L'ANE SANS OREILLES
Un Ane, je ne sais comment,
Qui se fit volontairement
Couper ses deux longues oreilles, Est, depuis ce moment, un être tout nouveau ; H s'aime, il se pavane, et se trouve si beau.
Qu'il se mh^e çn chaque ruisseau ; Bref, notre Aue m croit une des sept merveilles.
m PBEMl'ÈBES LECTURES.
Eli bien ! dit-il à son Médor,
J'ai quitté ma sotte coiffure ; Me voilà comme toi : peut-on me dire encor Qu'une difformité dépare ma figure ?
Toi même, là, sois franc; ne suis-je donc pas bien
— Ami, répond le chien.
Tu n'as plus qu'un défaut. — Et lequel ? — C'est de braire. Des grâces de ton corps ton chant détruit l'effet : Et si tu peux te résoudre à te taire,
Ta seras un âne parfait.