SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DE L'ALLEMAGNE
^ENDANT LA GUERRE
§ 1. — Le gouvernement impérial.
Jugées uniquement d'après les livres qui les exposent, les diverses institutions des peuples sont parfaites et d'ailleurs très voisines. C'est donc uniquement la façon dont elles se trouvent appliquées qu'il importe de connaître.
L'Allemagne ayant un parlement, on s'imagine parfois qu'elle possède un gouvernement constitutionnel. Rien de moins exact. Le parlement est une fiction. Les députés n'y jouissent d'aucune autorité et n'exercent d'autres fonctions que voter le budget et certaines lois.
Le gouvernement ne se considère nullement obligé de tenir compte de leur vote. Les ministres, nommés directement par l'empereur, ne sont presque jamais recrutés dans le parlement et ne peuvent être renversés par des votes dont ils se soucient très peu.
Sans doute M. de Bûlow, en 1909, donna sa démission à la suite du refus d'un projet d'impôt sur les successions par le parlement, mais ce fut un simple
prétexte pour justifier un départ uniquement dû à ses dissentiments avec l'empereur.
En dehors de ces cas tout à fait exceptionnels, les ministres ne se préoccupent aucunement des votes du parlement et saisissent volontiers l'occasion de lui rappeler qu'ils en sont indépendants.
On le vit nettement le jour où M. de Bethmann- Hollweg, à la suite d'observations déplaisantes de certains députés, n'hésita pas à déclarer à la tribune qu'il se considérait simplement comme l'exécuteur des ordres de l'empereur. Ce même chancelier n'a pas caché depuis combien le suffrage universel et la démocratie lui étaient antipathiques. Il a même affirmé que « la démocratisation du parlementarisme a, dans tous les pays, amené un abaissement des mœurs politiques ».
Si pendant la guerre le parlement allemand a semblé jouer un rôle moins effacé qu'auparavant, c'est uniquement parce qu'il servit de tribune au chancelier pour ses justifications et aussi à ses adversaires pour leurs attaques. Les socialistes y ont trouvé également la seule tribune d'où ils pouvaient formuler leurs revendications.
La situation fort secondaire du parlement allemand s'explique très bien quand on se souvient que l'empereur est convaincu qu'il doit son trône uniquement à la grâce de Dieu. Comment dès lors pourrait-il admettre un pouvoir indépendant du sien?
Il fait donc aussi peu de cas que ses ministres des votes du parlement. Lorsque le Reichstag se déclara hostile à l'expropriation des Polonais, parune majorité de deux cent treize voix contre quatre-vingt-dix-sept, l'empereur ne se gêna aucunement pour passer outre.
Nombreux sont les exemples du même ordre. En 1913, à la suite des événements de Saverne où des officiers allemands avaient fait jclor dans une cave des habitants, parmi lesquels figurait un juge allemand, le blâme voté par la grande majorité des députés n'exerça pas la moindre influence sur la politique du chancelier. Il se borna à déclarer que, dépendant de l'empereur et nullement du Reichstag, aucun vote de méfiance ne pouvait l'atteindre.
Les ministres n'étant pas recrutés au sein du parlement, un député allemand reste toujours un assez mince personnage. Ce n'est qu'en entrant dans l'administration qu'on peut espérer arriver à conquérir un portefeuille.
Simples fonctionnaires ayant parcouru tous les échelons d'une carrière, les ministres possèdent l'expérience des affaires et une compétence technique fort utile à l'État.
Bien qu'indépendant des parlements, le gouvernement prussien n'est pas cependant une monarchie tout à fait absolue. Si puissant que soit l'empereur, il doit tenir compte non seulement de l'influence des États confédérés de l'empire, mais aussi des intérêts de la caste militaire et de la noblesse agrarienne, vraies colonnes de son pouvoir. Ce sont elles surtout qui l'ont poussé à la guerre.
A l'aristocratie terrienne il faut ajouter encore l'oligarchie commerciale et industrielle qui, en raison du développement énorme de l'industrie, rêvait la conquête économique du monde.
Pour des motifs divers les castes entre lesquelles est divisée la société allemande ne cessèrent de propager lés idées d'hégémonie et utilisèrent dans ce
but les théories des professeurs et des historiens. Quand l'immense troupeau germanique fut suffisamment halluciné, il marcha joyeusement à la mort.
Depuis l'ouverture des hostilités, la direction des armées appartient à l'Empereur. La destruction de Louvain, le bombardement de la cathédrale de Reims, les massacres dé populations inoffensives, le torpillage du Lusitania, etc., résultèrent. uniquement de ses ordres. Jamais un chef allemand n'aurait osé prendre l'initiative de telles mesures.
§ 2. — La direction de l'opinion pendant la guerre.
