J'AI PENSÉ À TOI
" Ali ! père, te voilà !
J'aî pensé bien à toi.
— Vraiment ?
— Ouï, bien vrai, père.
— Et qu'as-tu (Jonc pensé, ma petite commère ?
PBEMIÈBES LEGTUBES. 65
— Ali ! j'ai pensé comme cela Que tu m'apporterais une belle poupée.
— Eh bien ! tu ne t'es pas trompée, Je t'en apporte une avec moi.
Mais ce n'est pas à moi que tu pensais, ma mie,
C'était à toi ; Car il faut en pensant aux autres qu'on s'oublie !"
UABEILLE, L'OISEAU, L'ECUREUIL
L^ Enfant, Où vas-tu, petite abeille?
Tu voles, tu cours, en bourdonnant, sur les fleurs ; tu t'amuses à voltiger dans les champs, dans la prairie.
L'' Abeille, Je ne m'amuse pas, je travaille.
Je cueille le miel des fleurs ; puis je porte ce miel à ma ruche en provision pour l'hiver.
Je vais chercher la cire pour bâtir ma maison ; et je ramasse la poussière du calice des fleurs, pour en nourrir, dans leur berceau, mes jeunes abeilles qui viennent d'éclore.
L'' Enfant, Où vas-tu, petit oiseau?
Tu voles partout en chantant ; tu cours à Tombre des buissons ou dans les bois épais ; tu t'amuses : la vie pour toi est un plaisir.
L'Oiseau, Je ne m'amuse pas, je travaille.
Je vais chercher la laine du mouton, accrochée aux
PBEMIME8 LBGTTJBBS,
épines de la haie, pour bâtir un nid à ma couvée ; je vais chercher les brins d'herbe molle pour que mes petits reposent doucement ; je vais chercher poui les nourrir les vermisseaux et les petites graines.
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L ''Enfant, Ou vas-tu, petit écureuil ?
Tu sautes gaiement de branche en branche ; tu te suspends aux rameaux des grands arbres, étalant le panache de ta queue. Certes tu joues et tu t'amuses.
L^JEcureuïl, Je ne m'amuse pas, je travaille.
Je vais chercher d ms la forêt les faîi'Cs des granda
PBEMIEBES LECrUBES. m
hêtres ; je vais chercher les noisettes dans les taillis, et les noix sur les hauts noyers ; puis je les porte à ma maison, dans le creux d'un vieux chêne, afin de me nourrir Thiver, quand il n'y aura plus de feuilles aux arbres, ni de fruits sur la terre.