MANIFESTATIONS DE L'AME ALLEMANDE PENDANT LA GUERRE
§ 1. — Qualités manifestées par les Allemands.
Pendant la guerre, les Allemands ont fait preuve de qualités et de défauts qu'il est utile d'étudier.
En dehors de leurs qualités militaires : discipline inflexible et obéissance absolue, ils tirèrent grand parti d'aptitudes manifestées déjà dans la vie civile. Personne ne leur conteste le goût du travail, la persévérance, l'esprit d'ordre et de méthode, surtout dans les œuvres collectives.
On ne peut nier qu'au cours de la guerre les Allemands aient manifesté beaucoup de prévoyance et d'initiative, qualités dont leurs ennemis souvent manquèrent et dont on ne saurait exagérer l'importance. Supposez qu'au début des hostilités le commandant d'un des cuirassés qui se trouvaient dans la Méditerranée ait possédé l'énergie de caractère suffisante pour entrer hardiment à Gonstantinople à la suite du Gœben et du Breslau. Cette décision purement psychologique aurait eu pour résultat : 1* d'éviter la mort de cent mille Anglais tués inutilement à Gallipoli quand on se décida à tenter d'entrer par force à
Gonstantinople; 2" de modifier complètement la marche de la guerre; 3° d'économiser pas mal de milliards et de centaines de mille de combattants. Certaines qualités de caractère ont donc une valeur qu'aucun matériel militaire ne pourrait remplacer.
On ne voit pas très bien, sans doute, au premier abord, comment la discipline, Taction collective et la division du travail poussée si loin cheïi les Allemands peuvent favoriser Tinitiative. Il semble même y avoir contradiction entre la discipline et l'initiative.
Cette contradiction n'est qu'apparente. La division du travail limite étroitement, il est vrai, l'horizon de chaque Allemand, mais l'individu peut se mouvoir très librement entre les bornes de cet horizon. Ses chefs tiennent même à ce qu'il conserve une entière liberté dans la cage mentale où il se meut.
Et c'est pourquoi son initiative s'exerce dans toutes les branches de la vie, aussi bien militaire qu'industrielle. Le colonel d'un régiment par exemple, laissera à ses capitaines le soin d'éduquer leurs compagnies "comme ils l'entendent, et n'interviendra qu'à périodes espacées pour constater les résultats obtenus. Le chef d'une grande usine laissera de même à ses ingénieurs et à ses chimistes toute latitude pour travailler au sujet concernant leur spécialité : synthèse d'un composé nouveau, création d'une machine destinée à exécuter un travail déterminé, etc.
C'est parce qu'il possède une confiance complète dans/ ses subordonnés qu'un dief peut leur laisser cette liberté. Il n'en est pas toujours de même en France. Le chef, officier, fonctionnaire ou industriel, se méfiant de ses subordonnés se montre
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tatillon, méticuleux, intervient inutilement dans les détails et paralyse ainsi toutes les initiatives. C'est un point fondamental peu signalé pourtant et sur lequel on ne saurait trop insister. Notre imparfaite organisation civile, militaire et industrielle n'a souvent pas d'autres causes que cette paralysie des initiatives.
Malgré nos allures parfois révolutionnaires, nous sommes en réalité extrêmement conservateurs. Ce qui a été établi une fois nous semble l'être pour tou^ jours. Un chef d'usine ayant adopté une machine en adoptera difficilement une autre. Les nouveautés, fort bien reçues en Allemagne, le sont assez mal en France. A la récente découverte de l'aviation, nos grands chefs militaires firent un très médiocre accueil, alors que les Allemands en comprirent immédiatement l'importance.
On sait aussi ce que nous ont coûté les préjugés de nos chefs militaires contre l'artillerie lourde, qu'ils refusèrent pendant longtemps de créer.
En France, malheureusement, la plupart des opinions sont fondées sur le prestige de ceux qui les énoncent. Alors que le transformisme était admis par presque tous les savants de l'univers, il avait contre lui, chez nous, la majorité des membres des Académies et des Universités. C'est un état mental très nuisible dont la guerre nous a montré le danger, et qui exigerait pour être n;^odifié une éducation entièrement nouvelle.
