un grand nombre de pièces relatives à la polémique des Jansénistes et des Jésuites.
Entre les deux éditions in-12 de 1657 et l'édition in-8* de 1659, avait paru la traduction latine que Nicole donna des Provinciales sous le nom de Wendrock (Cologne, 1658). L'ouvrage est suivi de notes théologiques souvent très développées. La 6" édition contient en outre une Histoire des Provinciales. Le texte même de Pascal est parfois allongé. Nicole explique ce qui n'est qu'indiqué dans le français. Au reste ces additions sont loin d'être inutiles. On en trouvera une preuve dans les Notes à la treizième Provinciale à propos du Soufflet de Complègne. Dans les endroits où Nicole se borne à traduire, il n'adopte absolument ni la leçon de 1657, ni celle qui sera choisie pour l'édition de 1659. Tantôt, il suit Tune ; tantôt, il devance l'autre.
La version de ^\^endrock a été elle-même mise en
français par une fervente Janséniste, M"" de Joncoiix (1699, 3 vol. in-J2), et souvent réimprimée depuis. Dans cette traduction qui donne V Histoire des Provinciales et les Notes T/iéologiqiies^ ne figurent pas les additions faites au texte de Pascal par Nicole.
Ce sont là les seules édition? connues qui aient été publiées du vivant de Pascal, les seules, par conséquent, qui doivent compter pour l'établissement du texte.
Quant aux travaux modernes, deux surtout méritent d'être signalés : l'édition de M. l'abbé Maynard (Paris, Didot, 1851, 2 vol. in-8°,) et celle de M. Lesieur (Paris, Hachette, 1867, 1 vol. in-4°). M. l'abbé Maynard s'est proposé de réfuter Pascal, et il a enrichi son édition de notes et d'éclaircissements théologiques très utiles à consulter. Mais il s'est aussi occupé du texte. Il a étudié les éditions que nous venons de citer, il en a remarqué les caractères différents, et il s'est décidé à reproduire la leçon de 1659, en donnant en notes les principales variantes du texte primitif et des deux éditions in-12 de 1657.
M. Lesieur, dont le travail est purement critique, a réimprimé le texte primitif, et a donné en notes les leçons des deux éditions in-12 de 1657, et celles de l'édition in-8° de 1659. En outre, comme il avait entre les mains un exemplaire du texte primitif couvert de corrections manuscrites du temps, et qui avait servi sans doute à préparer l'édition de 1659^ où quelquesunes de ces corrections ont passé, il a indiqué un bon nombre de variantes inédites.
11 reste à dire comment a été établi le texte des trois Provinciales que l'on trouvera dans ce volume. Entre le texte primitif, les deux éditions de 1657, l'édition
de 1659, quel moyen de choisir autrement: que par caprice? Pascal a connu ces textes, ils méritent donc tous de compter. Il semble pourtant que le texte primitif doive passer avant les autres, et voici la raison sur laquelle se fonde cette préférence.
Les changements introduits dans les deux éditions in-i2 de 1657 et dans l'édition in-8° de 1659 ne sont pas dus le moins du monde à des hasards de goût. Ce sont des changements systématiques-. Les éditions de 1657 adoucissent le texte primitif. L'édition de 1659 le corrige et le polit. Dans les éditions de 1657 ce sont le plus souvent des violences d'expression qui s'atténuent ou qui disparaissent ; dans l'édition de 1659, ce sont surtout des négligences de style qu'on répare. Là, une épithète trop forte est remplacée par une autre, plus inoffensive ; ici, le tour est rajeuni, la construction allégée, les mots inutiles supprimés. On pourrait presque dire que les éditions de 1657 sont plus politiques^ et l'édition de 1659, plus littéraire. Les amis de Pascal, les mômes qui plus tard adouciront et embelliront les Pensées., ont passé par là, et y ont mis leur marque. Le vrai texte, celui qui donne l'idée même de Pascal, dans toute sa force, et la phrase môme de Pascal avec ses restes d'embarras, de lourdeur, presque d'incorrection, c'est le texte des éditions originales.
Ce texte, on l'a déjà dit, varie quelque peu suivant les exemplaires que l'on consulte. Il est reproduit ici d'après un exemplaire qui appartient à une bibliothèque privée. On trouvera en notes, les principales leçons des deux éditions de 1657 et ceUes de l'édition de 1659. M. Lesieur en avait déjà fait le relevé.
On n'a pas cru devoir respecter l'orthographe du texte primitif. Les Provinciales présentent bien des
difficultés: peut-être yaut-il mieux ne pas y ajouter celle de la lecture . Mais on a con serve la ponctuation de Pascal, c'est-à-dire supprimé un certain nombre de virgules, et même quelques points qui se sont introduits à la longue dans les éditions. La phrase de Pascal n'est pas toujours une phrase coupée à la moderne. C'est ce qu'a très bien fait voir M. MoUnier, dans son édition des Pensées (FâriSj Lemerre, l^"" vol. 1877; 2' vol. 1879), et c'est ce que prouve clairement le cahier autographe de la Bibliothèque Nationale.
