‹ Première, quatrième et treizième lettres provincialesChapitre 23 sur 40 · Voir la 12« Lettre · texte numérisé non relu

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citations contre les faussetés que vous m'imposez. Mais parce que vous avez osé avancer dans vos écrits que les sentiments de vos Auteurs sur le meurtre sont conformes aux décisions des Papes et des lois ecclésiastiques^ vous m'obligerez à renverser [a) dans ma lettre suivante une proposition si téméraire et si injurieuse à l'Eglise. Il importe de faire voir qu'elle est pure de vos corruptions (/>), afin que les hérétiques ne puissent pas se prévaloir de vos égarements pour en tirer des conséquences qui la déshonorent. Et ainsi, en voyant d'une part vos pernicieuses maximes, et de l'autre les Canons de l'Eglise qui les ont toujours condamnées, on trouvera tout ensemble et ce qu'on doit éviter et ce qu'on doit suivre.

Votre quatrième imposture est sur une maxime touchant le meurtre, que vous prétendez que j'ai faussement attribuée à Lessius * . C'est celle-ci : Celui qui a reçu un soufflet peut poursuivre à l'heure même son ennemi, et même à coups d'épée, non pas pour se venger, mais pour réparer son honneur. Sur quoi vous dites que cette opinion là est du Casuiste Victoria ^ Et ce n'est pas encore (c) le sujet de la dispute. Car il n'y a point de répugnance à dire qu'elle soit tout ensemble de Victoria et de Lessius, puisque Lessius dit lui-même qu'elle est aussi de Navarre^ et de votre Père Henriquez'% qui enseignent : Que celui qui a reçu un soufflet peut à l'heure même poursuivre son homme, et lui donner autant de coups qu'il jugera nécessaire pour réparer son honneur. Il est donc

[a] Ed. in- 8° de 1659 à : détruire,

[h) Ed. in-S» de 1659 : exempte de vos corruptions.

(c) Ed. in- 8» de 1659 : ce n'est pas encore là le sujet.

1. Cf. 7« Lettre. Lessius (Léonard Leys), né en 1354. Entra dans la compagnie de Jésus en 1572, professa sept ans la philosophie à Douai, puis plus tard, la théologie à Louvain. 11 mourut le 25 janvier 16"23, dans un grand renom de vertu et de piété qu'il s'était fait dès sa jeunesse. Le plus célèbre de ses ouvrages est un traité de Justitiaet Jure. Saint François de Sales tenait Lessius en très haute estime.

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