Il ne faudrait pas trop s'illusionner d'ailleurs sur l'absence d'individualisme des Allemands. Individualistes ils ne le sont pas souvent mais quelquefois cependant et en tout cas reconnaissent les avantages de l'individualisme. On en pourra juger par
le passage suivant d'un grand journal allemand :
Il est possible que pour suffire aux énormes charges financières, on soit forcé de recourir à certains monopoles. Mais le champ doit en être strictement limité, car les monopoles et le socialisme d'État dont ils relèvent sont excessivement dangereux pour la vie économique d'une nation. C'est l'initiative individuelle qui reste la source de tout progrès. Si l'industrie allemande a réussi à s'adapter si rapidement à la guerre, elle le doit à son caractère individualiste qui avait déjà fait sa grandeur en temps de paix. Après la guerre, l'Allemagne devra, dans des conditions plus difficiles, reconquérir sa place sur le marché mondial et lutter contre la coalition économique de ses ennemis; l'individualisme seul pourra apporter l'esprit d'audace, d'énergie, de création nécessaire pour cette lutte. La longue durée de la guerre tend à faire oublier que le socialisme d'Etat auquel on a eu recours en maints domaines n'est bon que pour une situation exceptionnelle; dès que nous serons de nouveau en libres relations avec l'univers, la plus grande pai'tie de l'organisation actuelle ne répondra plus aux besoins. (Rhein-Westf. Zeitung, 15-9-16.)
§ 2. — Vicos et défauts manifestés par les Allemands
pendant la guerre.
Les Allemands ont, naturellement, montré au cours de la lutte européenne leurs défauts habituels, mais ils ont, en outre, révélé d'autres vices, comme la méchanceté et la férocité, que le monde ne leur connaissait pas.
Leurs prévisions ne furent pas toujours très sûres et les réflexions que Thucydide formulait il y a plus de deux mille ans pourraient leur être appliquées :
Pleins d'une présomptueuse confiance dans l'avenir, tout gonflés d'espérances supérieures à leur puissance, mais inférieuï'es encore à leurs désirs, ils ont pris les armes et préféré la force à la justice.
Su.' les divers défauts germaniques manifestés pendant la guerre, inutile d'insister maintenant. Il suffira
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de rappeler l'habitude invétérée du mensonge dans toutes les classes de la société. Les dépêches allemandes et les discours du chancelier en ont fourni' des preuves édifiantes. Pas d'exemple, d'ailleurs, depuis Frédéric II, qu'une fourberie ait jamais fait reculer un diplomate ou un souverain allemand. La diplomatie prussienne a toujours été caractérisée par un manque complet de sincérité. Avant la guerre japonaise elle poussait la Russie contre le Japon, tout en exhortant ce dernier à conclure avec la Grande-Bretagne une alliance contre le Tsar. Pendant la guerre du Transvaal, l'Empereur envoyait des félicitations aux Boërs révoltés contre l'Angleterre et excitait en même temps l'Angleterre contre eux. Dès que la puissance russe fut annulée par la défaite de Moukden, la diplomatie allemande dépêcha Guil laume II à Tanger pour y empêcher l'action française. On ne doit pas, évidemment, demander de la sincérité ni même beaucoup d'honnêteté aux diplo mates d'aucun pays mais, de tout temps, les diplomates prussiens dépassèrent les autres par la persistance de leur hypocrisie. Elle est d'autant plus fâcheuse pour eux qu'ils l'accompagnent généralement de lourdes maladresses.
Quant à la férocité déployée par les Allemands pendant cette campagne, elle résulte de leurs dispositions naturelles, et de haines de race très antérieures au conflit. Les Allemands vivant en France et en Angleterre les refrénaient naturellement, mais ils négligeaient de les dissimuler dans d'autres pays.
Leurs journaux d'avant la guerre ne nous épargnaient pas, d'ailleurs, les injures. Paris était la
« Sodome moderne, l abcès de l'Europe, la maison de Satan ». On en parlait, dans la société allemande, avec des airs de pudeur effarouchée, très amusants depuis que le fameux procès Eulenbourg avait révélé les mœurs honteuses des intimes de l'Empereur.
Nous étions loin de l'époque où la France avait entièrement subjugué les grands hommes de l'Allemagne, et où Kotzebue remarquait que, dans un dîner d'une heure, il entendait « plus d'observations fines, de critiques spirituelles et délicates, qu'on n'en peut lire pendant toute une année dans une gazette d'Allemagne ».
En réalité, la haine des Allemands pour la France était surtout une création de la jalousie prussienne, propagée par contagion mentale, à toutes les couches de la population germanique.
L'intensité de cette haine peut seule expliquer les explosions de fureur du peuple, des écrivains et des savants au début de la guerre. J'ai déjà cité, dans mon précédent volume, un passage de l'illustre psychologue Wundt, déclarant que cette guerre « est l'attaque infâme de brigands, dont les moyens sont l'assassinat, la piraterie et la flibusterie ».
Le non moins illustre professeur Lénard déclarait à propos de l'Angleterre, qu' « on ne p^ut avoir de vraie paix avec un voleur de grands chemins tant qu'il n'aura pas péri ou qu'on ne l'aura pas détruit ».
