‹ Première, quatrième et treizième lettres provincialesChapitre 30 sur 40 · SUR LA TREIZIEME PROVINCIALE · texte numérisé non relu

SUR LA TREIZIEME PROVINCIALE

Nous nous trouvons ici en pleine querelle contre les Gasuistes. Il faut noter que ce n'est pas Pascal qui a frappé les premiers coups. Sainte-Beuve a fait remarquer que, dès 1626, M. de Saint-Gy^an avait commencé la lutte dans sa polémique contre le P. Garasse. (Gf. Port-Royal, 3^ édition, t. I, p. 310.) En 1643, Arnauld avait rassemblé quelques décisions choquantes des Gasuistes dans in volume intitulé : Théologie morale des Jésuites extraite fidèlement de leurs livres. Mais tout ceci ne ressemblait pas aux Provinciales.

Il y a peu de choses à dire sur la treizième lettre. Gomme on l'a vu par les notes, c'est dans la septième lettre que Pascal avait traité la question de l'homicide. Dans quelles conditions est-il permis de tuer? Au prenier abord, il peut sembler extraordinaire que l'Eglise se pose cette question. La poser, n'est-ce pas reconnaître . implicitement qu'il y a une sorte de droit à l'homicide? Mais il faut songer, comme je l'ai fait remarquer dans V introduction (IP partie), qu'il ne s'agit pas, dans les livres de théologie morale, d'établir des règles pour la pratique. Ils n'ont d'autre objet que de guider le confesseur dans l'appréciation et le jugement des actes qui lui sont racontés. Un meurtre ayant été commis, jusqu'à quel point le meurtrier est-il coupable ? Voilà le véritable sens de cette discussion, d'ailleurs si étrange, sur l'homicide.

Au reste, les décisions des Gasuistes varient sur ce point avec les temps et avec les lieux. Les Gasuistes espagnols ont une doctrine à eux qui n'est pas acceptée, parait-il, de tous leurs confrères. Ils admettent que l'on peut tuer pour venger son honneur. Mais ce souci de l'honneur semble être surtout une concession aux préjugés et aux mœurs de leurs concitoyens.

De même, la question du duel devait attirer l'attention des Gasuistes. On sait l'importance que le duel avait prise dans la société française, en particulier, et jusqu'en plein dix-septième siècle. On dut être obligé souvent de recourir aux facilités qu'uilVait la Casuisli([uc pour juger les duellisles.

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