LES DISSENTIMENTS INTÉRIEURS DE L* ALLEMAGNE
Allemagne. Rien n'y serait changé. A peine les entreprises collectives, déjà si nombreuses, se trouveraientelles un peu plus répandues. Si les salaires des ouvriers étaient accrus, ils le seraient bien légèrement. Relever les salaires constituerait en effet une augmentation des prix de revient et, par conséquent, rendrait plus difficile le commerce extérieur de l'Allemagne.
Il ne faut pas oublier, je l'ai déjà rappelé, qu'une étroite analogie existe entre notre socialisme collectiviste et l'étatisme allemand.
Nous avons marqué les traits principaux de cet étatisme, et constaté qu'étant parfaitement adapté à la mentalité du peuple allemand il avait fait sa force. Créateur d'égalité mentale, il abaissera nécessairement un jour tous les citoyens au même niveau de médiocrité. C'est un régime excellent, peut-être, pour une nation militaire, mais que l'Angleterre et l'Amérique n'accepteront jamais, car il nécessiterait un retour à des périodes inférieures de civilisation.
Nombreux furent, dans l'histoire, les gouvernements prétendant penser pour leurs peuples. Ils n'y réussirent qu'en annihilant la pensée et rendant les hommes incapables de se conduire. Un ministre anglais, M. Herbert Samuel, l'a très bien montré dans les lignes suivantes :
Je ne dis pas que les gouvernements soient toujours funestes pour les peuples, mais malheur à la nation qui permet au gouvernement de lui régler de jour en jour, de la jeunesse à la vieillesse, ses idées et son développement intellectuel.
C'est la gloire de la France et de l'Angleterre que de laisser ouverte la carrière, non seulement aux talents, mais aussi aux idées. Quant aux Allemands, puisque nous n'avons pas pu les persuader de la moralité et de la valeur des idées libérales et pacifiques des nations de l'Ouest, il faut bien les battra et c'est là ce que nous sommes en train de faire.