LES ILLUSIONS SI K LA H8YCH0L00IE UE» PKUPLB
senlinient? Comment substituer un élément airectil ;i un autre? Quels sont les moyens d'agir sur la volonté inconsciente des individus et des peuples' (Comment manier les éléments fondamentaux de la persuasion : le prestige, l'affirmation, la répétition, la sugi,'eslion mentale et la contagion?
J'ai trop de fois traité ces questions dans mes 'i.'rniers livres pour qu'il soit utile d'y revenir t'iirore. Je rappellerai seulement que l'art de persuader doit, suivant les cas, s'adresser aux intluences alVectives, mystiques et collectives qui mènent les hommes et très peu à leur intelligence. La raison, sans doute, arrive à convaincre quelquefois, mais clk' ne fait pas agir. C'est pourquoi les grands meneurs d'hommes y eurent si rarement recours.
.le rappellerai encore, en passant, le rôle capital de la contagion mentale dans la vi'c des individus et des pi'uples. Génératrice des opinions, du courage, de l'héroïsme et aussi de la peur, elle constitue un des jilus puissants facteurs de l'existence sociale.
Les erreurs dans le maniement des forces psychologi(jues sont le jtlus souvent, en politique, des erreurs sans remède.
Celles des hommes d'État de l'Entente sur la mentalilé des peuples balkaniques ont engendré toutes les lourdes fautes commises en Orient. Un journal de (jenèvo en cilail ainsi ipielques-unes :
L;i Oii;iJ>"|''f Kiilfiitf ii;i pas été habile ni luureuse Jaiis les ftalkiins. La Uussie, i-ii dt-clarant ses visées sur Coiistuiitiiiople. a lifcouragé les sviupalliies de la Roumanie et do la Gréie ei l'acililé l'aclion de l'Alleiiiagne en Bulgarie : car ce n'esl un uiys- Irn- pour personne que tous les Balkaniques préfèrent voir C.onst.-intinople ei li-s détroits rester dans les mains de la faible Turquie : ils Ki^rdml aiuiii resc)oir de lui succéder un <>ur.
Toute la situation dans les Balkans rîail au début favorable aux Alliés : elle s'est retournée presque entièrement contre eux. Tant d'erreurs sont encore réparables, mais l'effort pour les réparer coûtera de plus grands saonficcs.
Ce qui a manqué le plus aux diplomates' avant et pendant la guerre, c'est la connaissance de la psychologie réelle des divers peuples et, par conséquent, l'appréciation des vrais mobiles capables d'agir sur chacun d'eux.
L'âme profonde d'un peuple se lit, je le répète, très bien dans ses actes, très mal dans ses discours, plus mal encore dans les propos de ses diplomates. La guerre en a fourni beaucoup de preuves. Peu de personnes soupçonnaient la v»'ritable mentalité (les Allemands et ces derniers ne connaissaient pas davantage celle de l'Angleterre et la nôtre.
Si la plupart des hommes d'Etat ont montré, au cours du conflit européen, une si totale incompréhension de l'âme des peuples, notamment de celle des Balkaniques, c'est qu'au lieu de rechercher comment ces peuples s'étaient conduits dans des circonstances analogues, ils fondaient leurs jugements sur la conduite habituelle de chacun d'eux dans les circonstances de la vie courante. Or, nous avons vu que les grands événements provoquent la naissance de personnalités nouvelles, dues surtout à des reviviscences ancestrales.
L'âme de la race surgit alors avec tous ses instincts et domine l'âme formée par les nécessités de chaque jour. Si donc vous voulez pressentir les réactions mentales d'un peuple, étudiez d'abord l'influence de son âme ancestrale dans les graves circonstances de son histoire. Ces puissances ataviques, n'appa-