Si des savants renommés sont descendus à de semblables termes, on conçoit ce qu'a pu être le langage des simples journaux. Les massacres de femmes et d'enfants par les torpillages, les faisaient frémir de joie. Ge fut une manifestation nouvelle de ces
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haines entre races, contre lesquelles ni la civilisation ni la fusion apparente opérée par les relations internationales ne peuvent rien, mais qu'il importe d'avoir toujours présentes à l'esprit pour éclairer l'avenir.
Avec de pareilles excitations les soldats allemands pouvaient donner libre j«u à leurs instincts naturels de férocité. J'ai cite dans mon dernier livre, quelques-unes des atrocités les plus connues.
La principale conséquence de ces violences fut de rendre les Allemands profondément antipathiques à la plupart des peuples.
L'indignation universelle provoquée par les massacres de femmes et d'enfants, les incendies des monuments, la destruction d'œuvres d'art fut même si vive que les Germains finirent par essayer de nier ou de justifier leurs actes.
Les soldats ne furent pas seuls à manifester au cours de la guerre, cette sombre férocité. Traduite dans des actes sauvages, elle se développa aussi dans les discours. On sait quel délire d'enthousiasme provoqua en Allemagne le naufrage du Lusitania. On en peut juger par le passage suivant des ffamburger-Nachrichten du 4 février 1916 :
Tout le peuple allemand sentit passer sur lui une joie solennelle que ne troublait guère la compassion des âmes faibles pour la mort des passagers que l'infamie anglaise et le mépris frivole des lois des États-Unis avaient attirés à bord de ce dangereux navire.
Le bombardement par les zeppelins de villes ouvertes, telles que Paris et Londres, ne fut pas accueilli avec moins de satisfaction. La Kolnische Zeitung du 31 janvier 1916, applaudissait ces expéditions
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aériennes « entreprises pour châtier les deux nids de brigands mondiaux sur la Tamise et sur la Seine ». Voici comment s'exprimait le grand journal viennois La Nouvelle Presse de Vienne à propos de torpillages divers dans l'Adriatique :
Les poissons, les langoustes et les polypes de l'Adriatique n'avaient pas fait depuis longtemps une meilleure chère. Au sud, ils ont pour repas presque tout l'équipage du Léon-Gambetta, ceux de l'Adriatique centrale trouvent leur aliment dans les Italiens de la Turbine^ et, dans l'Adriatique du Nord, les habitants de la mer ont une table toujours plus abondamment fournie; au sous-marin Medua et aux deux torpilleurs se joint maintenant le croiseur Amalfi.
La collection qui ne comprenait jusqu'ici que des petits exemplaires maritimes, s'est de la sorte enrichie et l'Adriatique doit €tre plus amère que jamais avec son fond qui se couvre des corps éventrés des navires italiens et ses flots bleus effleurés par l'haleine empoisonnée de ceux qui sont tombés pour délivrer le Carso.
Une seule publication allemande, le Vorwaërts, journal socialiste, osa protester. Il le fît de la façon suivante :
Qu'il y ait au monde des monstres qui restent froids devant des montagnes de morts, nous voulons le croire; mais qu'un journal mette ses colonnes à la disposition d'un cynisme de cette espèce, c'est un de ces phénomènes que nous ne pouvons flétrir comme il le mérite.
Le clergé ne se montra pas mcins féroce en ses discours que les intellectuels allemands. Il ne cessa d'exciter dans les églises la haine de la population contre l'ennemi. Prêtres et pasteurs ne se lassèrent pas de prêcher les massacres, l'incendie sans pitié « des fils de Satan ». Tous rêvaient de l'extermination biblique des peuples dégénérés par le peuple élu.
1 Nous faisons la guerre, disait l'un d'eux, comme une sainte oroisade contre tout ce qui est profane et grossier dans ce ^
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monde. Le mot d'ordre est maintenant de frapper dans le tas avec Dieu, à poings fermés et avec le tranchant de l'épée*.
J'ai déjà montré dans mon précédent ouvrage l'influence exercée sur Tâme allemande par ses philosophes, ses historiens et ses professeurs. On ne saurait trop insister sur cette observation. J'ai été heureux de voir M. Aegerter la formuler en termes si justes qu'il me semble utile de les reproduire :
Ce sont les théoriciens du Beau et les logiciens de l'Impératif catégorique qui ont rendu possible l'état d'esprit des destructeurs de cathédrales et des violateurs de traités. Il n'y a pas deux Allemagnes, le pays sentimental d'où le clair de lune romantique épandait sur le globe des transparences moirées de chimères, et un État métallurgiste, férocement pratique, tout fumant de cheminées d'usines. Il y a une Allemagne qui est celle de Goethe, de Hegel, de Bismarck, de Krùpp, des armateurs de Hambourg. Il y a une Allemagne qui s'est développée dans le sens de son germe.
