‹ Premières conséquences de la Guerre, transformation mentale des peuplesChapitre 26 sur 78 · LE GOLVERNEMENT DE LA FRANCK O · texte numérisé non relu

LE GOLVERNEMENT DE LA FRANCK O

Irès hépitanls cl incapables de promlre aucune iii«'sure. Dès les premières défaites, se sentant complètement au-dessous de leur tache, ils demandèrent eux-mêmes à être remplacés.

La tàcho du nouveau ministère était peu facile. I.o rôle le plus lourd incomba au ministre de la Guerre. Dès son entrée en fonction, il fut bien obligé dp reconnaître que rien n'avait été préparé pour la défense. Voici comment il s'exprima sur ce sujet :

Il n'y avait pas {rois soinaines que j'olais au ministère de la • iuerre que surgissait dovanl moi, avec une intonsilo aiguë, la nécessil''> immt'ilidto, impérieuse, de mobiliser loiUe Tinduslrir et d'employer tout ce que nous pouvions avoir d'industriels disponibles, quelles qu'eussent été jusque-l;i leurs occupations, i-n les invitant à se joindre aux établissements de l'Etat pour fabriquer h force, des miinitinns d'abord, du matériel ensuite.

Kien, en réalité, ou bien peu de chose n'avait été firévu par notre état-major. Ce furent les elTorts de l'industrie privée qui sauvèrent la Franco.

Son OMivro fut très compliquée, car 80 "/, du territoire fournissant le for ot le charbt»n se trouvait occupe par l'ennemi.

PouiJant cette [)remière pi-riode do la guerre, lo uouvernement devint à peu près absolu. Le conseil des ministres se bornait à ratifier les mesures [irises par chacun d'eux. Il forma vite un pouvoir complètement autocratique tlégapé de tout rontrôle et rappelant le fameux Conseil des Dix H Venise.

Je crois même (|uc co fut riiMi(|Uf exemple dans l'histoire d'un régime parlementaire remplacé instantanément, sans révolution, |)ar un régime autocratique absolu.

Chaque ministre était sduvoraiii dans son dépar-

tement. Il imposait à coups de décrets, et sans même consulter le Conseil d'État, toute une législalion commerciale, industrielle, civile, financière, administrative. Les mesures prises étaient tellement hâtives, qu'il fallait les remanier sans cesse quand leurs inconvénients devenaient trop visibles.

Le pouvoir nouveau ne subissait aucune contestation, puisque les Chambres ne siégeaient pas et qu'une censure rigoureuse empêchait les journaux de publier les réclamations qui pouvaient déplaire. Par ce fait seul, le gouvernement prit des allures de plus en plus despotiques et s'attribua tous les droits, entre autres celui de réquisitionner ce dont il croyait avoir besoin : marchandises, automobiles, châteaux, hôtels, magasins, etc., sans autres limites que sa Tolonté.

Alors, apparurent bientôt les inconvénients de l'autocratie que je signalais plus haut. Les pouvoirs absolus des ministres furent nécessairement délégués à d'innombrables petits autocrates devenus vite odieux. C'étaient des employés subalternes qui, n'ayant jamais connu dans la vie civile que l'omnibus et l'hôtel borgne, mettaient une persistante obstination à réquisitionner, sous les plus futiles prétextes, des automobiles luxueuses et des demeures somptueuses destinées, en réalité, à leur seul usage. Ils se conduisaient à l'égard des citoyens comme des satrapes asiatiques et en avaient les insolentes allures.

§ 3. — Conséquences finales de l'abus de l'autocratie. Les désordres et le gaspillage.

Les abus de l'autocratie ministérielle devinrent

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