J'ai déjà rappelé que pendant la guerre, le gouvernement allemand avait fait de grandes dépenses pour se concilier l'opinion dans les pays étrangers, et notamment en Amérique.
En Allemagne, la tâche était facile, la presse ne pouvant dire que ce qu'on lui permettait de dire. Elle a gardé un complet silence sur la bataille de la Marne et vingt fois annoncé la fin prochaine des hostilités. Les Russes étaient définitivement repoussés. L'Angleterre, paralysée par la révolte de l'Irlande, ne pouvait plus participer à la guerre, etc. Ce n'est que sur les questions à l'égard desquelles le gouvernement hésitait et voulait tâter l'opinion, la guerre sous-marine, par exemple, qu'il laissa quelque liberté aux journaux^.
1. A l'exception de deux ou trois feuilles socialistes, tous les journaux aile inands sont dans les mains du gouvernement. Les plus importants : Bey^liner Tagcblalt, Lokal Anzeiger, Tag Vossische Zeiiung, Frankfurter Zeitung (ce dernier le plus répandu de tous), appartiennent à des juifs. Possédant les journaux, les théâtres et les plus importantes banques, ils exercent une influenc* directe ou occulte considérable en Allemagne.
Le gouvernement essaya d'agir, par ses publications et ses agents, non seulement sur les neutres, mais encore sur les Alliés. En Russie, il accumula des elTorls considérables pour obtenir une paix séparée. Dans l'espoir d'affaiblir le moral des soldats, il faisait jeter sur les tranchées, par des avions, en mars 1916, des proclamations écrites en russe, et qui indiquent quelques progrès de la part des Allemands dans la connaissance, si rare chez eux, de la psychologie des peuples. En voici quelques extraits :
De nouveau une malheureuse guerre, de nouveau, contrairement à la loi et à la parole divines, le frère tue le frère, des gens qui ont reçu le baptême se frappent à mort. Combien cela est triste, combien cela est aflfreux et terrible I
Le Sauveur pleure !
Russes et Allemands vivions tranquillement ensemble. Nous nous respections, nous nous aidions. Souvenez-vous, frères, de la campagne du Japon ! Qui vous est venu en aide, sauf les Allemands? Vos alliés, ^ Français, n'ont pas bougé le petit doigt pour vous aider !
L'Angleterre a aidé les Japonais, des gens qui n'ont pas reçu le baptême, qui vous ont volé Port-Arthur, qui vous ont dépouillé en Extrôrae-Orient, qui ont tué et massacré des milliers de milliers de Russes !
Et c'est d'accord avec ces mécréants que la Russie a entrepris la guerre contre les Allemands baptisés ! Comme c'est affreux! comme c'est triste!...
L'Anglais fut toujours l'ennemi de la Russie, c'est lui qui a envoyé les Japonais contre vous. Il vous a toujours détestés. Et c'est lui qui, en commerçant rusé, a préparé cette guerre seulement pour son avantage particulier ! Croyez-nous : sans cesse il s'est servi des autres les faisant se battre pour lui.
L'armée allemande est partout victorieuse! La Belgique, alliée de l'Angleterre, est occupée par nous.
Les Français reculent, ils sont vaincus ! Notre armée est déjà près de Paris. L'armée anglaise est en retraite, elle est vaincue!
Mais, nous ne voulons pas verser votre sang !
Cessez la lutte! rendez-vons et passez do notre côté. Chez nous on nourrit bien les pri.sonniers, on a pitié des malheureux ! ou bien rentrez ch(./ vous ! Ce n'est pas la peine que ni vous ni nous fassions la guerre!
Quoique fortement m'uselée par la censure, la presse allemande put parfois, surtout dans les royaumes confédérés, faire entendre ses plaintes. En voici quelques-unes, extraites de divers journaux allemands :
La censure employée sans modération a fait renaître tous les maux de l'absolutisme : les commérages, les allusions obscures ou inquiétantes, les manœuvres sournoises et perfides, les exagérations, l'empoisonnement de l'esprit public. (Mun~ chener Neueste Nachrichten, 19-3-16.) '
Un peuple intelligent et discipliné, écrit M. Bernhard, a le droit de savoir d'après quels points de vue il est gouverné et vers quels buts il marche. Or, d'un côté on n'apprend rien et de l'autre on ne peut même pas poser des questions... (Vossische Zeitung, 13-3-16.)
Les membres du Reichstag, au moment de se réunir, sentent peser comme un cauchemar sur leur esprit. (Kolnische Volksztg, 15-3-16.)
Le gouvernement a pris l'habitude commode d'enlever le droit de parler à tous ceux qui le gênent; il n'y a plus de liberté d'opinion. Le mensonge empoisonne la vie politique de la nation. (Kreuzztg, 17-3-16.)
