‹ Premières méditations poétiquesChapitre 82 sur 109 · LE GOLFE DE BAIA · texte numérisé non relu

LE GOLFE DE BAIA

Tout ce qui fut gi'and dans le monde, Tu ne retentis plus de gloire ni d'amour. Pas une voix qui me réponde, Que le bruit plaintif de cette onde, Ou l'écho réveillé des débris d'alentour!

Ainsi tout change, ainsi tout passe; Ainsi nous-mêmes nous passons.

Hélas! sans laisser plus de trace Que cette barque où nous glissons Sur cette mer oii tout s'efface.

COMMENTAIRE

Ainsi que le dit la note au bas de la page 122, ces vers, qui faisaient partie d'un recueil que je jetai au feu, avaient été écrits à Naples en 1813. J'allais souvent alors passer mes journées, avec le père de Graziella et Graziella elle-même, dans le golfe de Baïa, où. le pêcheur jetait ses filets, (voir les Confidences, épisode de Graziella). J'écrivais la côte, les monuments, les impressions de la rive et des flots, en vers, pendant que mon ami Aymon de Virieu les notait au crayon et au pinceau sur ses albums. Il avait, par hasard, conservé une copie de cette élégie, et il me la remit au moment où je faisais imprimer les Méditations. Je la recueiUis comme un coquillage des bords de la mer qu'on retrouve dans une valise de voyage oubliée depuis longtemps, et je l'enfUai, avec ses soeurs plus graves, dans ce chapelet de mes poésies.

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