Ces soldats qui se terrent dans les ouvrages de Champagne ou marchent en formations serrées vers les cités en flammes réalisent la pensée des philosophes. Il y faudra songer après la victoire. Si l'Allemagne doit reprendre sa place parmi les nations avec son génie personnel, il -conviendra de se souvenir que ce génie est celui de la domination brutale et de la force implacable. Tel il fut formé par ses penseurs, princes comme Frédéric II, professeurs comme Hegel. Tel il demeura au. lendemain d'Iéna, tel il demeurera au lendemain d'une plus lourde défaite. Il ne faut pas seulement briser une résistance, il faut anéantir une doctrine.
4. La Gazette de Francfort ayant contesté l'exaclilude des sermons reproduits dans les journaux, \me revue, le Christianisme au XX" siècle, du 10 février 1916, cita quelques fragments des sermons de guerre empruntée à l'opuscule de M. Kochler, pasteur à Berlin. Le style en est exactement le même que celui des sermons dont la réalité avait été discutée. Le Lokal Anzeiijer a jusiement fait remarquer que « l'idée d'iriiensifiei' la guerre sous-marine a gay,iié du lorrain, surtout grâce à l'influeDi-^ d'une notable fraction du centré ca.tliolique. »
§ 3. — L'abaissement de la moralité publique en Allemagne.
Vanter sans cesse les vertus qu'on ne possède pas, c'est réussir parfois à faire croire qu'on les possède^ Ainsi avait agi l'Allemagne et il fallut quelques procès scandaleux comme celui d'Eulenburg pour révéler les mœurs de la cour de Guillaume II. Les habitudes sadiques de tant d'officiers allemands pendant la guerre ont contribué également à montrer que l'âme de ce peuple n'était pas très haute.
Les seules appréciations utiles dont un Français puisse étayer son jugement sur la moralité germanique sont celles empruntées à des publications allemandes.
Elles accusent un fléchissement notable de la moralité en Allemagne. La criminalité juvénile, entre autres symptômes, prend une grande extension.
Au Landtag de Prusse on a discuté, le 23 février 1916, la question de la diminution des naissances; en 1876, il y avait 42 nouveau-nés pour 1.000 habitants; en 1913, 27; aucune nation n'a connu une décroissance aussi rapide. En revanche, le gouvernement estime le chiffre annuel des avortements à 500.000; la propagande néo-malthusienne, le colportage d'objets propres à empêcher la conception, s'exercent dans les plus petits villages et dans les campagnes; le scandale est éclatant. Les causes morales ont plus d'action que les causes économiques : on veut bien vivre; les enfants sont une charge, les femmes n'en veulent plus; il faudrait une régénération morale de la nation. Et l'on ne peut pas attendre que les choses aillent mieux après la guerre; au contraire, la diminution continuera; la vie sera trop chère; l'Allemagne aura perdu trop d'hommes.
Un judicieux observateur, Jules Huret, avait noté, il y a déjà longtemps, que l'Allemagne jouissait du maximum de civilisation matérielle avec un minimum de civilisation morale.
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En ce qui concerne l'armée, la discipline y est trop rigoureuse pour que la moralité militaire ait pu fléchir. Cependant on a trouvé sur des prisonniers faits à Verdun des lettres indiquant un certain découragement. Voici quelques extraits de celles que publia M. Madelin dans la Revue des Deux Mondes :
C'est épouvantable : les hommes sont entraînés par forcé à la boucherie; naturellement, ce ne sont que les pauvres, car les riches ne vont pas si loin à l'avant. Au commencement de la guerre, on lisait dans les journaux que tel ou tel riche avait été tué, mais maintenant il n'y a plus que les pauvres qui tombent au champ d'honneur. Merci pour l'honneur ! Vous vous faites tuer là-bas, et nous à l'intérieur, nous mourons de soucis et de chagrins.
Un autre écrit :
...De ceux qui ont causé la guerre, aucun ne meurt.
On voit partir avec tristesse, parfois avec désespoir, les jeunes hornmes comme les vieux. On devrait refuser de marcher, et cela serait la fln. Les grands n'ont qu'à se débrouiller tout seuls. Après tout, cela nous est bien égal d'être Français, Anglais ou Russes. Ici, c'est une vraie misère. Si ça continue quelque temps, il y aura ici un sérieux grabuge.
Je ne tirerai aucune conclusion générale de ces lettres. Tout au plus laissent-elles pressentir qu'un jour viendra où lo peuple allemand comprendra qu'il a été conduit à l'abattoir pour le triomphe d'une chimère. Ce jour-là seulement, et sans doute est-il lointain encore, l'Allemagne cessera d'être un menaçant fléau pour le reste de l'univers. Vaincre la force militaire des Germains ne représente qu'une partie de la tâche à accomplir. Ce spot, je n'ai cessé de le répéter, les illusions animant leur âme qu'il faudrait détruire.