Pendant les premiers temps de la guerre, les journaux allemands triomphèrent bruyamment des succès germaniques, sans jamais parler de leurs revers. Les plans de l'état-major étaient infaillibles et l'Allemagne marchait vers une paix rapide.
Mais, de même que les diplomates allemands n'avaient pas prévu l'intervention de TAngleterre et la défense de la Belgique, l'état-major n'avait pas supposé que les Alliés pourraient arriver, en créant des armées et des munitions, à se défendre d'abord, puis à attaquer.
Ce fut pour lui une surprise, partagée par beaucoup de journaux neutres qu'influençaient les publications allemandes. Voici comment s'exprimait l'un d'eux :
Qui aurait dit, il y a deux ans, qu'en outre des armées connues, estimées à leur valeur potentielle par les stratèges des empires centraux, il en surgirait une autre complètement nouvelle, capable d'altérer tout jugement sur les facteurs militaires prévus? La présente guerre est une guerre de surprises et de mira(îles. La France se sauva à la Marne alors que personne ne pouvait l'espérer. La Russie se sauva sur la Dvina, quand on croyait unanimement qu'elle allait succomber. La Serbie s'est sauvée à Corfou, quand les plus optimistes eux-mêmes n'cspépéraient pas que ses divisions dispersées pussent échapper à la misère et à l'ennemi. {Correspond, de Espana, 23 juin 1916.)
Ce que le journaliste qualifie de miracle est le résultat de la ténacité des Alliés, et aussi du défaut de sens politique que le prince de Bûlow reprochait justement à ses compatriotes, en rappelant le mot de Gœthe : « Capable dans le détail, l'Allemand est piteux dans l'ensemble. »
Raillant un peu l'enseignement des sciences politiques en Allemagne, l'ancien chancelier ajoutait :
Il faudra longtemps avant que nous sentions les effets de cette érudition sur la pratique politique : il coulera beaucoup d'eau sous nos ponts jusqu'à ce que la faiblesse et les défauts innés de notre tempérament politique disparaissent par ce procédé.
§ 3. — Situation économique et sociale de l'Âllemagna
pendant la guerre.
Dans le livre consacré aux Enseignements psychologiques de la guerre, j'ai montré la prospérité croissante de l'Allemagne avant le déclanchement du conflit, et précisé ses causes.
Cette prospérité était surtout matérielle. L'Allemagne couvrait le monde de ses représentants et de ses industries, mais elle ne l'envahissait plus avec ses pensées. L'ère des grands philosophes, des littérateurs
illustres, des artistes éminents, éLait close depuis la conquête prussienne. La caserne et Técole avaient rapidement nivelé les âmes. Le joug des règlements, utile aux esprits médiocres, ne favorise pas le développement des puissants cerveaux.
L'Allemagne en était encore à la phase où l'Etatisme crée la prospérité d'un peuple avant d'engendrer sa décadence. La guerre a ébranlé cette prospérité pour longtemps. Un pays industriel et exportateur ne perd pas impunément ses clients. Or, en 1913, les importations de l'Allemagne atteignaient environ 12 milliards et ses exportations 11 milliards.
Les ressources de l'Allemagne, pendant la lutte européenne ont été constituées avec des emprunts et des bons du Trésor. Grâce à ses réserves à l'étranger, elle est loin d'être entièrement ruinée. Son commerce lui permettait des placements considérables qui lui furent fort utiles.
Voici comment un journal neutre expose cette situation :
Le portefeuille allemand en valeurs américaines est estimé à sept milliards de marks, celui en valeurs argentines à quatre milliards, les autres titres à environ trois milliards de marks. Dans certains milieux on recommande la création d'une réserve nationale au moyen de ces valeurs, qui, alors, ne seraient pas vendues, mais garantiraient les achats et importations aile-, mandes après la paix. 184 millions de marks de titres roumains ont été affectés à l'achat de 500.000 tonnes de blé en Roumanie.
Au début de la guerre, le commerce de l'Allemagne avec les autres pays fut gêné, mais non supprimé.
Le blocus de l'Angleterre finit cependant, par le réduire à peu de chose. D'après les derniers chiffres publiés et qui, naturellement, ne sauraient être bien sûrs, le commerce avec les^Etats-Unis s'est restreint
progressivement de 94 pour cent, avec l'Italie de 96 pour cent, avec le Brésil de 98 pour cent. Inutile d'ajouter qu'avec la France, l'Angleterre et le Japon, c'est-à-dire avec ses plus importants clients, le commerce de l'Allemagne est devenu nul.
Il ne faut pas oublier, pour comprendre l'importance de tels chiffres, que l'Allemagne vit surtout de ses exportations et ne saurait pour cette raison prolonger indéfiniment la lutte. On pourrait même soutenir que l'Angleterre, par la seule présence de ses cuirassés, empêchant les navires d'entrer en Allemagne ou d'en sortir, ruinerait l'Allemagne dans l'espace de quelques années sans tirer un seul coup de canon, et la forcerait à solliciter la paix.
