‹ Premières conséquences de la Guerre, transformation mentale des peuplesChapitre 38 sur 78 · I.V PERSISTANCE I»KS ll,t.LSIO;«S ALLEMANDES ir>l · texte numérisé non relu

I.V PERSISTANCE I»KS ll,t.LSIO;«S ALLEMANDES ir>l

«l'Autriche à sr. inoiilror un |»»!ii (xmciliant pour I.» Serbie et il ajoute :

l'ourqiioi ce moyeu 8iiii|)l<> el infaillible no fut-il pas em- |il(iyo? D'aprt's nnMi opinion, on ne l'a pas fait parce que Ir» L'oiivernomenl allemand, d'accord ave li^ ^oiivcriHMncnt autriihicn, voulait In ffiicm'. Kn arrivpraije donc à formuler un anvl do condamnalioii à l'adresse du gouvernement allemand '.* Pus lo moins du monde. Il devait vouloir la guerre. Ne pas la vouloir eût été un crime. La grande guerre contre les trois puissances était inévitable. Depuis longtemps, on pouvait la piëvoir. Dans cet <^tat do choses, la prudence exigeait decboisir l'heure favorable et de ne point en abandonner le choix à des adversaires trop puissants. Le calcul pour l'Allemagne était exlraoïdinairement simple : l'Iu-ure présente nous ost plus favorable pour une guerre, lerriblo mais tout à fait inévitable, "|u'elle le sera l'annt^e prochaine rm l'année d'ensuite. Dans deux ans, la Russie aura presi|iio achevé la construction de ses voies slral('gi(jiies et aura considérablement amélioré ses armements La France aura sous les armes ses soldais bien exercés, dans leur Iroisiènu; annéi' de service. Ihi souverain tr^s âgé, qui tient ensemble les peuples de l'.Vutriche, toujours à la veille lie se séparer, aura pciit-f'tre, dans deux ans, fermé les yeux

• l le seul allié sur lequel on puisse vraiment compter sera plus faible qu'aujourd'hui. Nous avons une bonne récolle et notre préparation financière est également bonne. D mc cette

• ntreprise hasardeuse et terrible est à pré.sent un devoir. Le riuirs des événements avait amené une occasion très importante de déchaîner la catasirophe. Je parle du meurtre de l'hérili<r du trône autrichien.

L'.Mlemugne assuma courageusement la responsabilité de déclarer la guerre D'après la forme, c'était une guerre ofTensive; d'après les faits, une guerre défensive. Car dans ce cas, l'ofTensiv<; était la meilleure défensive, (l'était une guerre en vue de la défensive; en effet, celui ipii veut vaincre un adversaire puissant doit prévenir son coup, au moment où il s'y attend le moins. Tout cela est dans l'ordre, conforme aux règles de la sauesse et de la morale. l.'.Mlemagno a agi comme elle devait auir pour se sauver clIe-mVine, dans la situation politii|ue créée en grande partie par la France.

Kii adoptant les principes cl les raisonnements de M. Itoiliger. qui correspondent bien à ceu.x de ses coiDp.-itriolos, on serait toujours en droit d'altaijuer

un peuple simplement parce qu'on suspecterait ses intentions.

L'auteur oublie d'ailleurs dans son argumentation que depuis de nombreuses années, journalistes, prolesseurs, écrivains ne cessaient de pousser à la guerre.

Ces polémiques, aussi bien que tous les faits observés depuis le début des hostilités, prouvent combien la mentalité germanique est distincte de celle des autres peuples. Les mots célèbres : « nécessité n'a pas de loi », « un traité n'est qu'un chifTon de papier », des actes comme la destruction de Louvain, le bombardement de la cathédrale de Reims, les massacres de femmes et d'enfants, l'exécution de miss Cawell, etc., prouvent que les Allemands ne sentent pas comme les autres nations.

Un peuple étant incapable de changer l'agrégat de sentiments constituant son caractère, nous ne pouvons pas supposer que les Allemands se transformeront. Il faut donc les accepter tels qu'ils sont, mais tâcher, en vue de notre future attitude à leur égard, de les bien connaître.

Le conflit européen aura montré une fois de plus à quel point les institutions, la religion, l'éducation sont impuissantes à modifier les sentiments héréditaires.

Toutes les classes de l'Allemagne ont manifesté les mêmes sentiments pendant la guerre et ce sont justement les professeurs d'universités et les membres du clergé qui se révélèrent les plus durs, les plus féroces et les plus incompréhensifs dans leurs écrits. La guerre aura ôté bien des illusions sur l'action civilisatrice des religions et de l'éducation.

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