Il a été pubhé bien des livres et bien des articles de Revues sur les Provinciales. On n'entreprendra pas d'en dresser la hste ici. Il faut pourtant citer un travail doublement intéressant, d'abord parce qu'il est peu connu, puis parce qu'il est d'un étranger et d'un protestant. C'est le livre du docteur Dre^dorfF, pasteur de l'éghse réformée de Leipsig. [Pascal, sein Leben iind seine Kam^pfe^ Leipsig, 1870, 1 vol. in-8° de 462 pages.)
On trouvera dans ce volume, outre les trois Provinciales désignées par le programme officiel de Rhétorique, quelques courts extraits des autres Lettres, d'un caractère plus particuUèrement littéraire, et qu'il a paru bon de mettre à la portée des élèves. On y trouvera également les parties principales de V Histoire des Provinciales de Nicole, dans la traduction de M'^' de Joncoux. L'ouvrage contient d'utiles renseignements, puis, par ses violences de langage, il donne une idée exacte de ce que fut la polémique qui s'engagea autour des Provinciales, dès leur publication.
« On examinait en Sorbonne la seconde lettre de M. Arnauld* et ces disputes y faisaient l'éclat que tout le monde sait. Ceux qui ne connaissaient pas quel en était le sujet, s'imaginaient qu'il s'y agissait des fondements de la foi, ou au moins de quelque question d'une extrême conséquence pour la Religion.
Un jour que Montalte^ s'entretenait à son ordinaire avec quelques amis particuliers, on parla par hasard de la peine que ces personnes avaient, de ce qu'on imposait ainsi à ceux qui n'étaient pas capables de juger de ces disputes, et qui les juraient méprisées s'ils en avaient pu juger. Tous ceux de la compagnie trouvèrent que la chose méritait, en effet, qu'on y fit attention, et qu'il eût été à souhaiter qu'on eût pu désabuser le monde. Sur cela, l'un d'eux dit que le meilleur moyen
1, Le 31 janvier 1655, M. de Liancourt, grand ami de Port-Royal, se présentait à confesse à un prêtre de la paroisse Saint-Sulpice. Celui-ci refusa l'absolution, sous prétexte que M. de Liancourt faisait élever sa petite-fille à Port-Royal. L'affaire eut un grand retentissement. (Cf. Sainte- Beuve. Port-Royal, III, p. 29, 3« édition.) C'est à ce propos qu'Arnauld écrivit sa « Première Lettre » dont le titre exact est : « Lettre d'un Docteur de Sorhonne à une personne de condition, sur ce qui est arrivé depuis peu dans lene paroisse de Paris à un Seigneur de la cour. » (1655, in-4o.) Il y établissait, avec un grand appareil d'érudition, que tout chrétien qui n'a pas commis le mal, a droit aux sacrements ; puis, il réfutait en passant quelques calomnies qui couraient alors sur les religieuses de Port-Royal (notamment p. 14 et suivantes). Cet écrit suscita des réponses, auxquelles Arnauld répliqua par une « Lettre à. un Duc et Pair « (M. do
Luynes), 1653, in-4". Cette lettre est celle dont il s'agit ici. Elle fut vivement incriminée. On lui reprocha de renouveler l'une des cinq propositions de Jansénius qui venaient d'être condamnées à Rome. L'occasion était belle pour imposer silence à Arnauld.
On poussa la chose très avant. La lettre fut dénoncée au syndic de la Faculté de Théologie. Les Docteurs de Sorbonne s'assemblèrent, et c'est ainsi que s'engagea la Censure d'Arnauld. (Cf. les notes de la première Provinciale.) — Sur M. de Liancourt, qui n'avait pas toujours été aussi janséniste, on trouvera de curieux détails dans un petit volume réimprimé récemment : le Règlement de la duchesse de Liancourt. M"^^ la marquise de Forbin d'Oppède y a joint une introduction intéressante à laquelle je Kenvoie. (l vol. ia-16, Pion, 1881.)
2. C'est le nom sous lequel fut publié le Recueil de 1657. Jusque-là, les Lettres étaient anonymes.
pour y roussir était de répandre dans le public une espèce de factum, où l'on fît voir que dans ces disputes, il ne s'ap.ssait de rien d'important et de sérieux; mais seulement d'une question de mots, et d'une pure chicane, qui ne roulait que sur des termes équivoques, qu'on ne voulait point expliquer. Tous approuvèrent ce dessein ; mais personne ne s'offrait pour l'exécuter. Alors Montalte, qui n'avait encore presque rien écrit, et qui ne connaissait pas combien il était capable de réussir dans ces sortes d'ouvrages, dit qu'il concevait à la vérité comment on pouvait faire ce factum, mais que tout ce qu'il pouvait promettre était d'en ébaucher un projet, en attendant qu'il se trouvât quelqu'un qui pût le polir et le mettre en état de paraître.