L'obligation pour les Allemands de vivre sur leurs propres ressources eut certainement quelques avantages pour eux. Ils affirment que les milliards dépensés pour le matériel de guerre restant en Allemagne, le blocus a constitué yne économie. L'assertion est évidemment peu exacte, mais il ne semble pas exagéré de dire que la privation d'une foule de produits nécessaires stimula beaucoup les recherches des spécialistes allemands et les amena à créer des industries nouvelles. C'est ainsi, par exemple, qu'ils arrivèrent à remplacer huit cent mille tonnes d'engrais, venues autrefois d'Amérique, par des nitrates fabriqués avec l'azote de l'air.
Suivant plusieurs théoriciens allemands, un pays en guerre doit pouvoir vivre sur lui-même et l'Allemagne aurait presque réalisé cette conception. Ils font remarquer que les nations ayant vécu d'imj)ortations pendant le conflit se sont appauvries par la sortie de leur or et parce que ces importations entraînaient une
élévation des prix de transport résultant de l'insuffisance des navires et des dangers auxquels les exposaient les sous-marins.
L'industrie allemande, celle surtout consacrée aux fournitures militaires, a grandement prospéré pendant la guerre. Le chancelier de l'Empire allemand a pu dire à la tribune du Reichstag : « Sans notre industrie, nous aurions depuis longtemps perdu la guerre ».
Assertion très juste. L'élément le plus redoutable pour nos armées ne fut pas le soldat, mais les produits de l'industrie allemande : obus et canons.
Ce fait dont l'exactitude devient de plus en plus évidente chaque jour crée un nouvel aspect aux batailles modernes. Les véritables adversaires sont les industriels qui, du fond de leurs usines, forgent inlassablement les explosifs et les masses d'acier contre lesquels les plus vaillants courages restent impuissants.
Les industriels allemands travaillant aux fournitures de guerre se sont immensément enrichis. L'usine Krupp a pu prélever vingt-cinq millions sur ses bénéfices d'une année pour secours aux familles des soldats. Ses gains en 1915 dépassèrent, d'après le VorwaertSy cent millions. Dans l'état actuel de la civilisation, aucune industrie n'enrichit aussi vite que la fabrication de machines destinées à tuer ou estropier les hommes avec célérité.
Avant la guerre l'Allemagne qui devenait de plus en plus une nation industrielle, n'avait pas cessé, cependant, de rester en partie un pays d'agriculture et d'élevage, Sicile avait comme l'Angleterre remplacé presque entièrement ses champs de blé par des ,
usines une famine complète, consécutive au blocu^^ l'eût absolument empêchée de prolonger la guerre.
Grâce à son agriculture et à son élevage, l'Allemagne put continuer à vivre simplement en se rationnant un peu, beaucoup moins d'ailleurs que ne le firent les Parisiens à la fin du siège de 1871. Les cartes d'aliments, les jours sans viande et sans beurre, etc., ont bien provoqué quelques émeutes, mais doués d'une extrême docilité les Allemands acceptèrent les privations sans beaucoup de plaintes.
Il faut remarquer aussi que malgré le blocus l'Allemagne a été un peu ravitaillée par les neutres. Dano''^^ Suédois, Roumains, etc., contribuèrent à l'alimenter, malgré la surveillance de l'Angleterre. Ils le firent surtout dans les premiers temps de la guerre, mais des statistiques américaines, établies d'ailleurs dans un tout autre but, le révélèrent vite.
On sut ainsi que les exportations de l'Amérique pour le Danemark, qui en novembre 1913, étaient de 6 millions de francs s'élevèrent, en novembre 1914, à 65 millions. L'exportation pour la Norvège passa de 3 millions à 80 millions; pour la Suède, de 6 millions à 37 millions, pour l'Italie, de 37 millions à 85 millions. Comme la consommation intérieure de ces divers pays n'avait pu subir de pareilles augmentations il était bien certain que les marchandises ne faisaient que les traverser pour passer ensuite en Allemagne.
Ce fut cette alimentation indirecte de rAllemaghe que l'Angleterre réussit à entraver par diverses mesures, mais sans y réussir complètement.
Le résultat final de l'intervention des neutres se traduisit, d'un côté, par la prolongation des hostilités
et de l'autre par le considérable enrichissement de ces neutres. Aucune guerre de conquête, si heureuse qu'on la suppose, neleur eût jamais rapporté de telles richesses.
Plus l'Europe sera ruinée, plus les neutres vivront dans l'abondance. L'expérience leur aura ainsi fait découvrir la justesse de cette proposition, encore assez neuve pour les peuples et leurs gouvernements, que dans l'état actuel de la civilisation, le commerce peut enrichir un peuple alors que les guerres le ruinent rapidement.