‹ Première, quatrième et treizième lettres provincialesChapitre 12 sur 40 · SUR LA PREMIÈRE PROVINCIALE · texte numérisé non relu

SUR LA PREMIÈRE PROVINCIALE

La première lettre est du 23 janvier. Elle parut le jour môme où les docteurs partisaus d'Arnauld se retiraient de l'assemblée, et elle précéda de huit joirs le vote définitif de la censure (31 janvier). Gomme on l'a vu dans V Introduction, l'effet en fut très grand. On chercha à deviner le nom de l'auteur, et l'on fit à ce propos les conjectures les plus étranges. On nomma Gomberville, un certain abbé le Roi, Arnauld, tout le monde enfin, sauf peut-être Pascal, qui à cette date était encore très peu connu du public, n'ayant guère écrit que sur des sujets de physique. Au reste, son nom véritable demeura ignoré jusqu'à la lin, et le pseudonyme même de Montalte, ne parut que dans le recueil des Provinciales fait l'année d'après par Nicole.

Les amis mondains de Port-Royal s'employèrent à faire valoir les Lettres à mesure qu'elles paraissaient. On les lisait en compagnie chez M^° de Sablé, et à l'hôtel de Nevers, où ^imc (\^j^ Plessis réunissait autour d'elle une société brillante : M. de la Rochefoucauld (alors prince de Marsillac), la marquise de Liancourt, la comtesse de Lafayette, M. de Rancé, etc. De son côté, M. d'Andilly les communiquait et les recommandait à ses nombreux correspondants. Les hommes d'affaires de Port- Royal, MM. de Saint-Gilles et de Pontchateau surveillaient l'impression et expédiaient en province de gros bahots de lettres, adressés à tout le monde, même à des Jésuites. G'est du moins ce que raconte un personnage du dialogue du P. Daniel. «Jamais, dit-il, la poste ne fit de plus grands profits. On en envoya des exemplaires dans toutes les villes du royaume, et quoique je fusse assez peu connu de Messieurs de Port- Royal, j'en reçus dans une ville de Bretagne où j'étais alors, un gros paquet gratis et port payé. » Gela fit, dit encore le P. Daniel, « un fracas dont les Pères de la Société furent consternés ^ . »

On s'ex])li(iue l'admiralion des Jansénistes, l'émoi de leurs Il d versai i-es, la surprise de tout le monde, en songeant qui'lle

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