‹ Premières consequences de la guerreChapitre 77 sur 100 · LES WBREUR8 SUB LES PROFITS DBS GUERRES · texte numérisé non relu

LES WBREUR8 SUB LES PROFITS DBS GUERRES

l'interdépendance industrielle, agricole et financière des nations, que nous étudierons bientôt, elles constituaient jadis un procédé- d'enrichissement très- réel. Les Romains, les musulmans et beaucoup de peuples fondèrent leur puissance et leur fortune sur des conquêtes.

Mais l'interdépendance croissante des peuples a rendu, de nos jours, leurs intérêts étroitement associés. Aucun d'eux ne pourrait plus s'entourer d'une muraille de Chine sans être bientôt condamné à mourir de faim.

Les nations modernes sont comparables à des commerçants échangeant leurs produits et ne pouvant ruiner leurs clients sans se ruiner eux-mêmes.

L'impossibilité où se trouve un pays, non seulement de s'enrichir désormais par une guerre de conquête, mais simplement d'éviter une ruine partielle, a été mise en évidence, depuis bien des années, par des économistes qui n'étaient ni humanitaires m pacifistes. Je citerai surtout parmi eux M. Angell, auteur d'un livre dont le succès fut mérité et auquel j'emprunterai plusieurs exena^les.

Pour rendre plus frappante une de ses démonstrations, l'auteur examine l'hypothèse d'une guerre où les Allemands, ayant détruit la flotte anglaise et envahi l'Angleterre, imposeraient au pays des contributions énormes, puis l'hypothèse contraire de la destruction de Hambourg et de la flotte allemande par les Anglais. Il montre alors que le résultat de l'une ou l'autre de ces opérations serait simplement la ruine, non pas seulement du pays conquis, mais aussi de la nation conquérante, par suite de la destruction fatale de son commerce. Allant plus loin, il suppose

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les Anglais réduits en esclavage par les Allemands, qui accapareraient la majeure partie de leurs revenus* Ici encore, plus de commerce, puisque dépouillée d'une grande portion de ses revenus la population asservie ne pourrait rien acheter. Si le général victorieux se bornait à piller les banques anglaises, il s'apercevrait vite que toutes les valeurs internationales, dont les Allemands possèdent un grand nombre, cessant de produire des intérêts ne trouveraient plus d'acheteurs. Une foule de banques allemandes, en relations avec les banques d'Angleterre, rendues incapables de faire face à leurs engagements, seraient ruinées. Les pertes dépasseraient finalement de beaucoup la petite quantité d'or monnayé dont on aurait pu s'emparer. « Le peuple vainqueur ne peut tirer du territoire conquis que des avantages inférieurs à ceux qu'il pouvait en tirer par le commerce avant la conquête », conclut l'auleur.

Mais supposons que le conquérant se borne à réclamer une énorme indemnité de guerre au vaincu, comme il arriva en 1871. Ce dernier exemple peut être précisément invoqué pour montrer l'indemnité écrasant aussi lourdement le vainqueur que le vaincu. Celle que je viens de citer fut, en effet, l'origine de charges militaires fort lourdes pour l'Allemagne, hantée par la crainte d'une revanche. Les cinq milliards y passèrent avec beaucoup d'autre».

Un très frappant exemple de conquête ruineuse pour le conquérant est celui du Transvaal. Après y avoir dépensé plus de six milliards la Grande- Bretagne dut reconnaître plus profitable pour elle de restituer le pays aux Boers vaincus. Si les vainqueurs avaient fait cette découverte avant la guerre,

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