‹ Première, quatrième et treizième lettres provincialesChapitre 10 sur 40 · Séparément. Remarquer ie mot · texte numérisé non relu

Séparément. Remarquer ie mot

n répond à la phrase qui est plus bas « mon disciple de M. le Moine arriva

Nicolai ^ Je n'en connais .pas un (^), lui dis-je. Voyez donc, me dit-il, si vous ne connaîtrez point quelqu'un de ceux que je vous vas nommer : car ils suivent les sentiments de Monsieur le Moine. J'en connus en effet quelques-uns. Et ensuite il me dit : Voyez si vous ne connaissez point des Dominicains qu'on appelle nouveaux Thomistes ^ ; car ils sont tous comme le Père Nicolai. J'en connus aussi entre ceux qu'il me nomma ; et résolu de profiter de cet avis et de sortir d'affaire, je le quittai. Et fus d'abord chez un des disciples de Monsieur le Moine.

Je le suppliai de me dire ce que c'était {ù) qu'avoir le pouvoir prochain de faire quelque chose. Cela est aisé, me dit-il, c'est avoir tout ce qui est nécessaire pour la faire, de telle sorte qu'il ne manque rien pour agir. Et ainsi, lui dis-je, avoir le pouvoir prochain de passer une rivière, c'est avoir un bateau, des bateliers, des rames, et le reste, en sorte que rien ne manque. Fort bien, me dit-il. Et avoir le pouvoir prochain de voir^ lui dis-je, c'est avoir bonne vue, et être en plein jour. Car qui aurait bonne vue dans l'obscurité n'aurait pas le pouvoir prochain de voir, selon vous, puisque la lumière lui manquerait, sans quoi on ne voit point. Doctement, me dit-il. Et par conséquent, continuai-je, quand vous dites que tous les justes ont toujours le pouvoir prochain d'observer les Commandements, vous entendez qu'ils ont toujours toute la grâce nécessaire pour les accomplir ; en sorte qu'il ne

[a] 2« éd. in-12 de 1657 et les suivantes : Je ne connais ni l'un ni l'autre. (6) 2= éd. in-12 de 1657; éd. in-Sode 1659 : ce que c'est.

par un bonheur que je croyais extraordinaire ; mais j'ai su depuis que leur rencontre n'est pas rare et qu'ils sont continuellement mêlés les uns avec les autres. » Séparément M. le Moine et le P. Nicolai définissent le pouvoir prochain, et ne s'accordent pas ; mêlés l'un avec l'autre, ils s'accordent, mais ne définissent pas. « Voulez-vous donc recommencer nos broniUeries, etc. . »

1. M. le Moine. C'est par erreur, que l'index de la troisième édition de Port-Royal rapporte à ce personnage les passages où il s'agit de la Dévotion aisée et des Peintures

morales. Ces deux ouvrages sont du P. le Moyne, jésuite. (Cf. la xi'' Provinciale.) Le Moine est, dit Nicole, un Docteur de la maison de Sorbonne que le cardinal de Richelieu engagea à se déclarer contre Jansénius, qu'il n'avait jamais lu, non plus que saint Augustin. ( Weadrock traduit, notes de la f» Prov., note m.) C'était ua grand ami de Cornet et de Hallier.

— Le P. Nicolai était un dominicain, mais qui s'écart;iit, dit Nicole (Ibid., note II), de la doctrine de son ordre. Nicole no dit pas au juste en quoi.

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