Voilà comment il s'engagea simplement, et ne pensant pour lors à rien moins qu'aux Provinciales. Il voulut le lendemain travailler au projet qu'il avait promis. Mais au lieu d'une ébauche, il fit tout de suite la première Lettre telle que nous l'avons. Il la communiqua à un de ses amis, qui jugea à propos qu'on l'imprimât incessamment, et cela fut exécuté ^ . »
J'ai tenu à citer toute cette page de Nicole. Elle explique trèsbien comment les Provinciales furent faites, et pourquoi. La Sorbonne délibérait avec un appareil extraordinaire sur le casd'Arnauld. Il s'agissait d'une question de théologie obscure et difficile entre toutes; mais Port-Royal ^ avait des ennemis, peu scrupuleux sur le choix des moyens de nuire. Que n'allait-on pas insinuer dans les esprits ? Il importait de prendre les devan ts, et de montrer au public que les fondements de la foi n'étaient pas menacés. Pascal, jeune encore, était dans toute l'ardeur de
1. Histoire des Provinciales, par Nicole. Voir la suite à la fin du volume. Charles Perrault nous a laissé dans ses Mémoires, un récit plus vif et plus agréable, mais qui concorde avec celui-ci.
2. Sur Port-Royal, nous renvoyons à l'ouvrage de Sainte-Beuve (1'''^ édition, 1840-59, 5 vol. in-S». — 3« édition, avec Index, 7 vol. in-12, 1867.) On devra lire également l'Abrégé de l'Histoire de Purt- Royal, de Racine.
Lai" édition, qui ne comprend que la première partie du récit, a été imprimée en 1742 ; la 2« édition qui est complète, en 1767. L'Abrégé ne trouve dans l'édition de Racine qui fait partie de la collection des grands écrivains de la France (Paris , Hachette, 186.'>), Tome IV, p. 387 et suivantes.
On a écrit des histoires de Port- Royal plus complètes qne celle de Racine, et plus uniquement consacrées à Port-Royal même que celle de Sainte-Beuve. J'indique ici les trois principales :
L'abbé Besoigne. Histoire de l'abbaye de Port-Royal, fi vol. in-12, Cologne, 1752.
Dom Clémencet. Histoire générale da Port- Royal, depuis la. réforme de l'abbaye jusqu'à son entière destruction, 10 vol. in-12, Amsterdam, 1755-57.
Pierre Guilbert. Mémoires historiques et chronologiques sur l'abbaye de Port-Royal des Champs, 9 vol.
in-12, Utrecht, 1755-59.
sa conversion dcfuiilivo. 11 venait de quitter le monde, et savait encore comment il faut parler au monde pour en être entendu. Il prit donc pour lui la querelle, et comme il avait, au rapport de M™° Perler, « une éloquence naturelle qui lui donnait une facilité merveilleuse à dire ce qu'il voulait, » il écrivit en fort peu de temps la première Lettre à un Provinc'al^. Des amis très actifs se chargèrent de la répandre. On la lut à Paris, dans les provinces, en Sorbonne. Elle eut un succès prodigieux. Pascal avait trouvé le bon moyen : il faisait rire le public, et il le faisait rire aux dépens des ennemis d'Arnauld. La Faculté eut beau prononcer sa Censure. Les honnêtes ^^?w en furent quittes pour rire avec Pascal et censurer la Gensiu'e.
Mais qui se soucie à présent et d'Arnauld et de la grâce Janséniste? Si les Provinciales n'étaient qu'uu pamphlet théologique, elles auraient vieilli. On admirerait encore l'art consommé de l'écrivain, mais on ne lirait guère ses lettres. Pourtant on les lisait au dix-huitième siècle, qui n'était pas un siècle janséniste. On les lit de nos jours, oi\\di grâce suffisante et \e pouvoir prochain sonnent étrangement aux oreilles. On les lira longtemps encore. D'oi^i vient celte durable nouveauté, sinon de ce que Pascal, abandonnant tout d'un coup la querelle de la grâce, a porté la lutte sur un autre terrain, oi^i les hommes se rencontreront tant qu'il y aura des hommes ? On peut médire de la morale, mais il est difficile de la supprimer. Et quoiqu'elle ne soit peut-être pas la même dans tous les temps, elle est de tous les temps; car toujours il faut vivre, c'est-à-dire agir et surtout choisir. Gomment se décider entre des partis différents ou opposés, comment dans les conjonctures délicates, distinguer ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire, si l'on n'a une règle et un principe par lesquels on se conduit? Tout cela, c'est de la morale; ou plutôt, c'est la morale même, dégagée dos théories, mais vivante, et qui règle la vie.
On a dit parfois que c'était le chevalier de Méré ^ qui avait conseillé à Pascal d'attaquer les jésuites sur leur morale. Si l'anecdote est vraie, il faut rendre au chevalier de Méré ce qui lui est dû et reconnaître qu'il est pour une grande part dans ce qui fera l'éternel succès des Pi'ovinciales.
Ce qu'il y a de sûr, c'est que du jour où Pascal entreprit de
1. C'est là le litre exact. Les termes courants « Lettres Pruvincialcs » ne sont qu'une abréviation mai faite.